COG 2018-2022 : les objectifs de création de places en crèche revus à la baisse

On les avait jugés bien timides et pourtant ils ne seront pas atteints ! La Convention d’Objectifs et de Gestion (COG) 2018-2022 prévoyait la création de 30 000 places de crèches notamment dans les quartiers dits fragiles. Aujourd’hui Cnaf et Ministère sont d’accord sur un même chiffre : en 2022 entre 12 000 et 15 000 places de crèches seront créées. Au mieux.

Adrien Taquet, le Secrétaire d’État à l’Enfance et aux Familles
, lors de son audition par la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, le 21 octobre l’a laissé entendre clairement :  l’objectif des 30 000 places ne sera pas atteint. « Ce que je peux vous dire, va-t-il expliqué, mais ce n’est pas un engagement, c’est que de façon raisonnable, on peut penser, on peut espérer la création de 12 000 à 15 000 places d’ici 2022 ». Et d’évoquer le contexte électoral, « la décision de création de places repose pour partie sur les exécutifs municipaux et nous sortons d'une période d’élections municipales, avec une longue campagne notamment à cause de la crise sanitaire… ce qui a gelé nombre de décisions. C’est un des facteurs qui explique le retard pris » a-t-il conclu.

De son côté Pauline Domingo, directrice du département enfance, jeunesse, parentalité de la Cnaf, invitée de La Rentrée de la Petite Enfance que notre site organise en partenariat avec Accent petite Enfance, L’ACEPP, la FFEC et l’AMF, ce même mercredi 21octobre, a donné des chiffres similaires. « Aujourd’hui a- t-elle précisé les prévisions à date indiquent que nous serons entre 40% et 50% des objectifs à l’horizon 2022. C’est un objectif que l’on pilote, et que l’on on suit tous les 6 mois …Or, avec le décalage des élections municipales, la crise sanitaire liée COVID -19, nous avons vu notre indicateur à 2022 diminuer au fil de ces derniers mois.  Aujourd’hui nous avons les fonds pour financer des créations de places mais il nous faut trouver des projets, des co- financements et de l’investissement partenarial.
Nous avons des fonds négociés lors de la COG et nous ne pouvons pas les dépenser. »
 

Les élections municipales en deux temps qui ont eu pour conséquence de geler nombre de décisions, la crise sanitaire qui a fragilisé les gestionnaires et freiné les ardeurs des porteurs de projets … Les raisons invoquées sont sans doute justes, mais n’oublions pas qu’avant même ces événements, le retard sur les objectifs était là : en début d’année moins de 10% des objectifs de la COG étaient atteints. Il y a donc probablement, au-delà de ces explications d’ordre conjoncturel, des raisons plus profondes à ce déficit de création de places.
 
Article rédigé par : CL
Publié le 22 octobre 2020
Mis à jour le 22 octobre 2020