Ces petits rituels essentiels pour bien s’endormir

Les petits rituels avant le coucher sont en général très appréciés des petits. Ils ne sont pas réservés au coucher du soir mais s’avèrent utiles pour les siestes des bébés et des jeunes enfants. Que ce soit chez l’assistante maternelle, à la crèche. Car quel que soit le lieu les petits ont toujours besoin d’être sécurisés avant de plonger dans les bras de Morphée. Le point sur ces rituels avec le pédopsychiatre Rafi Kojayan.*
Des petits rituels pour sécuriser l’enfant
Chanter une chanson, raconter une histoire, déposer un baiser sur le doudou… Chaque enfant a besoin de ses propres rituels avant de se coucher. La fonction première de ces rituels d’endormissement est de sécuriser l’enfant afin de mieux l’accompagner au moment de la séparation, qu’il s’agisse du parent, de la nounou, ou du personnel de crèche.
Cette fonction de sécurisation de l’enfant apparaît aux alentours de 6-8 mois, lorsque l’enfant réalise que son corps est bien distinct de celui de l’adulte qui le porte. « Cette fonction ne répond pas nécessairement à l’angoisse de la séparation, mais plus à l’angoisse de la perte. L’enfant peut craindre que la personne qui s’occupe de lui ne soit pas là au moment du réveil », explique le Dr Kojayan.
Ce besoin de sécurisation diffère énormément d’un enfant à l’autre. Pour certains petits, il suffit de donner la tétine ou le doudou pour un endormissement serein, tandis que d’autres enfants demandent un rituel beaucoup plus élaboré car ils manquent de sécurité affective. Ces enfants sont en général angoissés même pendant la journée. Typiquement, ils vont hurler dès que l’adulte va quitter une pièce.

Des petits rituels pour introduire une notion de temporalité
Outre cette fonction de sécurisation, les petits rituels introduisent également une notion de temporalité. En effet, les petits rituels doivent toujours se dérouler dans le même ordre pour donner des indicateurs fiables à l’enfant. « L’enfant identifie ainsi que tel geste ou telle activité le rapproche du moment de la séparation », affirme le pédopsychiatre. Ces petits rituels aménagent ainsi une transition entre les phases de jeux et de repos.

Des petits rituels pour accompagner les difficultés d’ordre tonique
Comme évoqué plus haut, les petits rituels font leur apparition aux alentours de 6-8 mois. Mais le pédopsychiatre évoque aussi une autre forme de rituel chez les tout petits, aux alentours de 2 mois. A cet âge, certains enfants vont avoir du mal à s’endormir à cause de difficultés d’ordre tonique : hyper ou hypo tonicité, reflux importants, refus de se mettre sur le ventre (en dehors des phases de sommeil bien entendu). Pour parvenir à s’endormir, ces bébés vont devoir être portés, enveloppés, placés en position fœtale à l’aide d’un coussin d’allaitement par exemple. Prendre le bébé dans les bras ou le positionner correctement devient alors une forme de rituel avant le coucher. « Ce besoin concerne environ 10 à 20% des bébés. Ces petits ont besoin d’un accompagnement, il ne s’agit pas d’un caprice ou d’une mauvaise habitude », martèle le Dr Kojayan.

Un rituel différent à la crèche ou à la maison ?
La forme de ces petits rituels peut différer entre la crèche et la maison. Pour le pédopsychiatre, cela n’a pas vraiment d’importance. Certains enfants s’adapteront très bien à un rituel différent, quand d’autres ne le supporteront pas. Dans tous les cas, « l’enfant a des points de repères pour savoir s’il se trouve ou non à la maison, même si le rituel est identique », avance-t-il.


* Auteur L’éducation positive, Dr Rafi Kojayan et Sandrine Catalan-Massé, éditions Leduc, 2014.

 

Les règles d’or pour des petits rituels efficaces

• Les petits rituels doivent être courts et toujours identiques. • Idéalement, ces petits rituels doivent être réalisés par un adulte référent afin que l’enfant puisse s’appuyer sur la relation et pas seulement sur le rituel. • Il est important de discuter avec les parents. L’idéal étant de le faire dès l’admission de l’enfant afin d’échanger le plus sereinement possible, et non pas lorsqu’un problème se pose. Cela permet d’en savoir plus sur la grossesse, les relations parentales etc, et ainsi d’obtenir certaines pistes pour mieux comprendre l’enfant au moment du coucher.

Article rédigé par : Paulina Jonquières d’Oriola
Publié le 28 février 2016
Mis à jour le 03 mars 2017