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Agrément des assistantes maternelles : le département du Nord teste l’évaluation externe

Les assistants maternels du département du Nord n’auront plus directement à faire au service de protection Maternelle et Infantile (PMI) pour demander ou renouveler leur agrément. Ce sont désormais des puéricultrices et des éducateurs de jeunes enfants (EJE) extérieurs aux services de PMI qui se chargeront de les évaluer. Une situation qui inquiète les assistants maternels en question.
Le Valenciennois, le Douaisis et l’Avesnois. Ce sont les trois territoires du département du Nord (59) qui entrent en phase d’expérimentation. En effet, l’évaluation des candidats à l’agrément d’assistant maternel sera maintenant effectuée par des puéricultrices ou EJE extérieurs aux services de PMI. Le 9 août 2019, la PMI a donc délégué la possibilité de transfert de compétence de l’agrément à ces professionnels recrutés par un groupement composé de l’Institut régional de travail social (IRTS) des Hauts-de-France et du Centre régional de formation des professionnels de l'enfance (CRFPE) de Lille.

Ce test, qui fera l’objet d’un bilan, fait suite à une réflexion entamée depuis 2012 par le Département. Le but étant d’alléger l’emploi du temps de la PMI, qui souhaite aujourd’hui réinvestir le champ de la prévention précoce - dans le cadre de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté - et celui de l’accompagnement des professionnels. C’est donc plus de 18 000 assistants maternels agréés qui sont concernés. 

Des compétences remises en question 
« Nous connaissons bien la profession d’assistant maternel car nous sommes déjà l’opérateur du département pour la formation initiale, et nous avons des relations de confiance avec la PMI et les directions territoriales, précise Valérie Savary, responsable de la formation continue et des appels d’offre à l’IRTS. C’est un changement de pratique, mais nous nous situerons uniquement sur l’évaluation, en arrivant avec un regard neutre sur les personnes, car nous ne serons pas chargés de leur suivi, et en rendant un avis ». 

La PMI, le Département et l’ensemble des acteurs de l’externalisation tentent de rassurer au maximum les assistants maternels face à ce changement conséquent. « Car les professionnels peuvent légitimement se poser des questions » explique Sandra Onyszko, directrice de la communication, de la formation et porte-parole de l'Union fédérative nationale des associations de familles d’accueil et assistants maternels (Ufnafaam), les personnes recrutée par l’IRTS et le CERFPE peuvent être des professionnels de crèche ou sortant des services hospitaliers par exemple. « Sur l’expertise de l’accueil du jeune enfant, il n’y a aucun problème, explique-t-elle. Mais concernant les exigences et les contraintes du travail à domicile ou la relation particulière entre le salarié et le parent-employeur, ce n’est pas la même chose. Il faudrait donc que tous les futurs agents soient sensibilisés à ces spécificités. La place de l'employeur doit être étudiée car elle influence tout le cadre de l'accueil ». 

Face à ces inquiétudes, Valérie Savary assure que les évaluateurs, en cours de recrutement, sont « enthousiastes à l’idée d’aller procéder aux évaluations, dans une optique d’échange, dans l’intérêt de l’enfant accueilli et du projet d’accueil ». Selon elle, la plupart d’entre eux auraient travaillé en Relais assistants maternels (RAM) ou auprès des professionnelles, et connaissent les réalités de la profession. 

Les assistants maternels : principaux concernés et principaux exclus 
Afin de mener à bien leur mission, les puéricultrices et EJE recrutés auront accès à une grille d’évaluation permettant d’accorder, de renouveler, ou de retirer un agrément. Selon Sandra Onyszko, cette grille n’a pas été travaillée en concertation avec les assistants maternels. « C’est bien dommage nous aurions apprécié une collaboration sur ces outils car ils sont en lien avec le référentiel National de l’agrément » précise Sandra Onyszko. Les assistants maternels concernés par l’externalisation ont simplement reçu une lettre expliquant le projet en une dizaine de lignes. « Il n'y a pas suffisamment de communication et cela vient nourrir de l’inquiétude, parfois j’ai l’impression que ce qui touche à l'agrément semble pris à la légère. Or c'est juste le droit ou non de pouvoir travailler » insiste Sandra Onyszko. 

Pour l’heure, plusieurs départements, comme le Morbihan ou les Vosges, procèdent déjà à cette externalisation. La porte-parole de l'Ufnafaam tient tout de même à rappeler que « le débat actuel est hors sujet. Il ne s’agit pas de savoir si les futurs agents sont aptes ou non. On aimerait simplement que l’assistant maternel soit remis au cœur du dialogue et de l’élaboration du projet afin que ces expérimentations ne soient pas un échec. Or pour l’instant, on identifie le problème mais on ne donne pas la solution ».
Article rédigé par : Julia Dumoulin
Publié le 02 octobre 2019
Mis à jour le 14 octobre 2019
Ce sujet me fait un peu peur, car il faut bien se l'avouer, bien avant d'évaluer l'assistant maternel sur ses compétences, sur ses savoir faire, sur ses savoir être avec les enfants et les parents, la personne qui vient évaluer reste dans la sécurité stricte et je trouve cela très dommageable pour l'assistant maternel.