Amandine, une VAE pour réaliser son rêve : être diplômée AP

Il en aura fallu du courage à Amandine : après plusieurs essais infructueux, cette maman âgée d’une trentaine d’années est aujourd’hui titulaire d’un diplôme d’auxiliaire de puériculture obtenu par une VAE. Retour sur un parcours admirable et semé d’embûches qui en aurait découragé plus d’un !
 
Des débuts tâtonnants
Après un BEP Sanitaire et social, Amandine est sûre d’elle : même si elle a envie de travailler avec des enfants, elle ne passera pas par le CAP petite enfance. « J’avais peur de m’enfermer dans une catégorie avec ce CAP. Je voulais avoir le choix, j’étais très têtue et je préférais me tourner vers le diplôme d’auxiliaire de puériculture que je trouvais plus large dans les débouchés qu’il proposait » explique Amandine avec honnêteté.
Elle trouve rapidement une place comme « employée de garderie » en crèche. Initialement nommée pour un remplacement de quinze jours, elle finit par obtenir un CDI dans sa structure où elle prend plaisir à exercer. « Le problème, c’est que je ne pouvais pas évoluer au sein de la crèche et je ne pouvais pas chercher ailleurs car je n’avais aucun diplôme. » précise-t-elle.
Pas de diplôme … C’est justement ce qui a toujours complexé Amandine. Elle tente une première fois le concours d’auxiliaire de puériculture en 2008, qu’elle repassera quatre fois par la suite. « Je ratais à chaque fois le concours de peu, à cause des tests psychotechniques. A l’oral, je ne pouvais pas expliquer mon ressenti, ma passion pour la petite enfance, je perdais à chaque fois tous mes moyens. » avoue-t-elle.
En 2014, Amandine songe sérieusement à passer par la voie de la VAE, un autre biais pour obtenir le diplôme qu’elle souhaite. Mais la charge de travail l’effraye, d’autant plus qu’elle attend son premier enfant.

Se donner une chance de réussir
C’est trois ans plus tard, en janvier 2017, qu’Amandine a son déclic : « Mes conditions de travail s’étaient dégradées, je sentais qu’il me fallait un diplôme. J’exerçais comme AP de manière officieuse mais je n’arrivais pas à me sentir comme une vraie « pro », j’avais un véritable manque de reconnaissance ».
Beaucoup de gens la dissuadent : impossible qu’elle puisse arriver à abattre une telle quantité de travail avec un enfant en bas-âge et un temps plein en crèche. Pourtant, Amandine saute le pas et monte son dossier : « J’ai pu profiter d’un accompagnement mensuel par le GRETA de Grenoble. Durant deux ou trois heures chaque mois, une personne m’aidait et m’aiguillait sur mon dossier. Ça m’a beaucoup canalisé, car cette fois-ci je parlais de mon expérience et je défendais mes idées, je n’étais plus face à des tests psychotechniques qui m’avaient toujours fait perdre mes moyens durant les concours. Mon expérience et mon ressenti primaient sur le reste. »
Après son cours, Amandine prenait à chaque fois le temps de digérer les informations acquises. Elle reconnait d’ailleurs que réfléchir sur ses propres pratiques professionnelles l’a fait évoluer : « Quand on travaille en crèche, le change d’un enfant peut parfois devenir machinal car il s’intègre dans le quotidien, alors que réécrire et déconstruire chaque geste est très intéressant sur la façon d’appréhender les choses : pourquoi dois-je parler à l’enfant en le changeant ? »
 
La reconnaissance tant attendue
Pourtant, les chances n’étaient pas du côté d’Amandine : sa fille avait tout juste deux ans et son compagnon était lui-même en formation. « Je gérais mon travail, la maison, ma fille et le soir je travaillais sur ma VAE » soupire-t-elle.
Mais, contre toute attente, l’abnégation d’Amandine a payé : elle obtient en octobre 2017 sa VAE, après dix mois en apnée. Quand on l’interroge sur cette victoire, elle en parle encore avec émotion : « Je suis une personne qui doute beaucoup, et je ne trouvais pas énormément d’encouragements autour de moi. Peu de gens pensaient que j’y arriverai. Et pourtant, je suis enfin fière de moi professionnellement ».
Mais Amandine est lucide, ce diplôme n’est pas forcément le sésame espéré : « Il va me falloir « asseoir mon diplôme » et prouver mes compétences car je n’ai pas d’expérience en maternité par exemple, contrairement aux AP ayant fait un cursus classique avec des stages. »
Aujourd’hui, Amandine est toujours en poste dans la crèche de ses débuts mais n’y est pas reconnue auxiliaire de puériculture. Actuellement en congé parental, elle envisage en 2021 de chercher du travail, peut-être dans une maternité, un environnement qui l’attire beaucoup : « j'aimerais travailler en maternité pour aider les parents dans cette aventure si belle qu'est la venue au monde d'un bébé. Je vois mon travail comme un triangle : aider les parents pour mieux aider l'enfant ».
 
Article rédigé par : Nora B
Publié le 09 mars 2020
Mis à jour le 09 mars 2020