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Les 4 recommandations des élus petite enfance pour en finir avec les crèches « low-cost»

Les adjoints élus petite enfance montent au créneau contre la marchandisation des modes d’accueil, suite à la publication du livre de Victor Castanet. Ils réclament une réforme profonde du système.   

Suite à la parution des Ogres de Victor Castanet, les élus Petite Enfance de Marseille, Lyon, Bordeaux, Lille et Dijon (tous membres de France urbaine) ont dévoilé, lors d’une conférence de presse au Sénat ce mardi, les mesures indispensables pour sortir le secteur de la petite enfance de la crise. Le livre de Victor Castanet  a démontré de façon criante les dysfonctionnements structurels des crèches : effets délétères des DSP, argent public aspiré par des groupes privés…

« Tout un faisceau de preuves qui dessinent un système à bout de souffle qu’il faut changer en profondeur, a déclaré Steven Vasselin, adjoint Petite Enfance à la ville de Lyon, en préambule de la conférence de presse. Le secteur ne parvient plus à recruter et à fidéliser : il manque aujourd’hui 15 000 professionnels. » Il ajoute : « En tant qu’élus communaux, nous sommes les premiers employeurs des crèches, nous avons une légitimité et une expertise.» 

Remise à plat du financement national de la petite enfance et réorientation des fonds publics vers le secteur public et non lucratif 

Tous dénoncent la PSU qui « a cassé le service public et amplifié  les effets négatifs de la lucrativité » selon les mots de Fannie Le Boulanger, adjointe au maire petite enfance à Bordeaux.  Pour les élus, il faut remettre à plat le financement national de la petite enfance et réorienter l’effort national vers le secteur public et  privé non lucratif (associations ou ESS)

Instauration de montants plancher pour financer les berceaux

La remise à plat passe par la fixation d’un montant plancher par berceaux pour les financeurs des crèches quelle que soit la gestion (DSP, subvention ou réservation de berceaux ) pour en finir avec le low cost . « Un montant minimum pour assurer la qualité de l’accueil », ajoute l’adjointe petite enfance de Bordeaux.

Un ministère de plein exercice avec un prisme éducatif 

Alors que le SPPE sera effectif dans moins de trois mois, les élus réclament un ministère  de l’enfance de plein exercice avec un prisme éducatif pour la petite enfance. Car aujourd’hui, c’est la Cnaf qui finance l’accueil de la petite enfance par le biais de la COG. « Ce service de la petite enfance n’est pas discuté dans nos assemblées, son budget échappe à tout débat, regrette Steven Vasselin. Il est temps de considérer la petite enfance comme une politique éducative à part entière.»

Renforcement des congés postnataux

Enfin, dernière recommandation, la réforme profonde du système doit passer par un questionnement sur les congés parentaux. « Les parents doivent avoir un libre choix sans être économiquement contraint, souligne Fannie Le Boulanger. Un parent doit pouvoir rester la première année auprès de son enfant s’il le souhaite, comme c’est le cas dans les pays scandinave.» 

Prochaine étape ? Les élus ont annoncé qu’ils allaient  travailler en collaboration avec des députés à une proposition de loi toute dédiée à la petite enfance. Ils souhaitent porter une réforme en profondeur du financement des modes d’accueil (assistantes maternelles et crèches) et des congés postnataux.

Candice Satara

PUBLIÉ LE 24 septembre 2024

MIS À JOUR LE 25 septembre 2024

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