Comment les crèches privées rivalisent avec les autres modes d’accueil

L’institut de recherche Xerfi a publié une étude le 14 février dernier sur le développement des établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE) privés. Ils connaissent en effet une très forte croissance : 15% des places en crèches sont aujourd’hui gérées par des gestionnaires privés, alors qu’avant 2004, la quasi-totalité des crèches étaient des établissements municipaux. L’activité du secteur a triplé depuis 2010, dépassant le milliard d’euros de chiffre d’affaires. Intitulée « Les crèches privées à l’horizon 2020 », cette étude s’intéresse aux modèles économiques, marges, leviers de croissance et perspectives d’activité des gestionnaires. Elle fait ainsi une analyse complète de la situation actuelle et livre ses prévisions pour le marché des crèches privées d’ici l’année 2020. Ce travail de prospection tient notamment compte des premiers résultats du plan gouvernemental 2013-2017 pour l’accueil des enfants de moins de 3 ans.

Les auteurs de l’étude rappellent d’abord les évolutions sociétales qui favorisent l’accueil des enfants en-dehors de la famille : le niveau élevé du taux d’activité des femmes, la faible préscolarisation des enfants... Puis le modèle économique des crèches privées, en soulignant la concurrence avec les crèches publiques ou associatives et les assistants maternels. Ils dégagent ainsi les axes de développement des gestionnaires pour rivaliser avec ces modes d’accueil souvent plus abordables pour les familles.

Le développement rapide des micro-crèches. Une grande partie des porteurs de projets créent des micro-crèches. Plus rapide mais plus coûteux, leur développement par croissance externe est privilégié par les gestionnaires disposant de ressources financières importantes. Les chercheurs prennent l’exemple de Babilou dont la présence se renforce en Ile-de-France avec l’acquisition de Kid’S Cool (réseau de crèches collectives et inter-entreprises).
Des projets pédagogiques très spécifiques. L’étude de Xerfi souligne comment, à défaut de pouvoir se différencier par les prix, les gestionnaires de crèches privées misent sur la spécificité de leur offre : des contenus pédagogiques particuliers, un positionnement écologique ou encore des outils numériques. Ici les auteurs étudient les éléments de différenciation des réseaux Crèche Attitude et People & Baby.
Un encadrement de qualité des professionnels. Les gestionnaires ont tendance à déployer une grande politique de formation afin de faciliter le recrutement, mieux impliquer leurs salariés et les fidéliser pour éviter le turn over.
La diversification de l’offre de services. Pour obtenir de nouvelles sources de revenus, certains réseaux de crèches élargissent leur offre aux services à la personne : baby-sitting, aide aux devoirs, ménage, etc.
S’implanter à l’étranger. Enfin l’étude de Xerfi explique que les plus grands réseaux de crèches privées français s’implantent sur des marchés étrangers à fort potentiel, avec l’exemple de Grandir (Les Petits Chaperons Rouges), nouveau numéro 3 sur le marché britannique, et Crèches de France qui se déploie en Europe de l’Est.


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Article rédigé par : A.B.B.