Belle mobilisation des professionnels de la petite enfance

Aujourd'hui 6 octobre, à l’appel du Collectif pas de bébés à la consigne, nombre de professionnels se sont mobilisés et sont descendus dans la rue pour protester contre la réforme des services aux familles, plus précisément le dernier arrêté publié le 29 juillet, et clamer leurs revendications salariales. Un succès qu’un appel à la grève n’avait pas connu dans ce secteur depuis 4 ans, début de la concertation sur la réforme.

Une forte mobilisation dans tous les secteurs
Ce jeudi 6 octobre, la grève des professionnels de la petite enfance a touché tous les secteurs : public,  marchand  et associatif. Une telle participation, au-delà des revendications affichées, souligne le ras-le-bol de professionnels qui veulent être reconnus, écoutés et (re)valorisés.  Avec un slogan : Non à la grande braderie de l’accueil du jeune enfant.
Ils étaient, selon Pas de bébés à al consigne, environ 5000 dans les rues de Paris et devant le Ministère des Solidarités et de la Santé où une délégation de 7 personnes a été reçue pendant deux heures par le cabinet de Jean-Christophe Combe, le ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées.
A Lyon, on en comptait 1500, à Nantes 1000, à Nice 500, 200 à Rennes pour ne citer que ces villes.
Et cela s’est concrétisé par des fermetures de crèches. A Nancy, 5 crèches municipales sur les 6 existantes étaient fermées, deux haltes garderies sur 3. A Alès, les 6 crèches municipales ont fermé leurs portes. A Paris, dans le groupe Crescendo SOS, 20 crèches étaient totalement fermées et 4 partiellement.
Mieux, généralement le secteur marchand est peu touché par ce type de mouvements. Cette fois ce ne fut pas le cas. Et, selon le Collectif, de nombreuses professionnelles de crèches privées se sont associées au mouvement. La FFEC n’infirme, ni ne confirme.
A noter que cette mobilisation était soutenue par certains centres de formation comme le CERPE ou le Centre Saint-Honoré tandis que certains gestionnaires (privés non lucratifs ou publics) tout en comprenant les motivations des professionnels exerçant dans leurs structures préféreraient d’autres modes d’action, plus constructifs et moins néfastes à leur équilibre économique.

Un rendez-vous décevant
La délégation de Pas de bébés à la consigne est semble-t-il sortie bredouille du ministère ! C’est le directeur adjoint du cabinet de Jean-Christophe Combe, chef du pôle petite enfance qui a reçu la délégation. Cette rencontre prévue sur une heure en a duré 2, mais néanmoins tous les points que souhaitait aborder le Collectif n’ont pu l’être.
Selon Emilie Philippe, membre de la délégation de Pas de bébés à la consigne, « le rendez-vous a très décevant ».  Et d’expliquer : « Nous voulions aborder 5 points, nous n’avons pu aborder le dernier qui était sur le reste à charge des familles. Néanmoins sur les autres questions cela a été une fin de non-recevoir. Sur les articles 2, 3 et 5 de l’arrêté du 29 juillet, il nous a été confirmé que le ministre ne reviendrait pas dessus. Sur la question des revalorisation salariales, on nous a confirmé qu'il n’y aurait pas de prime Ségur pour notre secteur mais que le ministère avait pris l’engagement qu’il y aurait des négociations avec les organisations salariales et que des revalorisations auraient lieu dans les 5 ans à venir.
Notre troisième point concernait les formations. La position du ministre reste la même, c’est l’affaire des régions de créer des places de formations, pas celle de l’État. Nous avons souligné que ce n’est pas l’État qui crée la place de crèches et que pourtant il prend des objectifs de création. Il pourrait faire de même pour les places de formation.
Enfin, sur notre revendication concernant les taux d’encadrement à savoir dans un premier temps 1 pro pour 5 non marcheur, et 1 pro pour 7 marcheurs (au lieu de 8 actuellement), il nous été rétorqué que la réforme venait d’être votée (ndlr : 1/5 non marcheurs, 1 pour 8 marcheurs, ou 1/6 quel que soit l’âge) et qu’il ne serait pas judicieux de revenir dessus
. »

Le Collectif n’a pas dit son dernier mot et entend bien poursuivre la mobilisation pour obtenir gain de cause.

NB. Nous reviendrons plus longuement sur cette mobilisation dans notre Lettre Hebdo 64 de lundi prochain.
 


 
Article rédigé par : Catherine lelièvre
Publié le 06 octobre 2022
Mis à jour le 11 octobre 2022