Baromètre de l'accueil du jeune enfant 2021 : les pros ont gardé le cap malgré la crise !

La CNAF a publié cette semaine les résultats de son baromètre de l'accueil du jeune enfant 2021*. Ses conclusions : la crise sanitaire n'a finalement pas changé grand-chose aux aspirations des familles et à leur recours au mode d'accueil. En filigrane, une autre enseignement : avec des temps et des conditions d'accueil quasi-similaires à 2019, les professionnels de la petite enfance semblent avoir réussi à maintenir le cap, malgré la tempête du covid. Décryptage.

À l'occasion de la publication de son baromètre de l'accueil du jeune enfant 2021, la CNAF a réalisé une synthèse du recours et de l'organisation parentale en matière de prise en charge des enfants en bas âge. Et malgré la crise sanitaire, la demande d'accueil pour les enfants de 6 mois à un an a finalement très peu évolué tout comme les conditions d'accueil, comme en attestent quelques chiffres.

Et le mode d'accueil numéro 1 pour les tout-petits est...
En 2021, l'accueil individuel a continué à tenir le haut du pavé avec 31 % des parents interrogés ayant recouru à une assistante maternelle (28 % à domicile, 3 % au sein d'une MAM). L'accueil collectif a ensuite concerné près d'une famille sur quatre (24 % dont 5 % en micro-crèche). L'accueil à domicile, quant à lui, arrive en bon dernier du classement (seulement 2% des familles).

En réalité, ces chiffres ne sont là que le reflet de la demande en modes d'accueil formels. Et pour cause : la majorité des enfants de moins de un an a été gardée par les parents (47 %) ou par un membre de la famille (7%). Reste qu'en la matière, la situation professionnelle des parents a eu une incidence majeure sur l'accueil car ce sont avant tout les familles dans lesquelles au moins l'un des deux parents était sans emploi qui ont gardé leur enfant à la maison. A contrario, quand les deux parents travaillaient, le recours au modes d'accueil bénéficiant de subventions au titre de la politique familiale a été quasi-systématique (93 %) avec là encore, une majorité d'enfants accueillis chez une assistante maternelle.

Des temps et horaires d'accueil toujours similaires
Rien de bien neuf sous le soleil en 2021 donc, et ceci malgré la crise sanitaire. Même constat du côté du temps d'accueil. La CNAF le souligne : « les durées de recours aux modes d'accueil formels déclarées n'ont guère varié ». Les enfants ont été accueillis en moyenne 4,1 jours par semaine pendant 35 heures. La moyenne quotidienne : 9 heures d'accueil, avec des journées commençant le matin entre 7h30 et 9h30 et finissant entre 16h et 18h30 pour la grande majorité des tout-petits (78 %). Ces horaires étaient similaires quel que soit le mode d'accueil de l'enfant, si ce n'est que les assistantes maternelles ouvraient leurs portes aux familles en moyenne un peu plus tôt (8h contre 8h15 pour les autres modes d'accueil).

Le vrai changement avec la crise sanitaire : le quotidien de l'accueil
Les professionnels de la petite enfance ont donc réussi à garder le cap et à maintenir un accueil normal (ou presque) pendant la pandémie. Seule évolution de fond pendant ces quelques mois difficiles : le quotidien de l'accueil. Ainsi, les sorties proposées aux enfants ont été moins fréquentes pendant la crise. En la matière, les assistantes maternelles ont toutefois réussi à tirer leur épingle du jeu comme en atteste la CNAF : « la part des familles dont l'enfant effectue une ou plusieurs sorties régulières est 3,6 fois plus importante chez celles ayant recours à une assistante maternelle que chez celles utilisant une crèche », lit-on dans le rapport.

Autre changement induit par la crise : la présence des familles dans les structures. Ainsi, seuls 22 % des parents ont déclaré avoir pu prendre part à des activités dans le cadre du mode d'accueil de leur enfant (contre 30 % en 2019). Même tendance du côté des réunions organisées avec les parents : les familles utilisatrices de crèche en ont moins bénéficié pendant la crise sanitaire (56% en 2021, contre 67 % en 2019). Pour autant, l'essentiel des relations avec les familles a visiblement pu être maintenu : les transmissions sont restées d'actualité (98% des familles ont déclaré avoir conservé la possibilité d'échanger sur le déroulement de la journée) tout comme les horaires d'accueil.

Des parents toujours aussi satisfaits, mais qui préfèrent la crèche
Résultat des courses pour 2021 : les parents ont plébiscité (ou presque) la solution d'accueil déployée pour leur enfant. La quasi-totalité des familles recourant à un mode d'accueil formel (95%) a ainsi déclaré être très satisfaite. Une piste d'explication en la matière : les familles ont globalement obtenu le mode d'accueil souhaité pour leur enfant, surtout quand elles privilégiaient l'accueil par une assistante maternelle (77% des familles ayant demandé une place chez une assistante maternelle l'ont obtenue).

Néanmoins, la crèche est restée le mode d'accueil n°1 sur la liste des parents. Ainsi, en 2021, une famille sur trois désirait obtenir une place en crèche (et 10 % en micro-crèche), contre une sur cinq (20%) qui envisageait l'assistante maternelle en première intention. Dans la même lignée, près d'une famille sur deux a cherché à obtenir une place en accueil collectif (48 %, en augmentation de 5 points par rapport à 2019), contre une famille sur trois qui a entrepris des démarches pour voir son enfant accueilli chez une assistante maternelle (32 %).

* Baromètre réalisé par le cabinet TMO entre le début du mois d'octobre et la mi-novembre 2021 en interrogeant 9003 familles avec enfants âgés de 6 mois à 1 an.
Article rédigé par : V.D
Publié le 26 juillet 2022
Mis à jour le 26 juillet 2022