Snoezelen : à l’origine une approche destinée aux personnes porteuses de handicaps

L’approche Snoezelen a fait du chemin depuis les années 60 ! D’abord réservée aux personnes souffrant de troubles du développement ou en situation de handicap, elle a peu à peu convaincu d’autres secteurs, comme celui de la petite enfance, de ses multiples intérêts.
L’approche snoezelen trouve ses origines aux Etats-Unis dans les années 60. A l’époque, des psychologues ouvrent des « cafétérias sensorielles », des espaces stimulant les sens des personnes souffrant de troubles du développement. Ils parviennent ainsi à établir une forme de communication avec elles. Une décennie plus tard, aux Pays-Bas, les éducateurs spécialisés Ad Verheul et Jan Hulsegge repensent l’environnement d’accueil des personnes atteintes de handicap mental au Centre Hartenberg. Ils y créent des salles où l’on propose des sollicitations sensorielles pour communiquer et générer un sentiment d’apaisement. « Ces lieux sécurisants ont été mis en place pour des personnes qui n’avaient pas d’enveloppe psychocorporelle, c’est-à-dire qui ne distinguaient pas les messages non-agressifs de ceux qui étaient agressifs, raconte Patrice d’Arfeuille, fondateur de Petrarque une entreprise spécialisée dans l’accompagnement de projets Snoezelen. En les aidant à lâcher prise, on a pu les apaiser, les mettre en confiance pour ensuite les stimuler, entrer en relation. »

Alterner entre exploration et détente
Verheul et Hulsegge ont conceptualisé leur approche sous le nom de « Snoezelen », contraction des termes néerlandais « snuffelen » - que l’on peut traduire par sentir, renifler, et plus largement par ressentir, explorer – et « doezelen » - qui signifie somnoler, et que l’on peut interpréter comme une invitation à la détente. « C’est une approche et non une démarche car elle ne répond pas à un processus précis, souligne Patrice d’Arfeuille. Le principe consiste à observer et à s’adapter aux individus. »
Il n’y a donc pas d’objectifs précis à atteindre. « On a simplement une intention, indique Sidonie Fillion, psychomotricienne et formatrice Snoezelen pour la petite enfance. C’est d’utiliser la sensorialité pour mieux entrer en relation de manière individualisée. Il s’agit d’un mode de communication non verbal, établi lors d’un moment de partage. » Les sens sont sollicités pour déterminer ceux qui apportent du bien-être. Un accompagnateur est toujours présent afin de favoriser un sentiment de sécurité, tant physique que psychique. « Le professionnel n’est pas dans le « faire » mais dans le « être » »,  insiste Sidonie Fillion.

Du monde du handicap au secteur de la petite enfance
Si l’approche Snoezelen a été pensée au départ pour des personnes en situation de handicap, elle a peu à peu été appliquée par des institutions gériatriques, psychiatriques, des écoles spécialisées… « Snoezelen concerne tout le monde car elle change notre état émotionnel, peu importe notre situation ou notre âge » précise Patrice d’Arfeuille. Il y a quelques années, des précurseurs ont commencé à mettre en place cette approche dans des structures de la petite enfance. Aujourd’hui, leur intérêt est de plus en plus partagé par leurs confrères et consœurs.  

 
Article rédigé par : Nelly Moussu
Publié le 15 mai 2016
Mis à jour le 10 décembre 2017