Emma, 40 ans, EJE, une pro de la VAE !

Emma a 40 ans et deux VAE à son actif. La première lui a permis d’obtenir un CAP Petite Enfance et la deuxième de devenir EJE. Un parcours original. Deux expériences de VAE très différentes. Retour sur le parcours plein de rebondissements de cette passionnée de la petite enfance qui a exercé en moins de 20 ans trois métiers différents !
Auxiliaire parentale pendant 5 ans
Emma, son bac en poche, s’oriente vers des études de psycho à la fac. « Parallèlement, je   garde deux petites filles de 3 et 5 ans en périscolaire et pendant les vacances. J’adore ça. Et je me rends compte que dans mes études de psycho, deux choses me passionnent : la psychologie cognitive et celle du développement de l’enfant. Et je réalise que ce n’est pas la psycho qui m’intéresse mais les enfants ! » Son DEUG obtenu, en toute logique, elle change de voie. Emma décide de devenir auxiliaire parentale à temps plein (garde d’enfant à domicile). Ce qu’elle fait avec bonheur pendant 5 ans.

Mais cela l’ennuie de n’avoir aucun diplôme (hormis son bac et ses deux ans de psycho à la fac) d’autant qu’elle a envie de poursuivre en petite enfance mais pas forcément au domicile des parents. « A un moment, travailler chez des parents, c’est lourd, on est propulsé dans leur intimité. C’est bizarre. Je voulais faire autre chose mais il me fallait un diplôme ».  Elle pense à un CAP petite enfance par correspondance puis découvre la VAE. Elle fait ce choix. Entre deux contrats, inscrite à Pôle Emploi, elle en profite pour obtenir des conventions de stage.

Un CAP petite enfance obtenu par VAE, en un temps record et haut la main

Elle se lance, avec le soutien de la famille qui l’a recrutée et qui lui permet de suivre quelques stages (l’un en école maternelle, l’autre en micro-crèche). Elle valide sa VAE, haut la main, en mois d’un an. « J’ai travaillé seule mais cela m’a semblé assez facile pour tout ce qui concernait le développement de l’enfant et les activités. L’hygiène et le nettoyage pour moi c’était moins évident… donc j’ai décidé d’expliquer ce que je faisais chez les parents et de de dire comment je l’adapterais si je travaillais en structure ou chez moi ». Le jour de l’oral, elle arrive devant le jury qui la renvoie chez elle : « Votre dossier est tellement complet que nous n’avons aucune question à vous poser. Bravo. » Chapeau !

2 ans assistante maternelle, elle déteste !
Le CAP validé, elle doit déménager. « Je n’étais pas prête pour la collectivité alors je me suis installée comme assistante maternelle ». Elle déteste ! « J’avais l’impression d’être tout le temps au travail. Je ne me sentais plus chez moi. Je suis allée souvent au RAM et j’ai beaucoup aimé travailler avec les animatrices-EJE. C’était un peu le début de la collectivité. »
Au bout de 2 ans, re-déménagement, Emma trouve un poste dans une micro-crèche où elle s’épanouit. « Ça y est, j’étais prête pour la collectivité. » Dans cette micro-crèche, où elle reste 6 ans, il y a eu beaucoup de turn over, et elle s’est souvent trouvée dans le poste de la référente technique. Cela l’a fait réfléchir et du coup elle a eu le déclic : non seulement elle était capable de tenir ce poste mais en plus cela lui plaisait. Et hop, c'était parti pour une VAE d’EJE... qui n’a pas été un long fleuve tranquille !


Une deuxième VAE qui la fait grandir …
« Cette VAE vers le métier d’EJE m’a semblé beaucoup plus difficile que ma première VAE mais elle m’a apporté tellement de choses, dit-elle. On est poussé à la réflexion, on sort de sa zone de confort sur les différents écrits à produire. Cela m’a fait grandir et m’a ouvert l’esprit ». Un vrai travail mais aussi un vrai bonheur que l’écriture des deux livrets de son dossier. Livrets envoyés, place à l’oral devant le jury.

Un premier oral calamiteux, un deuxième réussi avec le même dossier !
En fait il y eut deux oraux.
Premier oral : Emma est convoquée en PACA où elle réside. Ce premier oral selon ses propres termes est « catastrophique ». Une véritable mise à mort à propos « des morsures en crèche » mais elle n’est pas d’accord sur les reproches qui lui sont faits. Et n’abdique pas. Conclusion attendue : VAE non validée, non seulement échec à l’oral mais appréciations très négatives sur ses livrets.
Deuxième oral : elle déménage en Rhône-Alpes et passe devant un autre jury avec le même dossier (« sûre de moi je n’avais pas changé une ligne ! ») et là valide 3 domaines sur 4 sans problème. Pour le dernier domaine, une petite réécriture. VAE validée en en 2 ans et demi. Découragée par cette dernière expérience, Emma ? Pas du tout, elle envisage de préparer le CAFERIUS...par VAE . Et de trois !
Article rédigé par : Catherine Lelièvre
Publié le 05 juillet 2021
Mis à jour le 05 juillet 2021