Etude : La maîtrise de soi acquise pendant l'enfance conditionne-t-elle le vieillissement ?

La maitrise de soi, les professionnels de la petite enfance y sont régulièrement confrontés avec les jeunes enfants. Ceux-ci ont parfois ( et c'est normal chez les tout-petits) des difficultés à s’autoréguler et à gérer leur comportement et leurs propres réactions. Cette capacité à maitriser ses pensées, ses émotions et ses actes est une des composantes du développement cognitif de l’enfant. Quand elle est mal contrôlée, cela peut se traduire par des comportements impulsifs et des difficultés à gérer la frustration et la colère.

De nombreuses recherches sur la maitrise des émotions
Plusieurs études se sont intéressées au self contrôle. La plus célèbre étant l’expérience connue sous le nom de« test du  Marshmallow »  réalisée dans les années 70  par le psychologue Walter Mishel. Ces derniers jours, une équipe néo-zélandaise dans un article paru  dans la revue « Proceedings of the National Academy of Sciences » a révélé que la capacité à contrôler ses propres émotions, ses pensées et ses comportement au début de la vie ouvre la voie à de nombreux résultats positifs plus tard dans la vie. En particulier les auteurs ont montré la relation entre maitrise de soi dans l’enfance et vieillissement.
L’étude internationale de Dunedin a cherché  à savoir si les personnes ayant une meilleure maîtrise de soi dans l'enfance présentaient un vieillissement plus lent du corps et moins de signes de vieillissement cérébral à la quarantaine.  Puis ils ont testé l’hypothèse selon laquelle les personnes ayant une meilleure maîtrise de soi dans l'enfance présentent une meilleure préparation aux besoins qui surviennent plus dans la vie sur un plan sanitaire, financier et social. Cette étude de grande ampleur est réalisée depuis plusieurs décennies. Elle a englobé 1 037 enfants nés entre 1972 et 1973 inclus alors qu'ils étaient âgés de 3 à 11 ans.

Les personnes avec avec une bonne maîtrise de soi dans l’enfance ont mieux vieilli
Les chercheurs ont quantifié  la maîtrise de soi des enfants au cours de leur première décennie de vie (ils ont sollicité  les enfants eux même, les parents, les enseignants et mesuré le manque de contrôle, l'agressivité impulsive, l'hyperactivité, le manque de persévérance, l'inattention…). A la quarantaine, ils ont mesuré leur rythme de vieillissement à l'aide d’examens biologiques et physiologiques, de scintigraphies structurelles du cerveau, de notes d'observateurs, d'auto-rapports, de rapports d'informateurs et de dossiers administratifs.
Les chercheurs ont constaté que les enfants ayant un degré élevé de maîtrise de soi avaient, en moyenne, vieilli mieux que ceux qui avaient été identifiés comme ayant une faible maîtrise de soi. Ils présentaient également moins de signes de vieillissement cérébral et étaient en meilleure santé. Ils ont aussi dévoilé qu’ils étaient plus aptes à  prévoir les changements  à venir concernant la santé, les finances et les relations sociales. Les chercheurs ont également constaté que le groupe « meilleure maitrise de soi » réussissait mieux financièrement et socialement indépendamment du QI et du statut socio-économique pendant l'enfance.
Les résultats de cette étude suggèrent que la maîtrise de soi dès l’enfance pourrait être un paramètre positif du vieillissement en bonne santé. Les chercheurs rapportent que les enfants ont également changé naturellement leur niveau de maîtrise de soi tout au long de la vie adulte, ce qui suggère la possibilité que la maîtrise de soi puisse être un paramètre modulable.
Agir sur la maitrise de soi pour une meilleure qualité de vie
Les chercheurs suggèrent de se concentrer sur les enfants ayant des difficultés à se maitriser pour leur permettre une  plus longue et une meilleure qualité de vie.




 
Article rédigé par : Isabelle Hallot
Publié le 06 janvier 2021
Mis à jour le 06 janvier 2021