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Siège auto : vive le dos à la route !

Connaissez-vous le « rear-facing » ? Ce terme anglophone qui signifie littéralement « face à l’arrière » n’est pas nouveau. Pourtant, c’est assez récemment que cette notion s’est développée sur le marché français des sièges autos. De quoi s’agit-il ? D’encourager, pour raisons de sécurité, le transport des enfants dos à la route le plus longtemps possible.


 
Dos à la route : la Suède pionnière
Voici plus de 30 ans que la majorité des enfants suédois circulent dans le sens contraire de la marche, au moins jusqu’à leur 4 ans. C’est dès les années 60 que le Professeur Bertil Aldman de l’Université de Techno- logie Chalmers à Göteborg, bientôt suivi par Thomas Turbell, responsable du centre de test de collisions à Linponking, ont encouragé la création de sièges autos orientés vers l’arrière. S’inspirant des astronautes, les deux chercheurs étaient convaincus des avantages de cette position pour protéger les plus jeunes lors des trajets en voiture. A force d’entêtement, ils ont permis de prouver le bien-fondé de leurs démarches, évitant ainsi de graves blessures suite à un choc frontal à des générations de petits suédois. Une étude de la compagnie d’assurance Folksam, citée par la marque de Volvo a montré que le transport des enfants dos à la route était cinq fois plus sûr qu’en les installant face à la route.

Pourquoi le dos à la route est-il plus sûr ?
En cas de collision frontale, la tête d’un passager orientée vers la route est projetée en avant avec une violence inouïe. Or, en raison de leur morphologie, le crâne des tout-petits s’avère surdéveloppé, et donc plus lourd, comparativement au reste de leur corps (25 % de leur poids total contre seulement 6 % chez les adultes). Les plus jeunes sont donc beaucoup moins bien armés que les adultes pour supporter une telle pression ! En outre, leur squelette mou et fin, en pleine croissance, leur colonne vertébrale souple, leurs vertèbres cervicales fragiles, leur musculature et leurs ligaments peu développés les rendent, là encore, particulièrement vulnérables en cas de traumatismes. Cela les expose à des lésions cérébrales bien plus graves que leurs aînés. Aussi, un petit commençant à se tenir assis avec la tête droite ne doit pas faire illusion ! Dans les faits, son crâne ne sera complètement formé qu’à l’âge de 20 ans. Un siège auto adéquat, placé dos à la route, limitera donc grandement les risques de blessure en aidant l’enfant à encaisser le choc sur l’ensemble de son dos et l’arrière de sa tête, plutôt que de le concentrer sur son coup frêle ! Selon une étude de la marque Joie, cette façon de voyager diminue de 70% les risques de traumatismes crâniens, de 73 % les tension du cou et de 34 % les effets de rotation du cou !

Dos à la route :  ce que dit la législation
Aujourd’hui, la loi française est moins contraignante qu’en Suède. Elle impose les voyages dos à la route pour les bébés de moins de 9 kg (pour les sièges avec la norme R44) et jusqu’à 15 mois et 80 cm minimum (pour les sièges avec la nouvelle norme R129). La nouvelle norme R129, ou Isize, lancée en juillet 2013, qui classe les sièges selon la taille et non plus du poids des petits prolonge donc l’obligation de voyager dos à la route pour les enfants, renforçant ainsi leur sécurité en voiture. Malgré tout, on est encore loin du modèle suédois.

Dos à la route :  encore trop d’a priori
Cela s’explique sans doute par certaines « réticences » liées à une simple méconnaissance du sujet. D’aucuns évoquent, par exemple, le manque d’espace pour les jambes alors que les plus jeunes ont une tendance naturelle à les replier lorsqu’ils sont assis. D’autres, craignent un rétrécissement du champ de vision alors que le pare-brise et les fenêtres arrière offrent un superbe panoramique. Enfin, certains considèrent qu’une orientation de l’enfant dans un sens opposé à celui du conducteur ou de la conductrice risque de limiter les interactions de l’enfant avec son entourage. La réponse des experts cités par la marque Joie a le mérite d’être claire : « La sécurité est plus importante que l’interaction sociale ». Et puis, depuis quand ne pas regarder dans la même direction empêche les échanges ?



 

Dos à la route : installer le siège auto à l'avant ou à l'arrière ?

Un siège-auto dos à la route autorise le transport des moins de 10 ans à l’avant d’un véhicule. En revanche, l’air bag doit impérativement être désactivé ! Car si celui-ci venait à se déclencher, le choc sur la nuque serait tel qu’il pourrait être fatal à l’enfant.

Article rédigé par : Marie-Sophie Bazin
Publié le 05 mars 2020
Mis à jour le 11 mars 2020