Comment prévenir les risques environnementaux

Côté cuisine : aliments, ustensiles et biberons à la loupe

On connaît désormais les effets délétères des colorants et conservateurs alimentaires.On sait que le bisphenol A est désormais interdit dans les biberons. On connaît moins les riques liés à l’aluminium par exemple. Revue de détails.
tétines de biberons
Les aliments : l’alimentation infantile la plus sûre
L’alimentation infantile est exempte de conservateurs, colorants, arômes artificiels, exhausteur de goût : ils sont interdits par la réglementation. Dans cette filière spécifique, certains pesticides sont interdits également, et pour d'autres des limites existent. Car il s’agit de protéger le devenir de des enfants. Mais nous ne nourrissons pas les jeunes enfants uniquement avec les repas tout prêts issus de la filière infantile, nous utilisons aussi pour la confection de leurs repas des denrées provenant du circuit classique qui eux contiennent bien souvent des additifs alimentaires, et des résidus de pesticides et autres produits phytosanitaires.
Or, les colorants et conservateurs ne sont pas sans effet sur la santé des enfants.  Une étude de l’université de Southampton datant de 2007 a montré l’augmentation de l’hyperactivité chez les enfants de 3 ans et de 8-9 ans, due à la consommation de colorants (E 102, E 104, E 110, E 122, E 124 et 129) associée au benzoate de sodium (conservateur utilisé dans les boissons).
Le règlement (CE) No 1333/2008 du parlement européen et du conseil du 16 décembre 2008 sur les additifs alimentaires précise en annexe la liste des colorants alimentaires mentionnés à l’article 24 pour lesquels l’étiquetage des denrées alimentaires doit comporter la mention supplémentaire : "Nom ou numéro E du ou des colorants peut avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention chez les enfants".
  • Jaune orangé S (E 110)
  • Jaune de quinoléine (E 104)
  • Carmoisine (E 122)
  • Rouge allura (E 129)
  • Tartrazine (E 102)
  • Ponceau 4R (E 124 )

La présence de pesticides dans l’alimentation est aussi source de risques pour la santé future des enfants. De plus en plus d’études montrent leur implication dans la survenue de problèmes de neuro développement (dont les troubles autistiques) ou des malformations congénitales.
La préparation des repas en partant de matières premières d’origine biologique préserve au mieux la santé des enfants. Si tout ne peut pas être bio, il y a des priorités : les pommes pour les compotes consommées en grande quantité les premières années de la vie, les huiles qui accumulent les pesticides, les céréales si elles sont complètes ou semi complètes, les produits laitiers. La liste est bien sûre non exhaustive.

Les ustensiles : attention à l’alluminium
Changez vos poêles et casseroles recouvertes d’un revêtement anti adhésif ou en aluminium pour de l'inox.
Dès 2003, l'InVS (Institut de veille sanitaire en France) déclarait déjà que « de nombreuses études montrent que l'aluminium peut être toxique pour les plantes, les animaux et l'homme ». L’aluminium est suspecté de favoriser la maladie d’Alzheimer. Des cas de démence et de perte de mémoire ont été observés.
Evitez d’acheter des plats préparés qui risquent de contenir de l’aluminium sous forme d’additif, ou veillez à ne pas choisir des aliments dont les additifs portent l’appellation « E173 ».
Le film étirable à la chaleur relargue ses composants chimiques. Il peut être utilisé pour protéger les denrées dans le réfrigérateur, mais il faut l’ôter pour le réchauffage dans un four micro-ondes, le mieux étant de transvaser l’aliment dans un plat en verre ou en porcelaine.
Pour la table, privilégiez les assiettes, verres, et bols en verre trempé, les couverts en inox, leur stabilité chimique est garantie tout comme le séchage au lave vaisselle.

Les biberons et autres contenants alimentaires : plus de bisphénol A
Le bisphénol A (BPA) donne au plastique dureté, résistance et transparence. Cette molécule est un œstrogène de synthèse qui sous l’action de la chaleur migre dans le liquide contenu dans le biberon, autrement dit…le lait. Ce bisphénol est un perturbateur endocrinien qui agit à faible dose et altère les organes génitaux, le comportement (hyperactivité, agressivité), le système immunitaire est également touché, sans parler de son implication probable dans la survenue des cancers du sein et de la prostate et du diabète.
La France a banni cette substance dans tous les contenants alimentaires depuis le 1er janvier 2015, une décision qui a été attaquée fin 2015 par le lobby du plastique européen qui a obtenu une limite de présence du bisphénol A à ne pas dépasser dans les jouets.
Les sigles de recyclage vous aideront dans le choix lors des achats des denrées alimentaires ou des récipients utilisés pour présenter les repas, il faut repérer l’anneau de moebius fait de 3 flèches et le chiffre, le tableau ci-dessous vous permet de décrypter les informations :

Sans risque de BPA : N°1 (PET- polyéthylène terephtalate) N°2 (HDPE – Hight density polyéthylène) N°4 (LDPE – low density polyéthylène) N°5 (PP – polypropylène)
Avec risque de BPA : N°3 (PVC – Polyvinyl Chloride) N°6 (polystyrène) N°7 (PC – Polycarbonate)

Si vous prenez le temps d’observer l’aspect pris par les biberons après quelques mois d’utilisation, vous remarquerez qu’ils s’opacifient, la matière évolue, est-ce normal ?
Pour éviter cela, il faut conseiller aux parents l’achat de biberons en verre ou en inox, et oui ils existent aussi ! Pourquoi ne pas essayer ? Le capuchon sert de doseur pour reconstituer le lait.
Article rédigé par : Sylvie Guillou, docteur en chimie, www.secali.com
Modifié le 04 août 2017