Fiche maladies et petits maux

Les régurgitations

Fréquentes chez les bébés, les régurgitations inquiètent beaucoup les parents. Vous pouvez les rassurer, ces renvois sans effort ni nausée sont le plus souvent sans gravité. Une fois confirmé leur caractère bénin par un médecin, quelques précautions à l’heure du repas suffisent le plus souvent à diminuer l’intensité de ce reflux.
Les symptômes : des renvois de lait juste après avoir mangé
Avant l’âge de 6 mois, le petit clapet situé en bas de l’œsophage et censé empêcher la remontée du contenu de l’estomac est encore immature. Pas étonnant donc que certains bébés régurgitent après quasiment chaque repas. Que ces régurgitations se manifestent dans les minutes qui suivent la tétée ou à distance, rien d’alarmant. Ce reflux dit physiologique n’est pas douloureux et ne provoque pas de complication.

Le traitement : de nouvelles habitudes à l’heure de la tétée
Au fur et à mesure que l’enfant grandira, qu’il se tiendra plus souvent assis et commencera à manger solide, les régurgitations s’atténueront pour disparaître totalement aux alentours de son premier anniversaire. D’ici là, pour diminuer leur fréquence, il faut avant tout s’assurer que l’enfant ne mange pas trop ou trop vite. Pour rappel, à 2 mois, il doit boire environ 5 biberons de 120 ml. A 3 mois, environ 5 biberons de 150 ml. Et à 5 mois, environ 4 biberons de 210 ml.
La vitesse à laquelle il mange a également son importance. S’il est nourri au biberon, vérifier que le débit de la tétine n’est pas trop rapide. S’il boit un lait pour nourrisson standard, il est possible de le remplacer par un lait épaissi choisi dans la même gamme. Il faut alors utiliser des tétines à débit variable, faire tiédir l’eau avant de mettre la poudre et agiter très fort avec un disque obturateur, de haut en bas, pour éviter la formation de grumeaux qui risqueraient de boucher la tétine.
Si l’enfant est nourri au sein, la survenue des régurgitations est généralement moindre, bébé avalant moins d’air qu’au biberon. Il se peut toutefois qu’une trop grande quantité de lait arrivant brutalement par jets au fond de sa bouche en début de tétée explique ses renvois. Vous pouvez alors conseiller à la maman d’évacuer les premiers jets manuellement avant de l’allaiter. Et de s’arranger pour qu’il ne se précipite pas trop avidement sur le sein. 

Dans tous les cas, au sein et à fortiori au biberon, il est essentiel de lui faire faire un ou plusieurs rots pendant et à la fin de la tétée. Lorsqu’il a fini de boire, l’enfant doit être maintenu en position verticale pendant une vingtaine de minutes ou dans un transat qui respecte la courbure de son dos. Mieux vaut éviter de l’installer en position demi-assise, cela comprime son estomac. Attention aussi aux vêtements et aux couches qui serrent la taille.
Dernière précaution : ne pas fumer dans l’entourage de l’enfant. Il a été démontré que le tabagisme passif était un facteur aggravant du RGO.
Parallèlement à la mise en place de ces mesures hygiéno-diététiques et bien qu’il n’y ait pour le moment aucune recommandation établie en la matière, vous pouvez indiquer aux parents que l’homéopathie et l’ostéopathie peuvent être utiles sur les reflux non pathologiques. Recourir à ces thérapies leur permet souvent de se sentir moins démunis, moins impuissants et de mieux vivre ces épisodes.

A noter : les régurgitations ne sont en aucun cas une contre-indication au couchage à plat sur le dos. Surélever légèrement la tête du lit n’est d’aucune utilité.
Ne pas confondre avec : Un reflux gastro-oesophagien pathologique
Article rédigé par : Aurelia Dubuc. Merci au Pr Frédéric Gottrand, pédiatre gastro-entérologue au CHRU de Lille
Modifié le 25 août 2017