Dépister le COVID-19 chez les enfants

Comment réagir face à l’apparition de symptômes évocateurs du COVID-19 chez les enfants ? Les sociétés savantes de pédiatrie ont mis au point un algorithme pour clarifier la prise en charge des plus jeunes en collectivité. Le but : départager les cas qui réclament de recourir à un test PCR-Sars-CoV-2 et les autres. Point sur leurs propositions.
 
Un enfant semble un peu fébrile, le voici qui tousse. Que faire ? Simple rhume ou symptômes du COVID-19 ? Afin d’orienter et guider son entourage – autant les parents que les professionnels qui l’accueillent en collectivité – sur la marche à suivre, les Sociétés Savantes de Pédiatrie ont établi un algorithme. Celui-ci s’adresse également aux médecins pour décider de l’utilité ou pas d’un dépistage PCR.  « L’idée de ce protocole, c’est de sérier les cohortes des différents patients, explique le Dr. François Vié Le Sage, Directeur du Groupe infectiologie/vaccinologie de l’AFPA. Inutile de s’affoler dès qu’un enfant à 37, 8 ° C de température. C’est fréquent. Sinon, autant renoncer à les faire retourner en collectivité. Ce qui nous intéresse c’est qu’un dépistage soit pratiqué largement auprès des cas qui l’exigent, mais qu’on n’ennuie pas ceux qui n’en ont pas besoin. C’est aux médecins d’établir la nécessité d’une PCR ».

Reconnaître les signes d’appel d’infection
A partir de quand tire-t-on la sonnette d’alarme ? Un seul signe d’appel suffit répondent les sociétés de pédiatrie. Il peut s’agir aussi bien d’une fièvre supérieure à 38° C, d’une irritabilité inhabituelle que d’une toux fébrile, de selles liquides, de vomissements ou de douleurs abdominales. Face à l’un ou l’autre de ces symptômes, les parents doivent garder leur enfant chez eux. S’il tombe malade durant sa journée en collectivité, à charge pour les professionnels de contacter rapidement la famille pour qu’elle le ramène au domicile. Attention, si le petit respire rapidement, ou qu’il semble gêner pour reprendre souffle, qu’il souffre de tachycardie ou que des marbrures apparaissent sur sa peau, il y a urgence ! Il faut voir un médecin immédiatement. Dans les cas moins alarmants, la consultation s’impose également, mais de façon moins hâtive.

Consultation médicale
Seconde étape indispensable, l’auscultation médicale pour un examen clinique, notamment des tympans (otoscopie). Si nécessaire, le docteur réalisera peut-être d’autres tests. « Il peut s’agir de Tests de diagnostic rapides (TDR), tels qu’un streptotest (bandelette urinaire) ou d’un prélèvement sur écouvillon dans la gorge, précise le Dr. François Vié Le Sage.  Le médecin peut également pratiquer des Test rapides d’orientation (TROD) avec une simple piqure au bout du doigt. Ces analyses vont lui permettre d’écarter ou de diagnostiquer des infections telles que la grippe, l’angine, une virose éruptive, la scarlatine, par exemple. »  Le soignant va devoir également déterminer si des notions de cas de COVID-19 existent ou non dans l’entourage de l’enfant. S’il n’y en a pas et qu’il identifie une maladie commune chez son jeune patient, celui-ci n’aura pas besoin de subir un test PCR. En revanche, s'il ne parvient pas à reconnaître la pathologie infectieuse ou s’il apprend qu’il existe des cas de COVID-19 autour de l’enfant, les sociétés de pédiatrie recommandent de pratiquer une PCR.

Retrouvez la présentation de l’algorithme
 
Article rédigé par : Marie-Sophie Bazin
Publié le 14 mai 2020
Mis à jour le 01 juin 2020