La pédagogie Steiner-Waldorf 

Steiner-Waldorf : une pédagogie controversée

Dans le mouvement de « l’éducation nouvelle », la pédagogie Steiner-Waldorf fait partie des plus critiquée. Les enfants ne seraient pas toujours vaccinés, les élèves n’auraient pas un assez bon niveau scolaire, l’anthroposophie leur serait enseignée : autant d’éléments à charge qui suscitent la vigilance de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Et que ne comprennent pas les professionnels appliquant cette pédagogie.

 
Controverse-Steiner-Waldorf
La pédagogie Steiner-Waldorf essuie régulièrement les critiques de pédagogues, de familles et même de la Miviludes, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. « Elle revêt des aspects très novateurs comme l’importance accordée aux rythmes de l’enfant, aux arts, au travail sur la motricité, reconnaît Serge Blisko, le président de la Miviludes. Mais elle est aussi la plus critiquable des pédagogies de « l’éducation nouvelle » ».

Faible niveau scolaire et risque sanitaire
Tout d’abord, même si les établissements Steiner-Waldorf respectent les obligations légales en matière de vaccination, « on y observe plus d’épidémies qu’ailleurs, note Serge Blisko, car les enfants sont moins vaccinés pour d’autres maladies ». A cela s’ajoutent des retards scolaires remarqués par exemple au Canada. « Certaines matières ne sont abordées que tardivement, explique Patricia Chalet, spécialiste des questions liées à la petite enfance au sein de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf en France. Cela implique pour l’élève de ne pas quitter l’établissement en milieu de cycle, sans quoi il pourrait effectivement rencontrer des difficultés. »
Elle reconnaît également que le niveau des élèves peut être très hétérogène dans les classes, le redoublement n’existant pas. « Certains passent donc le baccalauréat sans avoir le niveau pour réussir. L’important pour nous n’est pas tant d’obtenir ce diplôme que de se connaître et de développer ses propres capacités. » Serge Blisko a un avis plus catégorique sur ces écoles : « le niveau scolaire y est jugé très faible comparé au socle de connaissances acquises dans le système classique. »

Une vigilance sur des dérives sectaires
Plus inquiétant, ces écoles sont soupçonnées de dérives sectaires. Grégoire Perra, ancien élève et ancien professeur dans un établissement Steiner-Waldorf, témoigne sur un blog de son histoire. Il y indique « avoir réussi à percer l’endoctrinement insidieux que j’avais moi-même subi et pratiqué ». En 1999, les écoles Steiner-Waldorf ont fait l’objet d’une inspection suite à la publication d’un rapport parlementaire mentionnant que si « toutes ces écoles ne revêtent pas un caractère sectaire, plusieurs mériteraient cependant une investigation approfondie ». Le document indique que « des enfants inadaptés à la méthode Steiner seraient soumis à des sévices » et que des parents d'élèves, ne pouvant honorer le tarif élevé de les écoles, « s'étaient trouvés contraints de travailler pour l'Anthroposophie. »

L’anthroposophie accusée
L’anthroposophie est la principale raison des accusations sectaires. Il s’agit d’une démarche spirituelle développée par Rudolf Steiner et dont s’inspire la pédagogie qu’il a élaborée. « Elle y est même enseignée de manière camouflée, à travers des chansons ésotériques par exemple, c’est pourquoi la Miviludes reste vigilante » assure Serge Blisko. L’inspection des établissements en 1999 n’a pas révélé de pratiques à caractère sectaire. « Jack Lang, alors ministre de l’Éducation Nationale, nous a même adressé un courrier en 2001 pour l’attester » souligne Patricia Chalet. Leila Francq, fondatrice du CEFOME, un centre de formation à la pédagogie Steiner-Waldorf, se veut rassurante : « Quand on travaille dans une école Steiner, il importe de connaitre l’histoire du fondateur, la pédagogie et l’anthroposophie, mais on ne devient pas des adeptes ou des prosélytes pour autant ! La fédération a fait beaucoup d’effort pour amener plus de transparence et d’ouverture sur ces questions. » Mais pour Serge Blisko, cela ne suffit pas. « À titre personnel, si je souhaitais mettre mes enfants dans une structure de l’éducation nouvelle, je choisirai une école Freinet ou Montessori ; jamais une école Steiner-Waldorf. »




 
Article rédigé par : Nelly Moussu
Modifié le 21 juin 2016