Le Dunstan Baby Language ou l’art de décoder les pleurs des bébés 

C’est une « méthode » qui porte le nom de la maman qui l’a inventée Priscilla Dunstan. Au départ conçue pour aider les parents, elle peut aussi permettre les professionnels de la petite enfance de mieux comprendre et répondre aux pleurs des bébés qu’ils accueillent. C’est ce qu’explique ici Laure Langlais, instructrice en Dunstan Baby Language.
Un besoin derrière chaque pleur
Aujourd’hui, grâce aux récentes découvertes scientifiques, notamment en neurosciences, nous savons qu’il se cache toujours un besoin derrière un pleur de bébé.
 Il s’agit de son seul moyen de communication. Un bébé n’est pas capricieux et n’est pas manipulateur, il est dans l’incapacité physique d’assouvir ses besoins vitaux seul.
Un bébé est dépendant. Pour survivre, il a besoin de quelqu’un (un adulte) qui puisse prendre soin de lui. Ce petit être est autocentré sur lui et sur ses besoins physiologiques : s’alimenter, boire, éliminer, dormir et recevoir de l’affection.
Il peut également exprimer une douleur ou un inconfort lié à des coliques, des gaz, un vêtement trop chaud ou trop froid, un bouton de moustique, une couche souillée…ou même exprimer des émotions.
Un bébé pleure ou gémit pour alerter l’adulte qui prend soin de lui afin que celui-ci lui vienne en aide. L’adulte fait de son mieux pour répondre efficacement aux besoins du bébé et ce n’est pas toujours évident de comprendre rapidement ce qu’il demande. Cela peut aussi prendre un peu de temps avant que la professionnelle noue une relation de proximité avec le bébé nouvellement accueilli.

Une maman musicienne à l’origine de cette « méthode »
En 1998, Priscilla Dunstan, musicienne australienne à l’oreille absolue (capacité d’entendre et de reconnaitre des notes sans identification préalable à une autre note. On parle aussi de mémoire photographique des Sons) s’est retrouvée en difficulté dans sa maternité.
Son bébé ne faisait que pleurer et elle ne savait pas pourquoi. Elle s’est épuisée au point de ne plus comprendre ses demandes.
Un jour, alors qu’elle était à bout, elle a eu l’idée de mettre à profit son oreille et cette facilité qu’elle a à entendre et décrypter les sons.
Pendant plusieurs jours, elle a écouté les sons qui sortaient de la bouche de son bébé, elle a noté sa posture, ses gestes, puis les réponses qu’elle apportait et comment son bébé réagissait à celles-ci, à savoir si elles étaient satisfaisantes pour lui ou non, si les solutions apportées répondaient bien aux besoins de son bébé.

De 0 à 5 mois, tous les bébés pleurent de la même façon
Cette découverte a été déterminante pour la suite de sa maternité puisqu’au bout de quelques jours seulement, elle s’est rendue compte qu’elle était capable de répondre plus efficacement et plus rapidement aux pleurs de son bébé. Son bébé était plus serein et plus apaisé, et elle aussi !
Elle a décidé, avec l’aide de son père, Le professeur Max Dunstan (Ph doctor) de l’Université de Sydney, de lancer un protocole de recherche scientifique pour valider le Dunstan Baby Language. Après plusieurs années d’études et de tests avec des milliers de familles, ils ont conclu que tous les bébés du monde émettent les mêmes sons entre 0 et 5 mois. Un bébé né en Afrique ou en Amérique s’exprime de la même façon (mêmes sons et mêmes postures), qu’un bébé né en Europe ou en Asie !

Comment intégrer le Dunstan Baby Language dans la pratique professionnelle ?
Tous les professionnels de la petite enfance ont à cœur de répondre aux besoins des enfants qu’ils accueillent à domicile ou en structure tout en se sentant parois démunis et frustrés de ne pouvoir répondre à plusieurs bébés en même temps. Certains savent intuitivement interpréter les pleurs des bébés, d’autres peuvent avoir besoin d’éléments concrets : c’est l’une des forces du Dunstan Baby Language. Certains bébés peuvent s’autoréguler alors que d’autres pleurent immédiatement de faim, de sommeil ou d’inconfort. Cet outil aide à comprendre rapidement les besoins d’un ou plusieurs bébés et d’y répondre facilement.
Les bébés sont moins stressés, leurs pleurs diminuent en intensité et en durée, ils dorment mieux …et l’ambiance du lieu d’accueil s’en ressent ! Par ailleurs cette approche favorise les liens d’attachement et soutient le développement de l’estime de soi des bébés, en leur montrant que leur besoin est entendu, qu’il est valide et qu’on y apporte une réponse.

Une formation spécifique nécessaire
La méthode se montre et se transmet aux parents comme aux professionnels, sous forme d’ateliers à distance ou en présentiel Au cours d’une formation au Dunstan baby language, les stagiaires apprennent à décrypter les besoins cachés derrière les 5 pleurs du nourrisson âgés de 0 à 5 mois :
-    « Nèh » signifie qu’il a faim
-    « Owh » signifie qu’il a besoin de dormir
-    « Eairh » signifie qu’il a des coliques
-    « Eh » signifie qu’il a besoin de faire un rot
-    « Hèh » signale un inconfort
Ces différents pleurs sont toujours perceptibles après 5 mois mais ils peuvent être mêlés à du babillage ce qui peut rendre l’interprétation des sons un peu moins évidente.
Les stagiaires apprennent également à décoder les sons préliminaires aux pleurs et la gestuelle de l’enfant : ainsi, les bébés n’ont plus besoin de pleurer abondamment pour être entendus et sécrètent moins d’hormones de stress.

Pour en savoir plus sur le Dunstan Baby Language et trouver des formations reconnues.
 
Article rédigé par : Laure Langlais
Publié le 10 mars 2021
Mis à jour le 17 août 2021