L'acquisition de la propreté

Acquisition de la propreté : comment ça se passe en collectivité ?

La propreté, c’est la grande question des parents qui craignent que leur enfant ne soit pas propre « à temps » pour sa rentrée à l’école maternelle. Pour autant, les personnels de crèche doivent-ils pressurer l’enfant pour qu’il aille aux toilettes ? Comment savoir si le petit est vraiment prêt ? Comment gérer cet apprentissage dans une section où les petits ont peut-être le même âge, mais pas le même rythme ? Eléments de réponse avec Nathalie Pereirra, puéricultrice, responsable de la crèche de l’hôpital Cochin à Paris.
toilettes tout-petits
Les parents appréhendent souvent cette étape de la propreté lorsque l’entrée à l’école se profile à l’horizon. La première mission que se sont donnés les membres de l’équipe de Nathalie Pereirra consiste donc à rassurer les pères et les mères via des cafés-parents. L’idée est de leur expliquer que la propreté est avant tout une décision de l’enfant. « Un enfant qui veut être propre peut le devenir en deux jours », affirme-t-elle. Mais la décision de passer à l’étape de la propreté appartient en premier lieu aux parents. Toutefois, si l’équipe observe que l’enfant n’est pas prêt, elle va alors tâcher de rassurer le parent en lui expliquant qu’il faut être un peu patient. 

Savoir qu’un enfant est prêt
Sur le plan physiologique, il convient d’abord de s’assurer que l’enfant a la maîtrise de ses sphincters. Pour le savoir, l’équipe utilise le fameux test des escaliers pour voir si le petit est capable de les monter et de les descendre. D’un point de vue psychologique, si l’enfant commence à verbaliser ce désir de propreté, ou alors s’il se met à ôter sa couche au milieu de l’espace de jeux, c’est aussi un signal à prendre en compte. Certains affirment aussi leur désir de mettre des slips, notamment en voyant les grands. Une vraie source de fierté !

Proposer souvent
Pour encourager le petit à devenir propre, l’équipe propose régulièrement à l’enfant d’aller aux toilettes : à son arrivée, avant le repas, puis avant la sieste… Un enfant pris dans son jeu oublie facilement, mais en cas d’accident, « on ne dramatise pas », insiste Nathalie Pereirra. 

Profiter de l’effet de groupe
A la crèche, aller aux toilettes peut devenir ludique. Tout est conçu à la taille des enfants et ces derniers s’amusent à tirer le papier toilette, à appuyer sur la chasse d’eau. Les petits peuvent aussi avoir envie d’aller aux toilettes pour imiter leurs camarades plus grands. Les équipes utilisent également des livres comme la fameuse histoire de La petite taupe (voir encadré)
L’équipe peut parfois rencontrer des difficultés avec certains enfants, qui vont par exemple retenir leurs selles. « Pour ces petits-là, aller aux toilettes est peu angoissant car ils prennent conscience que quelque chose sort de leur corps » explique Nathalie Pereirra. Il est alors important de verbaliser ces difficultés avec les parents et l’enfant. La seconde difficulté récurrente se pose lorsque les parents sont un peu trop stressés et font de la propreté un véritable enjeu. Il convient là aussi, pour l’équipe de la crèche, de les aider à dédramatiser cette étape et de les rassurer en expliquant qu’avec un peu de patience, tout finira par rentrer dans l’ordre. Tous les enfants finissent pas être propres !

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De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête (Milan éditions)

C’est un classique de la littérature enfantine, qui depuis plus de 20 ans a fait ses preuves pour accompagner les petits dans leur chemin vers la propreté. L’album rapporte la mésaventure d’une petite taupe sortie pour voir si le soleil avait disparu. Au cours de son escapade, quelqu’un a ose faire ses besoins sur sa tête ! .Qui ? Elle enquête pour connaître l’auteur de cet acte si « malpoli ». Avec elle, l’enfant découvrir avec humour toutes les façons de faire des crottes !

Article rédigé par : Pauline Jonquières d'Oriola
Modifié le 23 juin 2017