La VAE : une reconnaissance personnelle pour Elisabeth Renouard, assistante maternelle

Elisabeth Renouard a un parcours singulier : elle était gendarme avant de réaliser que c’est en travaillant auprès des jeunes enfants qu’elle s’épanouirait le plus. Elle est donc devenue auxiliaire parentale, puis assistante maternelle avant de faire une Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) qui lui a permis d’obtenir le CAP petite enfance. Non pas pour changer de profession mais pour une plus grande reconnaissance de ses compétences. Retour sur sa démarche.
Elisabeth Renouard a toujours été intéressée par le travail auprès d’enfants, son premier souhait était d’ailleurs de devenir professeur des écoles. Son avenir en a décidé autrement et elle entre finalement en école de gendarmerie. Mais en parallèle de ses études, elle passe son Bafa et anime des centres de loisir et colonies pendant ses vacances. Après l’obtention de sa licence en 2002, elle commence à exercer dans la gendarmerie où elle rencontre son mari, gendarme lui aussi. Cinq ans plus tard, le couple veut changer de vie : ils démissionnent tous les deux et s’installent près de saint Brieuc, en Bretagne. Elisabeth décide alors de changer de métier pour s’assurer « une vie de famille épanouie et stable » comme elle le souhaitait. Elle devient auxiliaire parentale avant de passer sa formation d’assistante maternelle. 2008 sera une année décisive : elle obtient son agrément, déménage avec son mari dans Saint Brieuc et donne naissance à sa fille. Un an plus tard, elle intègre une crèche familiale - au sein de laquelle elle exerce toujours, puis elle a son deuxième enfant.

Besoin d’aller plus loin
Heureuse de sa reconversion, Elisabeth note cependant que le métier d’assistante maternelle est très particulier. « On est isolée. Quand on est motivée et prête à faire des choses, on se trouve un peu démunie. Je me suis donc toujours beaucoup renseignée sur les différentes pédagogies, les produits utilisés… Je suis toujours en recherche d’information. » Elle se lance donc dans un nouveau projet en 2016 : passer sa VAE pour obtenir le CAP petite enfance (aujourd’hui CAP accompagnant éducatif petite enfance). Un choix motivé par le besoin de détenir un diplôme. « Quand on est assistante maternelle, on a une formation initiale mais pas vraiment de qualification. J’avais besoin d’être reconnue. » Au regard de ses compétences et de son expérience, elle vise le CAP petite enfance.
Mais passer une VAE demande souvent une année de travail, il faut choisir la bonne période. Selon Elisabeth, le risque est de vouloir la faire trop tôt, en manquant de recul sur sa propre expérience et donc de ne pas être à l’aise devant le jury. « J’ai attendu et commencé à la préparer quand j’ai senti que c’était le bon moment dans mon expérience », explique-t-elle.

Un gros travail théorique
En crèche familiale les assistantes maternelles ne bénéficiant que d’une journée de formation en interne par an, Elisabeth travaille sa VAE pendant ses soirées et ses jours de congé. Elle ne prend pas d’accompagnement car les créneaux des organismes se situent en journée pendant la semaine. Mais elle peut compter sur l’aide de deux de ses collègues ayant passé cette VAE quelques années auparavant qui lui prêtent les manuels de préparation. Elisabeth apprend alors tout ce qu’elle peut intégrer afin d’étendre au maximum ses connaissances et se plaît même à reproduire les recettes proposées dans les livres. « J’avais une facilité d’écriture qui m’a permis de me concentrer sur la réflexion », précise-t-elle.
Titulaire du baccalauréat, certaines unités sont déjà validées. Ses livrets 1 et 2 son successivement acceptés et elle passe devant le jury en mars 2017. Cette expérience a plutôt été pour elle un moment agréable, comme elle le raconte. « Avec les membres du jury, j’ai eu l’impression de discuter avec des collègues. C’était des professionnels de la branche Service aux personnes qui ne connaissaient pas tout du système de la crèche familiale et je leur ai parlé de mon organisation au sein de cette structure. » Elle perçoit l’entretien comme un véritable échange, loin du jugement des examens étudiants.

Une nouvelle impulsion dans sa pratique
Elisabeth remarque qu’en préparant sa VAE, elle a revu toute sa manière de travailler et de faire les choses chez elle. Comment réaménager l’espace, simplifier le matériel et les jouets, bien désinfecter, et même la manière de laver les serviettes de toilettes, changer l’enfant, le tenir, lui parler… « Je ne m’attendais pas à m’enrichir autant ! La VAE a redynamisé ma pratique et a renforcé ma motivation et mon énergie », en conclut-elle.
Article rédigé par : Armelle Bérard Bergery
Publié le 05 janvier 2018
Mis à jour le 22 février 2019

2 commentaires sur cet article

Bonjour comment faire pour obtenir le dossier vae?
Je me reconnaissance Dans ce parcours ayant été policier pendant 15 ans ! Maintenant je travaille en crèche en Angleterre et jai passe un diplome ici ,est ce que Mon experience et Mon diplome anglais me permette d'acceder a la VAE ?