Coronavirus : la situation inconfortable des MAM

Soit elles sont ouvertes et ne font pas le plein comme les micro -crèches, soit elles sont fermées parce qu’accueillant plus de 12 enfants comme les crèches. Dans les deux cas, Les Maisons d’Assistants Maternels (MAM) sont dans une situation difficile et toujours en attente d’une éventuelle aide.
Accès au chômage partiel
Les assistants maternels exerçant en MAM sont pour le moment « entre deux. ».  Certes ils peuvent comme leurs collègues exerçant à domicile bénéficier du chômage partiel … mais en plus ils, doivent payer le loyer et les charges de leur local. Or au chômage partiel (80% de leur salaire) sur tous les contrats quand la structure est fermée faute d’enfants ou accueillant plus de 10 enfants, ou sur certains contrats quand ouverte la MAM ne fonctionne pas à plein régime, cela peut devenir très problématique de faire face aux charges. « Quand on fait les calculs note Marie -Ange Marchand présidente de l’association départementale des MAM de Seine-Maritime (76), la perte de salaire liée au 80% plus la perte des indemnités d’entretien équivaut exactement au coût des charges (louer, eau, électricité …) soit 600 à 700 € par assistante maternelle ». D’où l’extrême difficulté dans laquelle se trouvent certaines MAM. C’est sûr, qu'à l'issue de la crise sanitaire, certaines MAM ne s’en sortiront pas et devront fermer.

Aucune aide de la Cnaf
La Cnaf a par deux fois voter des aides aux structures d’accueil. La première fois pour les EAJE publics (27€ par jour et par place fermée) et privés (17€ par jour et par place fermée). Puis pour les micro crèches (17€ par jour et place fermée). Mais rien pour les Maisons d’Assistants Maternels qui pourtant se retrouvent confrontés aux mêmes problèmes que les crèches ou micro crèches selon qu’elles accueillent plus ou moins de 10 enfants.
« Chaque jour nous sommes contactés par des MAM souligne Sandra Onyszko de l’Ufanafam. Et les pertes sont conséquentes. Nous avons alerté le secrétariat d’État de Christelle Dubos. Il faut absolument qu’il y ait des aides pour les MAM. Car il leur faut payer leur loyer. Sans compter toutes les autres charges ! ». A la Direction Générale de la Cohésion Sociale (DGCS), on reconnait qu’il y a un souci pour les MAM. Une réflexion est ouverte avec le cabinet de Christelle Dubos pour essayer de trouver une solution. Mais les MAM sont souvent des associations, les assistants maternels ont des contrats privés avec leurs parents-employeurs respectifs … Pas facile de trouver un système adéquat d’aide.

Les loyers en question
Ce qui pèse le plus évidemment comme pour les micro crèches ce sont les loyers. « Certaines MAM ont pu s’arranger avec leurs propriétaires explique Marie Ange Marchand. Elles ont bénéficié d’un report de loyer. Mais report signifie qu’il faudra bien le payer à un moment … ».
Alain Guarne, responsable des MAM au sein de l’Ufnafaam précise : « Dans mon département les Pyrénées Orientales, nous avons deux MAM qui ont des locaux appartenant à leur commune. Dans les deux cas, les mairies les ont prévenus qu’elles suspendaient les loyers jusqu’à leur réouverture ». Et là ce n’est pas un report, c’est cadeau !
« Quant aux MAM qui sont propriétaires de leurs locaux, les banques les autorisent à différer le remboursement de leur prêt. Donc elles ont moins sous pression »préciset-il encore.

Les MAM en création ou venant d’ouvrir les plus fragilisées
Pour Marie-Ange Marchand, il est clair que les MAM qui souffrent le plus sont celles qui viennent d’ouvrir et qui n’ont pas encore tous leurs contrats avec les familles et celles en cours de création. « Très souvent, les MAM en cours de création, elles ont  fini leurs travaux et commencé à payer un loyer alors même qu’elles attendent la validation des services de PMI. Services qui - confinement oblige - ne se déplacent plus actuellement. Pour elles, c’est vraiment difficile, elles paient, n’ont aucune rentrée et surtout aucune visibilité sur leurs futures rentrées ».

Dernière minute:  coronavirus : une aide pour les MAM votée par la Cnaf.
Article rédigé par : Catherine Lelièvre
Publié le 06 avril 2020
Mis à jour le 09 avril 2020