Après l'annonce de Marlène Schiappa : l'Ufnafaam craint un retour en arrière

L’annonce de Marlène Schiappa a ébranlé tout le milieu professionnel de la petite enfance. Après la Fédération Nationales des Educateurs de Jeunes Enfants (FNEJE), c’est l’Union Fédérative Nationale des Associations de Familles d’Accueil et Assistants Maternels (UFNAFAAM) qui tombe des nues face à la proposition de créer une VAE vers les professions de la petite enfance pour les parents. Les explications de Sandra Onyzsko.
« Pour une fois, quelle que soit notre profession en petite enfance, nous sommes tous unanimes : cette annonce nous déconcerte. Par rapport aux enjeux liés à l’enfance, à l’importance de ces temps d’accueil. Mais aussi à ce que cela transmet aux professionnels de la petite enfance. Quelque part, cela veut-il dire qu’il suffit de rien pour le devenir ? Aucune compétence travaillée, seulement des compétences naturelles ?

Pour nous, assistantes maternelles, cette proposition aborde une vieille histoire, celle de notre combat pour la reconnaissance du métier. La profession a été créée en 1977 et ce n’est qu’en 1992 que l’agrément a été mis en place et une formation a été obtenue : pendant ce laps de temps, nous avons œuvré à convaincre les politiques qu’il fallait des connaissances pour accueillir les jeunes enfants. On ne parle pas d’un métier pour mère de famille, mais d’un métier tout court, pour les professionnels. Il faut distinguer les deux choses. Dans notre profession nous voyons beaucoup de mères devenir assistantes maternelles c’est vrai, ne serait-ce que le temps de pouvoir concilier vie de famille avec ses propres enfants et vie professionnelle. Mais rapidement elles s’aperçoivent des limites de cette conciliation : on a besoin d’outils, de connaissances pour accueillir différents enfants et différentes familles et comprendre le développement des petits. Ça s’éloigne d’une simple disponibilité pour les enfants, d’un simple ressenti.

On a donc une l’impression de revenir en arrière, à l’époque où l’on défendait l’idée que pour être assistante maternelle, il ne suffit pas d’aimer les enfants. Ça compte bien sûr, mais ça ne fait pas tout ! Nous ressentons une colère, mais aussi de la souffrance.
Et la grande question en suspens : on a mis 18 mois pour créer le nouveau CAP Accompagnant Educatif petite enfance, pendant lesquels on a développé les compétences et les résultats. Cela va-t-il servir à quelque chose ?
Nous avons envoyé une première réaction à chaud à la Direction Générale de la Cohésion Sociale et nous attendrons d’avoir un entretien avec le cabinet chargé de la famille pour en discuter.
»
Article rédigé par : A.B.B.
Publié le 21 juillet 2017
Mis à jour le 03 novembre 2017