Baisse des budgets pour la protection de l’enfance : le cri d’alarme de la CNAPE

L’Etat a annoncé une baisse de 7% du budget 2019 du Groupement d’intérêt public Enfance en danger (GIPED) - déjà abaissé de la même valeur en 2018. Une décision face à laquelle la Convention Nationale des Associations de Protection de l'Enfant (CNAPE) en appelle à la mobilisation des pouvoirs publics.  

Moins d’écoutants au 119
Le GIPED regroupe deux entités. D’une part le Service National d’Accueil Téléphonique de l’Enfance en Danger (SNATED) - plus connu comme la plateforme téléphonique "Allô Enfance en danger" au numéro 119 - qui reçoit depuis sa création il y a une vingtaine d’années des appels de jour comme de nuit pour signaler des enfants en danger. Soit environ 450 000 appels par an dont une partie faisant l’objet d’alertes auprès des autorités. La baisse de son budget par l’Etat « se double automatiquement de la baisse de la participation des Départements pour le même montant au nom de la parité des participations », précise la CNAPE dans son communiqué. Ce qui revient donc à 400 000€ en moins pour le Groupement d’intérêt public. Concrètement, cela se traduirait par la réduction des effectifs parmi les écoutants du 119.
« N’est-ce pas là une atteinte à la protection de l’enfance et à un moyen précieux d’exprimer l’indicible ? N’est-ce pas une atteinte à la parole de l’enfant ? » déplore la CNAPE.
Pour rappel, selon les chiffres de l’ONPE, deux enfants décèdent chaque semaine suite à des faits de maltraitance.

Baisse des moyens pour les données et la recherche
Le GIPED compte d’autre part l’Observatoire National de la Protection de l'Enfance (ONPE) qui collecte des données, mène des recherches et des études sur le sujet, et a d’ailleurs reçu de nouvelles missions par la loi du 14 mars 2016 relative à la protection de l’enfant. La CNAPE craint que l’observatoire ne soit également affecté par cette baisse des budgets.
« Maintes fois décriée, comment donc la protection de l’enfance peut-elle s’engager concrètement sur des voies d’amélioration sans une visibilité d’ensemble et sans un lieu ressources reconnu comme étant une référence nationale ? » regrette encore la CNAPE.

Très alarmée, la CNAPE en appelle directement à la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn qui doit dévoiler prochainement sa stratégie pour la protection de l’enfance. Et espère que le Gouvernement revienne sur sa décision de procéder à ces coupes budgétaires drastiques. « L’enjeu ne peut être la réduction des dépenses publiques mais celui d’investir pour l’enfance de notre pays », défend-elle. Une formulation qui ne peut que faire écho à la Stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté tout juste présentée par le Président Emmanuel Macron, dont le fer de lance est justement l’investissement social au service du développement de l’enfant et de la réduction des inégalités…


Consulter aussi : notre interview de Céline Quelen, présidente fondatrice de Stop VEO, Enfance sans violences
Article rédigé par : A.B.B.
Publié le 21 septembre 2018
Mis à jour le 21 septembre 2018