Jeux d’eau : tout ce qu’ils apportent aux petits

Jouer avec l’eau : pourquoi les petits adorent

A la crèche ou chez l’assistante maternelle, proposer des jeux d’eau est une bonne idée et pas seulement en été. Les petits raffolent de cette activité qui, bien que très encadrée, a un air de jeu libre sans être dénuée d’intérêt pédagogique. Explications avec Fabienne Agnès Lévine, psycho-pédagogue et auteur du livre « Une pédagogie du jeu avant 3 ans ».
iStock
petit garçon tuyau d
Il fait une expérience sensorielle agréable
Découvrir l'eau, un des 4 éléments naturels, répond à un besoin naturel et constitue une grande source de plaisir. Probablement parce qu'elle rappelle la vie dans le ventre de la mère, au milieu du liquide amniotique. Jouer avec l'eau est d'abord une expérience sensorielle : sentir l’eau glisser sur sa peau, ressentir la sensation du mouillé et du sec, regarder l'eau couler entre les doigts. La sensorialité est une grande partie de la petite enfance : les jeunes enfants ont besoin de sentir les choses par eux-mêmes et de les éprouver. Les enfants perçoivent les effets du liquide sur leur corps avec joie ou montrent des signes d'inquiétude, qu'il faut respecter. Parfois on les voit tendre leurs bras pleins de gouttelettes comme s'ils étaient étonnés que l'eau mouille ! En plus du bain quotidien, les jeux d’eau sont d'autres occasions de les familiariser avec l’élément et de satisfaire la curiosité des petits chercheurs en herbe : comment l'eau coule-t-elle ? Comment s'arrête-t-elle ? Comment se transforme-t-elle ? Le tout-petit touche, vide, remplit, transvase, observe les transformations, recommence pour vérifier ce qu'il a vu. Le jeu d’eau est aussi une grande expérience corporelle. On peut en effet penser que les enfants ressentent, différemment des adultes, les pressions de l’eau sur leur peau, peut-être comme une sorte de massage.

Il découvre son corps et prend confiance en lui
La sensation de l'eau sur les différentes parties du corps contribue chez le jeune enfant à la construction de son schéma corporel. Surtout si le ou la professionnel(le) met des mots sur ses actions : « tu as posé une main au fond de la bassine », « tes pieds sont mouillés », « regarde l'eau qui coule sur ton poignet »… Une connaissance de lui-même qui l’aide à développer sa confiance en lui. D’autant que c’est une activité dans laquelle il est plus acteur que spectacteur, dans ses actions et ses découvertes : c’est lui qui choisit d'entrer en contact avec l'eau, qui varie les expériences, qui décide d'utiliser tel ou tel accessoire mis à sa disposition. Il exerce son pouvoir sur la matière liquide et découvre les rapports de cause à effet : remuer la main dans l'eau provoque des tourbillons, agiter les doigts à la surface déclenche des bruits de clapotis, maintenir un objet sous l'eau avant de le lâcher fait des éclaboussements…

Il se défoule et se détend
Les possibilités de bouger ou au contraire de se relaxer sont variables selon que l'enfant est assis dans une petite piscine, penché sur un bac rempli d'eau, ou debout (dans le cas de jeux d'extérieur avec un tuyau d'arrosage). En général, le simple fait d'être en contact avec l'eau a un effet apaisant : les enfants réputés trop agités pour rester concentrés plus de dix minutes sur la même activité peuvent surprendre par leur capacité à jouer longtemps à brasser l'eau ou à transvaser. Le jeu d’eau a aussi une fonction compensatoire, surtout entre 18 mois et 3 ans, lorsqu'il perçoit des pressions parentales et sociales autour du contrôle de soi et de l'acquisition de la propreté. Il peut, par ses actions répétées de remplir et vider, de garder à l'intérieur et de faire sortir (dans une bouteille par exemple), rejouer symboliquement les sensations qu'il éprouve dans son corps.
Article rédigé par : Armelle Bérard Bergery
Modifié le 13 novembre 2017