La communication Non-Violente

Marshall Rosenberg, l’homme-girafe : le père de la Communication Non-Violente

Avec un concept, une méthode et deux marionnettes, Marshall Rosenberg a diffusé les principes d’une communication sans violence dans le monde entier pendant près de 50 ans. Portrait d’un homme bienveillant.
JF.Lecocq
Marshall Rosenberg
Tout commence en 1943. Agé de 9 ans, le jeune Marshall Rosenberg vient de s’installer avec sa famille dans le Michigan aux Etats-Unis. Le contexte des émeutes raciales le marque profondément. Toute sa vie, Marshall Rosenberg n’aura de cesse d’essayer de comprendre pourquoi certaines personnes génèrent de la violence tandis que d’autres demeurent bienveillantes.

A l’école de Carl Rogers
Diplômé en 1961 d’un doctorat en psychologie clinique, il rejoint l’équipe de Carl Rogers, l’un de ses professeurs, pour travailler sur des formes de psychothérapies alternatives. Il constate qu’une thérapie s’avère efficace lorsque le thérapeute manifeste empathie et honnêteté à l’égard de son patient : le concept de Communication Non-Violente (CNV), nom choisi en référence à Gandhi, prend forme.
Le psychologue le développe ensuite en travaillant auprès des défenseurs des droits civiques, des éducateurs, des professionnels de la santé, des avocats, des militaires. « Notre relation au langage, de par notre éducation, pousse la plupart d’entre nous à étiqueter autrui et à exiger plutôt qu’à prendre conscience de nos sentiments, de nos envies et de nos responsabilités. J’ai donc encouragé les gens à dépasser cette communication aliénante pour qu’ils apprennent à exprimer leurs véritables désirs, à entendre la demande derrière le message exprimé et essayer d’y répondre », expliquait-il.

La girafe et le chacal
En 1966, il fonde le Centre pour la Communication Non-Violente, une organisation internationale dont l’objectif est de diffuser la CNV dans le monde entier. Deux marionnettes lui servent de support pédagogique : un chacal, pour désigner les modes d’expression qui entravent la compassion, et une girafe (animal terrestre ayant le plus gros coeur), métaphore de la langue du cœur que Marshall Rosenberg tente de partager au quotidien. Il les met en scène pendant plusieurs décennies et contribue aux efforts de paix dans les zones de conflits, tels que le Moyen-Orient, l’Europe de l’est ou l’Irlande. Convaincu par l’idée que « tout conflit est l’expression tragique d’un besoin insatisfait », il s’éteint paisiblement en 2015.
 
Article rédigé par : Nelly Moussu
Modifié le 17 novembre 2017