Ecole maternelle : les nouvelles attentes des parents

L’association de parents d’élèves de l’enseignement libre (apel) a réalisé un sondage intitulé « Maternelle, quelles ambitions ? » sur les attentes des parents quant à l’évolution de l’école maternelle. Un sujet au cœur des préoccupations gouvernementales, en témoignent les Assises de l’Ecole Maternelle qui se sont tenues en mars dernier. Elles avaient réuni de nombreux professionnels et experts de l'enseignement et de la petite enfance pour réfléchir sur les enjeux de l'école maternelle, la revalorisation du rôle des Atsem, le lien entre les lieux d'accueil du jeune enfant et l'école...  Le Président Emmanuel Macron y avait d’ailleurs annoncé l’instruction obligatoire dès l’âge de 3 ans.

Avec cette enquête ce sont cette fois les parents qui donnent leur point de vue. L’association a fait appel à l’institut BVA pour la réaliser : elle a été menée en ligne auprès de 602 parents d’enfants scolarisés de la maternelle au supérieur du 23 au 26 octobre 2018. Les résultats ont été dévoilés hier, mercredi 28 novembre, lors d’un petit-déjeuner au Sénat qui a réunit experts, enseignants, parents d’élèves et chefs d’établissements. Ils représentent le point de départ de la réflexion sur les enjeux de l’école maternelle. A savoir comment la rendre plus innovante, plus pertinente et faire en sorte qu’elle permette à tous les élèves de maîtriser les fondamentaux et de s’épanouir. Voici les grandes tendances qui s’en dégagent.

Une approche plus personnalisée de chaque enfant
Les parents interrogés ont dans l’ensemble une vision positive de l’école maternelle, même si seulement 22% déclarent avoir une opinion très positive. Ils considèrent en revanche à 81% qu’elle doit évoluer dans la manière dont elle aborde l’apprentissage de l’autonomie, et souhaitent qu’elle évolue dans l’apprentissage par expérience (83%), l’apprentissage de la conscience de soi (86%) et l’apprentissage de la place de l’autre (88%). Des souhaits qui témoignent, non pas d’une défiance, mais d’une attente forte sur la manière d’aborder l’enfant personnellement : à la lumière des neurosciences (intelligences multiples, apprentissages kinesthésiques…). Une école qui prenne donc davantage en compte les différences entre les enfants, qui pense une approche plus personnalisée des apprentissages et qui donne plus de place aux expériences sensorielles.

Favoriser l’éveil et le développement de l’enfant dans toutes ses dimensions
Selon les résultats observés, les parents considèrent que les deux piliers principaux autour desquels s’articulent les missions de l’école sont l’acquisition des connaissances de base et l’apprentissage de la vie en groupe, des règles de comportements en communauté. En termes de priorités pédagogiques, l’éveil (et le développement) de l’enfant arrive en premier dans les préoccupations des parents : 28% en font la priorité principale et 60% le citent. Ainsi les parents considèrent qu’il faudrait orienter les pédagogies vers la confiance en soi des élèves en les mettant en situation de réussite (79%), vers le bien-être des enfants (76%), vers la coopération et le travail en groupe (72%).

Des professionnels plus nombreux et mieux formés
Les parents ont souligné les bienfaits de la scolarisation dès l’âge de 3 ans, notamment une socialisation plus facile des enfants (90%), un meilleur éveil (87%) et la réduction des inégalités sociales et linguistiques (75%). Egalement interrogés sur la question des moyens, ils sont 68% à juger prioritaire une augmentation du nombre d’enseignants et d’Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) et 63% à considérer qu’il faut renforcer leur formation. Des mesures qui permettraient d’encadrer de manière plus personnalisée les enfants, de renforcer la qualité des apprentissages, de garantir un accompagnement pédagogique et affectif des petits.


Source : apel
Article rédigé par : A.B.B.
Publié le 29 novembre 2018
Mis à jour le 29 novembre 2018