11 vaccins obligatoires pour les enfants de moins de 2 ans dès 2018

Le gouvernement, hier, par la voie de son premier Ministre, a réaffirmé sa volonté de rendre obligatoire 8 vaccins supplémentaires pour les jeunes enfants. Ce mercredi 5 juillet la Ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a tenu une conférence de presse pour expliquer en détail cette décision et préciser le calendrier de sa mise en place.
« Après le temps de la réflexion, vient celui de la décision. Je vais demander au Parlement que d’ici la fin de l’année les 8 vaccins actuellement recommandés pour les jeunes enfants soient rendus obligatoires ». A savoir : l'haemophilius influenzae B, la coqueluche, l'hépatite B, la rougeole, les oreillons, la rubéole, le méningocoque C et le pneumocoque. Ils viendraient ainsi s’ajouter aux 3 vaccins qui le sont déjà : la dyphtérie, le tétanos et la polio. La ministre tient à rappeler le rôle essentiel de la vaccination « qui est un des progrès majeurs de la médecine ». Elle s’est donc armée de chiffres, qu’il est selon elle important de donner au public pour faire comprendre que le risque lié à un vaccin n’est rien comparé au risque de ne pas en faire. En France la couverture vaccinale concerne 40% des adolescents et 60% des adultes. 78% des enfants sont vaccinés contre la rougeole. L’OMS recommande pourtant une couverture vaccinale de 95% de la population pour assurer la disparition d’une maladie. « C’est une situation intolérable de voir encore des enfants mourir de ces maladies. La vaccination est un impératif de santé publique. (...) Je n’aime pas imposer d’obligation, mais quand c’est nécessaire, les pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités. »
Une évaluation annuelle du nouveau dispositif
Agnès Buzyn a précisé trois points importants de la mesure : l’extension de la vaccination ne sera pas trop conséquente, elle représentera 10 injections en 2 ans pour les jeunes enfants. Le remboursement des nouveaux vaccins sera pris en charge au même titre que les autres vaccins : à 65% par l’assurance maladie et à 35% par les complémentaires santé. Pour ceux qui n’en auraient pas, la vaccination est gratuite dans certains centres de vaccination. Enfin il est prévu de prendre un rendez-vous annuel pour faire un état des lieux de la vaccination en France : la progression de la couverture vaccinale, le changement de la perception du public quant à la vaccination et la publication des données de pharmacovigilance. « Nous évaluerons régulièrement s’il faut rajouter ou retirer des vaccins sur la liste des vaccins obligatoires. Il faut s’adapter à la situation épidémiologique du territoire ».
Le rôle pédagogique des médecins auprès des familles
La ministre a souligné que contrairement à la France, certains pays  appliquent les pénalités prévues en cas de non-vaccination. « On a failli à ce niveau là ». Mais précise qu’avant de pénaliser, il faut surtout faire de la pédagogie auprès des familles. « Les vaccins sont des produits sûrs, c’est un fait scientifique établi. Mais comme tout médicament, ils sont susceptibles d’entraîner des effets indésirables. » Ici le rôle des médecins généralistes est primordial car ils peuvent informer et rassurer les familles sur la vaccination. Un pas en ce sens vient déjà d’être fait : le ministère des Solidarités et de la Santé et Santé Publique France ont lancé vaccination-info-service.fr, le premier site sur la vaccination qui apportent les réponses les plus fréquentes aux questions que se posent les Français.

Pour aller plus loin : obligation vaccinale et modes d'accueil, ce qui change en 2018.
Article rédigé par : A.B.B.
Publié le 05 juillet 2017
Mis à jour le 10 janvier 2018

À la fin, le sens commun s’est imposé. C’est une réalité indiscutable qu’on ne peut pas laisser la santé de nos enfants à la chance. Tous les enfants ont les mêmes droits et c’est inadmissible que les vaccins infantiles dépendent de la situation économique familière. Nous payons déjà beaucoup d’impôts, beaucoup de taxes. Par contre, nous devons faire l’effort supplémentaire de payer aussi les traitements préventifs pour protéger nos enfants de maladies qui, dans d’autres pays de l’Europe, sont gratuites. Est-ce que nous ne sommes pas aussi européens? En outre, l’accès à tous ces médicaments favorise l’amélioration de toute la santé publique, la santé de tous les citoyens de la France. C’est un bien commun, je crois. Par ailleurs, en ce qui concerne les parents qui ne veulent pas vaccines leurs enfants, cette décision d’augmenter ces traitements médicaux, fera que la protection de ceux-ci devienne, indirectement, plus élevée. J’espère que ces mesures seront prises effectivement au mois de Janvier et qu’elles ne deviendront pas simplement une promesse électoraliste. Merci à tous