Etude de l’UNICEF : les pays riches ont un impact désastreux sur la qualité de vie des enfants

Le centre de recherche Innocenti de l’UNICEF publie aujourd’hui un nouveau bilan alarmant sur l’environnement et le bien-être des enfants du monde entier. Il constate que malgré le soin que les pays riches apportent à offrir un cadre de vie sain à leurs enfants, paradoxalement ce sont aussi ceux qui contribuent le plus à la dégradation de l’environnement mondial, mettant ainsi en péril l’avenir de cette nouvelle génération. 

Il y a de quoi avoir honte… Selon le dernier rapport de l’UNICEF, « si chaque individu sur Terre vivait comme un Français, il faudrait 2,9 planètes pour couvrir les besoins de l’ensemble de l’humanité. » Et même 5 planètes pour un luxembourgeois, un canadien ou un américain. Le Bilan Innocenti 17 paru ce jour, intitulé « Lieux et espaces : Environnements et bien-être des enfants », a analysé les pratiques des 9 pays de l’OCDE et de l’UE en s’appuyant sur « toute une série d’indicateurs tels que l’exposition à des substances polluantes nocives (pollution atmosphérique, pesticides, humidité du domicile, plomb) ; l’accès à la lumière, aux espaces verts et à des routes sûres ; et les contributions des pays à la crise climatique, à la consommation des ressources et à la production de déchets d’équipements électroniques et électriques (DEEE) ». Le bilan n’est pas glorieux puisqu’aucun des pays étudiés ne parvient à fournir un environnement réellement sain à ses enfants, sur l’ensemble des indicateurs étudiés. Pire, ils contribuent largement à la dégradation de l’environnement mondial par le phénomène de surconsommation : « Non seulement la majeure partie des pays riches ne parvient pas à fournir à ses propres enfants un cadre de vie sain, mais pire, ils contribuent à la destruction de celui d’autres enfants, ailleurs dans le monde », explique Gunilla Olsson, directrice du Centre de recherche Innocenti de l’UNICEF. « Par ailleurs, certains pays offrant des environnements relativement préservés à leur propre jeunesse contribuent fortement à la pollution qui détériore les conditions de vie des enfants dans d’autres pays. » L’Espagne, l’Irlande, le Portugal sont cependant mieux placés dans le classement.
 
Les pays les plus riches ont l’impact le plus marqué 
En ce qui concerne les émissions de CO2, les déchets électroniques et la consommation globale de ressources par habitant, l’étude démontre que ce sont certains des pays les plus riches du globe (Australie, Etats-Unis, Canada) qui ont l’impact le plus fort sur l’environnement mondial et peinent à assurer un cadre de vie sain aux enfants sur leur propre sol quand les pays les moins riches ont un impact moins prononcé. Plus étonnant, ce sont la Finlande, l’Islande et la Norvège, reconnus pour leurs efforts pour fournir un environnement sain et attentif à leur jeunesse, qui sont aux trois dernières places si l’on considère leur impact sur la planète sur ces trois mêmes critères.

Une problématique pesticides inquiétante 
En France, cela se traduit par des inégalités sociales qui affectent les conditions de vies des enfants, un manque criant d’espace verts récréatifs a destination des citadins, des taux élevés de contamination au plomb (1 enfant sur 45 en France)… En Belgique, en Israël, aux Pays-Bas, en Pologne, en République-Tchèque et en suisse, il y a une vraie problématique autour des pesticides : « plus de 1 enfant sur 12 est exposé à des taux élevés de pollution liée aux pesticides. » qui provoquent l’apparition de cancers, leucémies et impactent le système nerveux, cardiovasculaire, digestif, reproductif, endocrinien, sanguin et immunitaire des enfants.

5 recommandations pour préserver les générations futures
Ce bilan de l’UNICEF vient tirer la sonnette d’alarme : pour Gunilla Olsson, il est de notre devoir, « envers nous-mêmes et envers les générations futures de créer de meilleurs cadres de vie pour favoriser l’épanouissement des enfants » En conséquence, l’UNICEF appelle ces pays à prendre des mesures efficaces pour protéger l’environnement et améliorer l’environnement des enfants, par 5 recommandations essentielles : 
  • Réduire la production de déchets, la pollution atmosphérique et aquatique, en s’engagent au niveau local, régional et national. 
  • Améliorer l’environnement des enfants les plus vulnérables. 
  • S’assurer que les politiques environnementales tiennent compte des enfants. 
  • Associer les enfants aux réflexions sur l’avenir, 
  • Agir dès maintenant pour honorer les engagements des gouvernements et entreprises en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050.
Article rédigé par : Laurence Yème
Publié le 24 mai 2022
Mis à jour le 20 juin 2022