PARLER Bambin poursuit coûte que coûte son déploiement 

 L’ANSA ajuste et relance le programme national PARLER Bambin pour le développement langagier des tout-petits en EAJE, malgré les critiques et l’évaluation peu enthousiaste qui le désavouait avant l’été.
En juin dernier, l’évaluation scientifique décevante du programme PARLER bambin, révélée par l’Institut de Politiques Publiques (IPP), a comme jeté un froid sur l’expérimentation nationale portée par l’Agence nouvelle des solidarités actives (ANSA). En effet, depuis cinq ans, le dispositif PARLER Bambin a formé les professionnels de 94 crèches « aux pratiques favorisant le développement langagier des 0-3 ans afin de prévenir l’apparition d’inégalités dans l’acquisition du langage ». Mais la recherche, menée en parallèle par les laboratoires J-PAL (École d’économie de Paris - ENS) et Dynamique du Langage (Lyon II) n’a souligné qu’un « un léger impact positif à court terme » sur le développement socio-affectif des enfants mais aucun effet prouvé sur le développement langagier des enfants. Un bilan plutôt léger, qui aurait pu sonner le glas de ce programme, soutenu par la France s’engage, bien que vivement critiqué par de nombreux professionnels de la petite enfance reconnus.
Une analyse contradictoire
Prenant le contrepied total de la recherche, l’ANSA, porteuse du projet, a choisi d’analyser ces résultats avec beaucoup d’optimisme, à la lumière des retours positifs recueillis sur le terrain par ses soins, auprès des crèches, des stagiaires formés, des gestionnaires et co-financeurs, et des formatrices. Pour l’ANSA, si les constats très positifs de ces professionnels n’ont pas été significativement révélés par l’évaluation scientifique, elle le prend pourtant comme un encouragement à aller plus loin. « Cet écart entre les retours du terrain et les résultats de la recherche nous amène à penser qu’il est nécessaire de continuer à ajuster et expérimenter des interventions dans le champ de la prévention pour les rendre les plus impactantes possible, explique Marguerite Bergès, responsable de projet petite enfance à l’ANSA. Mais aussi à continuer d’expérimenter la façon dont on va évaluer le plus finement possible le développement langagier du tout petit. »
 
Élargir aux  acteurs de la prévention précoce
 
Dans le bilan qu’elle dresse et publie aujourd’hui, l’ANSA retient de cette évaluation l’impact positif de l’approche PARLER Bambin sur les compétences socio-émotionnelles des enfants, sur les pratiques professionnelles des équipes et sur la valorisation de leurs métiers bien qu’à court terme. Le nouveau défi est donc d’ajuster le dispositif actuel en raffermissant l’accompagnement des équipes autour de la formation PARLER Bambin, en renforçant l’appui aux personnes ressources des crèches formées, en diversifiant la boite à outils pédagogiques mise à disposition des équipes, en soutenant davantage les formatrices. Mais également en optimisant la lisibilité du dispositif PARLER Bambin, de ses acteurs, et sa communication grand public… Un objectif d’amélioration continue qui viendra consolider la stratégie mise en place mais également soutenir le déploiement de la formation à de nouveaux territoires parmi les plus fragiles. L’ANSA espère également  toucher de nouveaux acteurs engagés dans la prévention précoce (PMI, RAM et professionnels de la protection de l’enfance), tout en approfondissant la coopération avec les familles.

Voir ci-dessous le bilan  complet proposé par l'ANSA
Article rédigé par : Laurence Yème
Publié le 15 novembre 2021
Mis à jour le 16 novembre 2021