L’éveil des petits passe par la motricité
WESCO

Comment la crèche accompagne la motricité des enfants


Il rampe, attrape les objets, puis se met debout et marche ! Que d’exploits un tout-petit accomplit de sa naissance à 3 ans. A la crèche, les professionnels accompagnent et encouragent les enfants dans le développement de leur motricité. Mais comment ça se passe vraiment ?
Proposer un espace de jeu, des jouets et des activités adaptés à l’âge des enfants est un défi de taille pour les professionnelles qui travaillent en crèche. Au quotidien, elles accompagnent les tout-petits dans leurs découvertes et leurs explorations, en les laissant évoluer librement dans un espace sécurisé. Traditionnellement la crèche est divisée en trois sections : les petits (de 4 à 15 mois environ), les moyens (de 15 mois à 2 ans) et les grands  (de 2 à 3 ans). Dans chacune d’elle des activités spécifiques sont proposées pour répondre au mieux aux besoins des enfants. 

Chez les petits : favoriser la liberté de mouvement
Un enfant rentre au plus tôt à la crèche à 3 mois. A cet âge, un tout-petit a prioritairement besoin d’être entouré et rassuré, c’est ce qu’on appelle la sécurité affective. Le nourrisson  est porté aussi souvent que possible, les professionnels veillent à lui apporter des repères ... Ils assurent un rôle de maternage et, parallèlement, encouragent le bébé dans son développement psychomoteur. Entre 0 et 1 an, un enfant découvre progressivement l’environnement avec ses cinq sens. Il découvre et son corps et les jouets qui lui sont proposés. 
L’aménagement de l’espace à la crèche est organisé de manière à répondre à ses besoins. L’équipe favorise les installations au sol pour lui permette de se déplacer le plus naturellement possible. Des jouets avec des textures et des sons différents sont disposés sur de grands tapis à proximité des enfants. A cet âge, les petits aiment particulièrement toucher, gratter, mordiller les objets. Lorsque les enfants peuvent ramper et se mettre à quatre pattes, des blocs à grimper en mousse et/ou des plans inclinés sont proposés pour l’inciter à se hisser, lui permettre d’explorer la hauteur. La première année, l’enfant peut également découvrir son corps et son environnement avec des porteurs et des chariots de marche. Les professionnels se mettent le plus souvent possible au niveau des enfants, c’est à dire assis sur le sol à côté d’eux afin de les rassurer. Attachement et exploration sont deux besoins liés. 

Chez les moyens : permettre de nouvelles explorations 

Ce groupe est généralement composé d’enfants qui vont ou viennent d’apprendre à marcher d’où l’importance des activités de grande motricité comme les structures avec des tunnels, des tobbogans, des cabanes, des piscines à boules. Le petit enfant a envie de découvrir son environnement et bientôt de courir, sauter, glisser et se cacher. On va retrouver dans cette section tout ce qui est porteur, tricycle, draisienne, cheval à bascule … La deuxième année de crèche, le tout-petit développe aussi sa motricité fine. Il utilise ses mains et ses doigts pour manipuler des objets. Des jeux d’encastrement, d’empilement, de rangement. Un des grands classiques pour accompagner la motricité fine est la semoule, les petits adorent transvaser, remplir, vider. Grâce à cette activité, ils apprennent à coordonner leurs mains et à utiliser des outils. A côté du jeu libre, les professionnels commencent aussi à mettre en place des ateliers encadrés. Les enfants sont séparés en petits groupes pour faciliter la concentration et la découverte d’un matériel, spécifique. 

Chez les grands : il expérimente le monde
 
Dans cette section, les enfants ont déjà acquis une certaine motricité. Pour affiner leurs capacités, des jeux de grande motricité (tapis, toboggan, gros ballon, vélo ...) sont mis à leur disposition. Les enfants continuent d’exercer leur motricité fine avec des jouets de construction et des puzzles. Les professionnels organisent des activités peinture, dessin, pâte à sel, pâtisserie avec des petits groupes. Des ateliers qui vont se rapprocher peu à peu de ce qui sera fait à l’école. Les ateliers en petits groupes sont l’occasion de nouer une relation plus privilégiée avec chaque enfant. Ce sont aussi de grands moments de langage. L’équipe est toujours présente pour encadrer le groupe et encourager l’enfant dans ses expériences. La surveillance est plus proche, mais on laisse le petit aller à son propre rythme. Un enfant comprend plus facilement lorsqu’il cherche lui-même que lorsqu’un adulte lui montre : c’est le principe de la motricité et du jeu autonome. Le parcours de motricité tel qu’on l’entend comme une succession d’enchaînements n’a pas d’intérêt en crèche. Avant 3 ans, un enfant n’est pas encore prêt dans son développement pour ce type d’activité. Le rôle des professionnels est de répondre aux besoins de l’enfant, pas aller au delà de ses possibilités. 
Article rédigé par : Suzanne Godot. Merci à Monique Busquet, psychomotricienne, formatrice.
Modifié le 28 novembre 2016