Hygiène / Soins
NIVEA BABY

La peau de bébé : quelles spécificités ?

Morphologiquement parlant, la peau du nourrisson est peu différente de celle de l’adulte. En revanche, en terme fonctionnel, la peau immature des tout-petits, particulièrement celle des prématurés et des nouveau-nés, est bien plus fragile. Elle nécessite donc des soins adaptés. On fait le point avec le Pr Franck Boralevi, responsable de l’unité de dermatologie pédiatrique du CHU de Bordeaux.
Les caractéristiques de la peau du nourrisson
Si, à première vue, la peau des bébés ressemble à celle des adultes, au niveau fonctionnel, elle s’en distingue fortement :
  • Les différentes couches constituant la peau sont plus fines chez le prématuré que chez le bébé né à terme. Elles ne font donc pas encore office de barrière protectrice efficace.
  • La perméabilité de la peau est exagérée dans les premiers mois de vie. Elle est donc plus sensible aux agressions extérieures. Elle se déshydrate plus vite. Par ailleurs, des produits bien tolérés chez l’adulte ou le grand enfant peuvent se révéler toxiques pour le bébé.
  • La peau du nouveau-né et du nourrisson est un peu moins acide que celle de l’adulte. Le pH de la peau du tout-petit est à peine inférieur à 7 alors qu’il est de 5,5 chez l’adulte. Cela peut influer sur la perméabilité de la peau et la rendre plus sujette aux irritations.
  • Les fonctions sudorales ou de sécrétion du sébum sont également immatures. Les premières ne régulent pas encore de façon optimale la température du corps et les secondes ne produisent pas suffisamment de lipides. C’est pourquoi la peau du nourrisson est souvent sèche.
  • Si on prend en compte le poids et la taille, de façon proportionnelle, la surface corporelle d’un enfant de moins de 2 ans est 3,5 fois plus importante que celle d’un adulte.
  • La production de mélanine est encore très faible. La peau des tout-petits est donc particulièrement vulnérable aux rayons UV.

La protection de la peau des bébés
Ce n’est que vers l’âge de 2-3 ans que la peau va commencer à devenir mature. L’évolution est progressive, il faut donc être vigilant avec la peau des nourrissons et en prendre soin.
  • Il est souhaitable d’utiliser des produits qui ont un pH adapté à la peau des bébés, en dessous de 7. Gare aux savons alcalins ou même neutres, trop agressifs pour l’épiderme fragile des nourrissons.
  • De la même façon, il convient de choisir des produits qui ont fait preuve de leur innocuité et ne pas appliquer n’importe quoi sur leur peau, au risque d’entraîner des allergies de contact ultérieures. Attention aux produits naturels, aux huiles essentielles, potentiellement allergisants. On se méfie également des modes, tels que les produits contenant des protéines alimentaires.
  • L’eau chaude est particulièrement néfaste pour la peau. En éliminant le film hydrolipidique, elle assèche la peau. Deux solutions : des bains moins fréquents ou des bains quotidiens courts avec une eau à 33-35°C.
  • Les produits d’hygiène et de soin sans conservateur (système airless) sont intéressants pour les bébés qui ont une peau vraiment très fragile.
  • L’hydratation de la peau des tout-petits n’est a priori pas indispensable. En effet, si la perte en eau est supérieure chez le nourrisson, du fait d’une peau très perméable, il la compense aisément en buvant. Toutefois, il semblerait que le fait d’appliquer très tôt une crème hydratante chez les enfants à risque de développer un eczéma ait des effets positifs en diminuant nettement leur risque de développer de l’eczéma.
  • La protection solaire est indispensable. Elle passe par l’utilisation de vêtements couvrants, clairs et amples, d’un chapeau, de lunettes de soleil et d’une crème solaire spécial bébé à appliquer sur les zones de peau non protégées. Chez le tout-petit, les coups de soleil c’est interdit…

Gare à la couche lavable

D’un point de vue tolérance et hygiène, la couche jetable reste la valeur sûre. La couche lavable, quant à elle, est un nid à microbes pouvant entraîner d’importantes infections du siège et des parties génitales.

Article rédigé par : Caroline Feufeu
Modifié le 22 juin 2016