Laits « alternatifs » : savoir faire le tri

Lait de chèvre, lait de jument, boissons végétales… : certains parents sont tentés de donner à leur bébé un lait autre que les préparations infantiles à base de lait de vache ou de chèvre. Attention : ces boissons ne sont pas du tout adaptées aux besoins nutritionnels du bébé et l’exposent à de graves carences. Des alternatives plus adaptées existent. Le point avec le Pr Patrick Tounian, professeur de pédiatrie, chef du service de nutrition et gastroentérologie pédiatrique de l'hôpital Trousseau à Paris et ancien secrétaire général de la Société française de pédiatrie. 
Différencier préparations infantiles et laits natifs
Les « préparations infantiles » peuvent être faites à partir de protéines de lait de vache ou de protéines de lait de chèvre. Disponibles en pharmacies, « ils ont les mêmes propriétés et sont tout à fait adaptés aux besoins du bébé », explique le Pr Patrick Tounian. Rien à voir avec les laits dits natifs (c’est-à-dire non modifiés) comme le lait de chèvre, de jument ou encore de brebis que l’on peut trouver en supermarché et magasins spécialisés. Ces laits ne sont pas du tout adaptés aux besoins du bébés, comme ne l’est pas non plus le lait de vache d’ailleurs. « Ces laits peuvent induire des carences en fer et en acides gras essentiels », précise le professeur de pédiatrie.

Préparations infantiles à base de riz et boissons végétales : ne pas confondre
Il existe en pharmacie des préparations infantiles réalisées à base de protéines de riz, en version 1er âge, 2ème âge et lait de croissance. Ces laits dont la composition répond aux besoins du nourrisson peuvent être donnés, après avis du pédiatre, si l’enfant présente des signes d’allergie aux protéines de lait de vache, ou si ses parents souhaitent une alimentation végétalienne (sans aucun produit d’origine animale). « Il est important de prendre conseil auprès de son pédiatre car tous les produits ne se valent pas. Certains ne contiennent pas d’acide arachidonique, très important pour la croissance cérébrale », souligne le spécialiste. 

Là encore, il ne faut pas confondre ces laits avec les boissons végétales à base de riz, d’amande, de noisette, de soja, de châtaigne ou autre que l’on retrouve dans les rayons du supermarché. « Ces boissons végétales ne sont pas du tout adaptées aux bébés et peuvent entrainer de graves carences », met en garde le professeur. Et même s’ils sont enrichis en calcium, ces jus végétaux ne combleront jamais les besoins nutritionnels du bébé, notamment en fer et en acides gras essentiels. Aussi, ces laits sont à proscrire chez les enfants de moins de 3 ans. 

Pour récapituler : les laits possibles à chaque âge

De 0 à 6 mois 
-    le lait maternel
et/ou
-    une préparation infantile premier âge (« lait 1er âge) qui peut être faite à partir de protéines de lait de lait de vache, protéines de lait de chèvre ou protéines de riz

De 7 à 11 mois
-    le lait maternel associé à une supplémentation systématique en fer
et/ou 
-    une préparation infantile de suite (« lait 2ème âge ») qui peut être faite à partir de protéines de lait de lait de vache, protéines de lait de chèvre ou protéines de riz

De 12 mois à 36 mois
-    le lait maternel associé à une supplémentation systématique en fer
et/ou 
-    une préparation infantile de croissance (« lait de croissance ») qui peut être faite à partir de protéines de lait de lait de vache, protéines de lait de chèvre ou protéines de riz
Article rédigé par : Julie Martory
Publié le 30 janvier 2023
Mis à jour le 30 janvier 2023