Les protéines : oui mais pas trop !

Les protéines sont essentielles au bon fonctionnement de notre organisme. Elles doivent cependant être limitées pour les petits, en raison notamment du risque de surcharge rénale. On fait le point.
Après l’eau, les protéines constituent l’essentiel de la masse du corps humain. Les protéines permettent d’apporter des acides aminés dont certains sont essentiels à l’organisme et aussi l’azote. Elles jouent un rôle fondamental au niveau cellulaire et également structural, elles sont impliquées au niveau des muscles ou dans le renouvellement des tissus par exemple, dans le système immunitaire mais aussi dans la digestion ! De plus, elles sont la seule source d’azote pour notre corps ! Or, l’azote est un constituant important entre autres, de l’ADN. Notre organisme en a donc bien besoin.

Protéines végétales et protéines animales
La principale source de protéines pour le bébé est le lait (ou laitages et fromages au moment de la diversification). Elles sont ensuite apportées par une source animale : les viandes, les poissons ou les œufs, ou une source végétale avec les légumes secs et les céréales. Protéines animales et végétales sont toutes constituées d’acides aminés et d’azote. Cependant, tous les acides aminés essentiels, c’est-à-dire dont l’organisme a besoin, sont présents dans les protéines animales alors qu’ils ne le sont pas dans les protéines végétales. Mais en associant simplement les légumineuses aux céréales, on dispose de tous les acides aminés indispensables. Pas si simple quand on ne maitrise pas les bases en nutrition !
En clair : il ne suffit pas de remplacer 10g de protéine animale par 10g de protéines végétales pour assurer un bon équilibre alimentaire à un bébé.

Et le fer dans tout ça ?
La consommation de viandes, poissons œufs ou céréales permet d’apporter également d’autres éléments importants pour l’organisme comme le fer. Le fer dit « héminique » est contenu dans la viande, le poisson mais aussi les produits laitiers. Il est très facilement absorbé par l’organisme. Le fer dit « non-héminique » est contenu dans les fruits et légumes, les céréales et les fruits secs, est quant à lui, beaucoup moins bien assimilé par l’organisme. Vouloir substituer le fer animal par le fer végétal serait alors une grossière erreur ! Il faudrait par exemple qu’un bébé mange un brocolis entier (ce qui n’arrivera pas) pour arriver à la même teneur en fer assimilable qu’une cuillère à café de viande de bœuf ! Les bébés sont très souvent carencés en fer. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les fabricants de laits infantiles en ajoutent dans leurs préparations lactées.

« Il faut prévenir les parents qu’on ne peut pas substituer en un claquement de doigt les protéines animales par des protéines végétales et qu’on ne devient pas végétarien par effet de mode », met en garde Christine Zalejski., docteur en sciences et fondatrice du site dédié à la nutrition infantile Cubes et Petits Pois. En se lançant dans ce régime alimentaire très en vogue sans l’aide de spécialiste de la nutrition, les bébés peuvent être carencés. « Il est donc important d’avoir certaines bases en nutrition pour savoir ce qu’il faut consommer afin de rendre le fer végétal plus assimilable par l’organisme », explique Christine Zalejski, comme par exemple consommer en même temps des aliments riches en vitamine C ». La prudence est de mise.

Doit-on pour autant privilégier uniquement les protéines d’origines animales ? « Non, bien évidemment. Pour l’éveil au goût, pour notre planète aussi, il est bien de proposer les deux types de sources protéiques aux bébés. De plus, nous avons besoin des deux types pour les différents sels minéraux, vitamines et autres éléments qu’elles apportent. Encore une fois la diversité reste le maître mot pour l’alimentation de nos bébés », conseille la docteure.

Les protéines et le risque de surcharge rénale
Même si les protéines sont indispensables à l’organisme, elles ne peuvent être mangées à volonté. Il faut en effet les limiter. Pourquoi ? Parce qu’elles surchargent les reins du bébé. S’il consomme trop de protéines, son organisme va devoir les stocker. Or, il n’existe pas de cellules, tissus ou organes de stockage pour les protéines ! L’organisme va alors devoir les « transformer » pour les rendre « stockables », comme les lipides dans les tissus adipeux ou les glucides dans le foie.

Cette transformation nécessite beaucoup d’énergie, ce qui fatigue le bébé et libère beaucoup d’azote. Et pour éliminer ce dernier, ce sont les reins qui vont être mis à contribution. Or avant 3 ans, ils sont encore immatures. Il faut donc les préserver. S’ils travaillent trop, les bébés urinent davantage et perdent alors beaucoup de sels, de minéraux et d’oligo-éléments pourtant essentiels à leur développement. Un excès de protéines peut donc « fatiguer » les reins et entrainer une perte importante de nutriments.
De plus, lorsque l’organisme cherche à « stocker » les protéines, il les transforme en lipides ou glucides, ce qui peut par la suite entrainer des problèmes d’obésité.

Les protéines, en quelle quantité ?
« Il existe un bon moyen mnémotechnique pour savoir quelle quantité de protéines donner aux bébés chaque jour en gros, retenez 10g par tranche d’âge. 10g jusqu’à 1 an, 20g jusqu’à 2 ans, 30g jusqu’à 3 ans » explique Christine Zalejski. Pour vous donner un ordre d’idée, sachez que 10g représente environ 2 cuillères à café de viande cuite. Il faut savoir que ces portions ont été établies par des chercheurs, étayées par de nombreuses études et qu’elles sont à donner en plus du lait. « Il m’arrive en effet de constater que des personnels de la petite enfance ne donnent pas de viande pendant le repas car les enfants ont reçu une portion de fromage ou inversement, témoigne-t-elle. Or les laitages ou fromages sont à proposer en plus dans les apports recommandés en protéines. » Vous pouvez donc tout à fait donner la portion requise de poissons, viande, œufs, en plus d’un laitage ou d’une portion de fromage.

Le plaisir est dans la variété
« Les enfants apprécient la viande car c’est salé. Ils aiment généralement ce qui a du goût », commente Christine Zalejski. L’idéal est de varier les protéines pour leur faire découvrir toute une palette de saveurs. « Sur une semaine, les repas de la crèche ou préparés par l’assistante maternelle peuvent alterner différentes sortes de protéines : viande rouge, viande blanche, œuf, poisson gras, poisson maigre, jambon blanc (seule charcuterie autorisée) et protéines végétales ». Ainsi, toutes les protéines auront été apportées aux enfants et ils auront pu découvrir différents goûts et différentes textures.
A table !
Article rédigé par : Laure Marchal
Publié le 28 septembre 2016
Mis à jour le 08 septembre 2017