Etude : la végétalisation des lieux d'accueil bénéfique pour la santé des enfants

Une étude finlandaise a montré que dans les garderies où l’on avait recouvert les cours de pelouse de sol forestier (bruyère et myrtillier arbustif), de blocs de tourbe et installé des jardinières de plantes annuelles, les enfants développaient un meilleur système immunitaire. 

Pour réaliser leur études les chercheurs sont partis du principe qu'un environnement riche en biodiversité a un impact sur notre immunité et qu’une perte de biodiversité comme c’est le cas en zone urbaine pourrait être responsable de l’accroissement des maladies immunitaires. 

Les auteurs finlandais ont rappelé que :
  • l’environnement urbain  restreignait la richesse du microbiote et augmentait l'exposition aux bactéries pathogènes. 
  • un niveau d'hygiène élevé et un mode de vie urbain occidental (consommation d'aliments transformés et utilisation d'antibiotiques) influençait également le microbiote intestinal humain. 
  • les polluants urbains altéraient les communautés microbiennes associées à la santé humaine et aux maladies à médiation immunitaire (comme le diabète de type1, les maladies inflammatoires de l'intestin, la polyarthrite rhumatoïde et la sclérose en plaques). 
Tous ces facteurs peuvent entraîner un déséquilibre  de l’écosystème microbien, appelé dysbiose, qui a été associé à des maladies à médiation immunitaire.

L’expérience de végétalisation
Les auteurs de l’étude ont voulu savoir si un environnement urbain enrichi en biodiversité pouvait avoir un effet prophylactique contre ces maladies immunitaires. Pour cela, ils ont recouvert les cours de crèches urbaines de tapis forestier et de gazon. L’expérience a été menée auprès de 75 enfants âgés de 3 à 5 ans qui résidaient dans trois milieux de garde différents : 3 garderies avec une cour bétonnée, 4 garderies végétalisées enrichie en biodiversité et 3 garderies orientées « nature » où les enfants visitaient quotidiennement les forêts voisines. Ils ont ensuite étudié le microbiote cutané et intestinal, les taux de cytokines plasmatiques et de lymphocytes T des enfants avant et après la période d'intervention de 28 jours. 

Un système de défense de meilleure qualité
Les chercheurs ont fait effectuer sur les enfants des prélèvements sur des échantillons de selles, de peau  (en prélevant, sur le dos de la main, des cellules au moyen d’un écouvillon) et de sang  au moyen d’une prise de sang. 
Les résultats ont montré que le microbiote intestinal des enfants qui jouaient dans une cour avec un espace vert était plus riche en « bonnes » bactéries, que la flore cutanée était plus diversifiée et que le taux de lymphocyte T, cellules impliquées dans la réponse immunitaire, avait augmenté. Les enfants qui jouaient dans une cour végétalisée avaient un microbiote quasi identique que ceux qui sortaient en forêt tous les jours.

Cette étude Finlandaise est la première à modifier la communauté microbienne environnementale  urbaine d'un enfant, puis à étudier les changements de son microbiote et son système immunitaire. Les résultats s’ils n’apportent pas toutes les réponses soutiennent une idée maîtresse - à savoir qu'un changement des microbes environnementaux peut facilement affecter le microbiote des enfants et donner un coup de pouce à leur système immunitaire. 

Source: Biodiversity intervention enhances immune regulation and health-associated commensal microbiota among daycare children Science Advances 14 Oct 2020
 
Article rédigé par : Isabelle Hallot
Publié le 29 octobre 2020
Mis à jour le 29 octobre 2020