Mireille Mehl, une ATSEM à la volonté de fer

Mireille Mehl est Agent Territorial Spécialisé des Ecoles Maternelles (ATSEM) depuis 20 ans. Une carrière inattendue pour cette cinquantenaire qui s’était d’abord prédestinée à la puériculture pour être auprès des plus petits. Finalement elle travaillera à l’école maternelle. Avec passion !
Découragée dans ses rêves de puériculture 
Enfant, Mireille Mehl rêvait de travailler dans le domaine de la puériculture, « un peu comme toutes les jeunes filles, explique-t-elle. Je voulais travailler avec le tout-petit, le pouponner et l’aider à grandir ». Mais cette perspective d’avenir va rapidement s’évanouir lors de ses années collège. À l’époque, Mireille prend rendez-vous avec un conseiller d’orientation pour savoir comment intégrer ce domaine. Quelles études suivre ? Quel métier serait le plus adapté à son profil ? Accompagnée de sa mère, l’adolescente était alors toute excitée de gravir la première marche pour concrétiser son rêve.
« Malheureusement cela ne s’est pas passé comme prévu… Au lieu de m’ouvrir des portes, il a massacré mon rêve ». Mireille doit faire face à la réalité. D’après le conseiller, le secteur est trop bouché, impossible de trouver un travail plus tard. « Je suis rentrée chez moi en pleurs, avec ma mère qui voulait absolument que je choisisse une autre voie », raconte-t-elle. 

Complètement perdue et dépitée, Mireille s’installe avec le programme télé et parcourt les pages de formations. Elle se souvient encore de ce moment : « j’ai fermé les yeux et pointé du doigt une formation au hasard ». L’année d’après, Mireille s’engage donc dans une formation de secrétaire vétérinaire, sans aucune envie. Mais elle échoue à l’examen final et se retrouve à enchaîner les petits boulots à seulement 18 ans. Palefrenier pendant un an, puis secrétaire, hôtesse de caisse, agent de restauration et enfin ponceuse de bois. Rien à voir avec la puériculture. 

La maternelle : une nouvelle porte qui s’ouvre 
Mais pour Mireille, être auprès des tout-petits a toujours été une évidence. « Je suis un aimant à enfant depuis toute petite » s’amuse-t-elle. Et c’est lors de la naissance de sa fille en 1993 qu’elle prend conscience que même les enfants plus grands ont besoin d’aide pour grandir et s’épanouir. « À partir de ce moment, mon envie de réaliser ce rêve inachevé est reparu, dit-elle. Je devais me donner tous les moyens pour y arriver ». En 1998, elle abandonne l’idée de la puériculture - inaccessible sans le baccalauréat - et s’oriente vers l’école maternelle. 
Son idée : construire un dossier « béton » à soumettre au maire de sa commune de l’époque, Neufchâteau dans les Vosges. Un premier projet qui porte ses fruits, puisqu’il lui offre un poste à mi-temps sur la restauration scolaire et l’entretien des salles de classe.

Mais Mireille ne s’arrête pas là. En parallèle, elle s’inscrit au CNED pour passer, en candidat libre, le CAP Petite Enfance (maintenant CAP accompagnant éducatif petite enfance). « J’étais tellement motivée que j’avais collé des post-it le long de mon manche à balais, pour réviser tout en nettoyant l’école » précise-t-elle. 
Une fois les épreuves passées, tout s’enchaîne. Mireille peut célébrer sa réussite et même sa première place au concours de la fonction publique territoriale de Lorraine ! Elle est alors directement nominée pour accompagner des enfants de moyenne section dans l’école maternelle de sa commune.  

Engagée pour défendre sa profession
Voilà maintenant vingt ans que Mireille exerce à l’école, toujours avec la même passion. Finalement, ce rôle d’accompagnement éducatif et de bienveillance qu’elle endosse au quotidien lui a elle aussi permis d’évoluer. « Je ne regrette pas d’être devenue ATSEM, affirme-t-elle. Même si nos conditions de travail se détériorent, et sont sans cesse partagées entre mairie et éducation nationale, je suis toujours aussi enjouée et disponible pour accompagner et voir grandir les enfants de la maternelle qui nous sont confiés dans la classe ». 
Mireille s’est d’ailleurs engagée pour défendre sa profession, en devenant l'une des administratrices du Collectif indépendant ATSEM de France. Car elle a aujourd’hui un nouveau rêve : « Je veux réellement croire que mon métier sera un jour mis en lumière et apprécié à sa juste valeur ».
Article rédigé par : Julia Dumoulin
Publié le 26 août 2019
Mis à jour le 27 août 2019