Covid-19 : la Société Française de Pédiatrie soutient l’école en présentiel

Associée à d’autres sociétés de pédiatrie, la Société Française de Pédiatrie (SFP) avait déjà rédigé un communiqué le 26 janvier en faveur du maintien de l'ouverture des écoles et des crèches. En collaboration avec Santé Publique France, la société savante a évalué l’impact de la réouverture des écoles en septembre et octobre derniers, au pic de la circulation du covid-19. Elles ont conclu que la décision qui avait été prise d’accueillir les enfants en présentiel dans les écoles était justifiée. L’article a été publié il y a quelques jours dans la revue Archives de Pédiatrie. 

Pour cette estimation, la Société Française de Pédiatrie a analysé les chiffres des semaines 34 à 42, soit du 17 août au 25 octobre 2020, fournis par Santé Publique France et le ministère de l'Éducation nationale. 

Les taux les plus bas de résultats positifs de PCR pour les 0-5 ans
Durant la période étudiée tous les indicateurs (cas identifiés par PCR, taux de positivité, taux d’incidence) ont augmenté et ce dans tous les groupes d’âge.
  • Le nombre de cas identifiés par test PCR est passé de 28 009 à 174 141. 
  • Les tests PCR positifs sont passés de 3,8% à 14,1% respectivement à la semaine 34 et la semaine 42
La circulation virale a été prédominante dans la tranche d'âge 18-29 ans et plus basse chez les enfants : à la semaine 42, les adultes de 30 à 49 ans étant considérés comme référence, les enfants entre 0 et 5 ans avaient les taux les plus bas de résultats positifs de PCR, entre 6 et 8%. En comparaison, les enfants et adolescents de 6 à 17 ans avaient des taux de positivité intermédiaires, compris entre 9 et 11%. 

Des taux d’incidence bas chez les 0-5 ans
Les enfants entre 0 et 5 ans ont continué à avoir une faible incidence, avec une augmentation modeste entre la semaine 34 et la semaine 42. Le rapport des taux d'incidence était de 0,09 pour les enfants âgés de 0 à 5 ans, 0,31 pour les enfants âgés de 6 à 10 ans, 0,64 pour les enfants âgés de 11– 14 ans et 1,07 pour ceux âgés de 15 à 17 ans. 

Les 0-2 ans : 48% des hospitalisations pédiatriques
Les nourrissons de 0 à 2 ans représentaient 48% de toutes les hospitalisations pédiatriques (0-18 ans) et 43% des admissions en soins intensifs.
Les enfants et adolescents représentaient 1,9% des patients nouvellement hospitalisés entre la semaine 34 et la semaine 42, et 1,3% des nouvelles admissions en soins intensifs. 
Parmi les enfants et adolescents infectés, 57% étaient asymptomatiques était de 57% à la semaine 34 et 48% à la semaine 42. 

Peu de clusters dans les crèches
Le nombre d'écoles fermées est resté faible, moins de 1% des écoles ont été fermées durant la période étudiée et le nombre d’enseignants testés positifs a été cohérent aux données mesurées dans la population générale.
Le nombre de clusters investigués en crèche, moins de 3%, a représenté une part très minoritaire des clusters sur le territoire national.

Ces résultats renforcent plusieurs études antérieures qui suggèrent que les enfants sont moins sensibles à l'infection et transmettent moins le COVID-19. Cela justifie a posteriori « la poursuite de l'ouverture d'écoles dans le contexte français de la période d'étude. »

Rappel des indicateurs
  • Taux de positivité : le taux de positivité est le calcul du pourcentage de cas positifs par rapport au nombre de tests. Il est aujourd’hui de 6.5%
  • Le taux d'incidence : c’est le nombre de nouveaux cas détectés sur 7 jours glissants pour 100 000 habitants. En France, ce taux est reparti à la hausse : 206,8 pour 100 000 hab. soit une augmentation d'environ 16 % par rapport à la semaine dernière. Cette augmentation a conduit le gouvernement à prendre des mesures de confinement plus strictes dans certaines régions où il est particulièrement élevé comme les Alpes-Maritimes et la région de Dunkerque.

Source : ScienceDirect
 
Article rédigé par : Isabelle Hallot
Publié le 25 février 2021
Mis à jour le 28 mars 2021