Alexia, EJE : sa VAE lui a donné des ailes !

Alexia, maman de 34 ans, a appris il y a quelques mois une bonne nouvelle : elle est officiellement Educatrice de Jeunes Enfants ! Elle a fini par réaliser ce projet qui trottait depuis plusieurs années dans un coin de sa tête et a obtenu son diplôme à la suite d’une VAE de six mois. Un parcours atypique pour une passionnée de la petite enfance.
 
Des Etats-Unis à un CAP petite enfance
C’est aux Etats-Unis, où elle a vécu durant 4 ans, qu’Alexia a décidé de se tourner vers la petite enfance. En 2010, elle choisit de passer son CAP par correspondance via le CNED (Centre National des Etudes à Distance) en étudiant seule, de l’autre côté de l’Atlantique. Elle rentre en France pour passer ses examens et finit par s’y réinstaller définitivement après avoir obtenu un poste d’auxiliaire petite enfance dans une crèche associative.

 Un détour par la restauration
Contre toute attente, après avoir passé quelques temps à la crèche « Bout’chou » (Paris), Alexia se tourne vers la restauration et ouvre son propre restaurant. Mais la petite enfance n’est pas très loin : « Le fait de gérer toute une équipe, d’accueillir du public m’a donné confiance en moi. Mais j’avais envie de revenir vers la petite enfance » raconte Alexia.
Elle quitte alors le restaurant et obtient un poste dans une crèche municipale des Hauts-de-Seine.

EJE, « officieusement » et par intérim
Durant deux ans, Alexia exerce dans cette crèche à un poste bien particulier : officiellement engagée en tant que CAP petite enfance, elle se voit proposer de remplacer en réalité une EJE en arrêt longue maladie. « L’idée était d’occuper son positionnement mais de manière officieuse, j’avais toujours le salaire d’un CAP agent technique mais j’avais les missions du poste d’EJE ».
Une révélation pour Alexia : elle sera EJE ! « J’aimais ce côté créatif de l’éducatrice qui se rapproche beaucoup de mes valeurs. Le travail en équipe aussi, échanger, être moteur d’une dynamique de groupe. Mais avant tout, j’adorais la relation qui se tissait avec le parent et qui était totalement différente de celle que j’avais pu avoir en tant que CAP petite enfance. Car plus on acquiert des connaissances, mieux on est à même d’aider les parents. En tant que CAP, j’étais moins formée à aider le parent, ce qui n’est pas le cas de l’EJE. »

Et pourquoi pas une VAE ?
C’est en 2015, alors qu’Alexia est engagée dans une crèche municipale à Boulogne qu’elle découvre grâce à son binôme qu’une VAE d’EJE est possible. « On n’est pas assez informés dans certaines mairies des voies possibles pour les employés, on ne nous pousse pas forcément à passer d’autres diplômes et c’est dommage » explique Alexia.
Une école n’est financièrement pas envisageable, la VAE reste donc bel et bien sa seule option. Alexia donne naissance à son premier enfant et change de structure. Dans son multi-accueil, elle fait la connaissance d’une autre collègue qui est déjà engagée dans une VAE.

Projet différé pour raison de santé
En 2018, on diagnostique à Alexia de gros soucis de santé, c’est l’accident du travail.
Elle décide de ne pas se laisser abattre et de tenter à son tour l’aventure : « C’est comme si la vie me donnait un signe et me disait : passe ta VAE ! La petite enfance c’est le cœur de mon métier, c’est ce que je veux faire, il faut donc que je trouve les moyens pour y arriver ». s’exclame-t-elle
Le livret 1 nécessaire à la VAE n’est pas glamour ! Rébarbatif même. Il demande beaucoup de paperasses et d’administratif. Les candidats obtiennent sous deux mois une réponse quant à l’admissibilité de leur dossier.  Celui d’Alexia a été validé sans problème.

Six mois de travail intensif
Au 1er janvier 2019, Alexia se fixe comme résolution d’obtenir sa VAE. Pendant six mois, elle dit « vivre VAE, manger VAE, dormir VAE » pour résumer son quotidien entièrement tourné vers cet objectif.
La VAE exige beaucoup de rigueur et d’organisation. Il est nécessaire de répondre à 4 domaines de compétences à l’issue du dossier : l’enfant, l’enfant et la famille, le travail en équipe (gestion, management) et le partenariat. « J’étais enceinte de mon deuxième enfant, le premier était gardé par une assistante maternelle. Par ailleurs, avec l’accident de travail, j’avais des arrêts maladies alternés. J’avais donc la possibilité d’écrire dès 6H du matin avec toujours à côté mes notes et mes tableaux excel. C’est grâce à une amie qui avait connu ce stress que j’ai réussi à en venir à bout, elle a été un véritable coach ! »
Six mois en apnée pour Alexia. La VAE est tellement chronophage et angoissante. Elle est d’ailleurs passée par de nombreux moments d’angoisse où elle n’arrivait plus à écrire. Victoire, Alexia est dans les temps, elle envoie son dossier achevé avant l’été. En septembre, elle reçoit une date pour son oral.

Officiellement EJE !
« Il fallait une grosse préparation, c’était trois semaines intensives ! Je venais d’accoucher de mon deuxième enfant et m’entraînais tous les jours devant mon bébé. J’avais des fiches pour chaque module préparé mais je restais quand même très stressée. »
Le jour J pourtant, Alexia est rassérénée : « je sais ce que je vaux ». Elle se retrouve face à deux examinateurs, un éducateur spécialisé et une infirmière, et durant dix minutes elle se présente et évoque son parcours. Elle se souvient d’un dialogue très ouvert, les examinateurs l’interrogeant sur son parcours, ses choix. Ils abordent avec elle les modules présents dans son dossier avec bienveillance.
Dix jours après, c’est la consécration : Alexia est officiellement EJE !

EJE libérale, elle prépare un DU en parentalité
Mais Alexia est une touche à tout et adore s’instruire et entreprendre. Elle a choisi de profiter de son congé maternité pour monter son entreprise car « 9 ans en crèche m’ont donné envie de découvrir autre chose » assume-t-elle. Elle a créé Alphakid.fr, un site de soutien à la parentalité où elle exerce en tant qu’EJE libérale, un métier encore novateur. « C’est une autre aventure qui s’inscrit dans ma vie et j’en suis très contente, la VAE m’a donné l’impulsion de vouloir faire seule. » reconnait-t-elle. Pour elle, être EJE libérale c’est faire preuve d’une grosse méthodologie et poursuivre les recherches comme lors de sa VAE.
En parallèle, Alexia passe un DU en parentalité à l’Institut de Psychologie de Paris pour continuer à se former. Elle a la volonté d’aider les parents, les professionnels de la petite enfance et d’aller au contact des familles.
Son mot de la fin ? Elle encourage tous les professionnels à tenter l’expérience de la VAE : « Rien n’est impossible, c’est un petit bébé qu’on porte, cette VAE.  C’est qui l’on est, elle est unique, et j’encourage tout le monde à la faire ! ».

Vous pouvez la retrouver sur instagram sur son compte @alexia_eje_positive
 
 
Publié le 24 janvier 2020
Mis à jour le 24 janvier 2020