Auxiliaire de puériculture

Comment devenir auxiliaire de puériculture

Pour exercer comme auxiliaire de puériculture, il faut être titulaire du Diplôme d’Etat d’auxiliaire de puériculture (DEAP)*. La formation d’auxiliaire de puériculture est accessible sur concours. Elle dure 10 mois et comprend de nombreux stages pratiques, permettant aux futures diplômés d’acquérir des compétences concrètes qu’ils compléteront au fil de leur carrière.
auxiliaire de puériculture donnant un biberon à un bébé
La formation d’auxiliaire de puériculture sera probablement modifiée dans l’année à venir. En effet, une réingénierie du métier d’aide soignante et d’auxiliaire de puériculture est actuellement en cours. Lancée en mai 2015, elle devrait déboucher sur l’adoption d’un nouveau référentiel métier (formation, compétences et activités), d’ici fin  2016 pour une application désseptembre 2017. Par ailleurs, le Ministère de la famille va plancher dans les mois à venir sur un « plan métiers petite enfance » qui remettra à plat toutes les formations du secteur. Pour cela il devrait s’appuyer sur le rapport que la psychologue-psychanalyste Sylviane Giampino remettra fin mars 2016 à Laurence Rossignol, la Ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des Femmes. Celle-ci lui avait en effet commandé en juin 2015,  une mission sur développement du jeune enfant, les modes d’accueil et la formation des professionnels.
Néanmoins voici comment s’organise encore aujourd’hui les épreuves de sélection et la formation des auxiliaires de puériculture.

Des épreuves de sélection accessibles à tous
Aucune condition de diplôme n’est demandée pour s’inscrire épreuves de sélection pour entrer dans une école d’auxiliaire de puériculture. Le candidat doit être âgé de 17 ans au moins à la date de son entrée en formation.  En France, il existe 130 instituts de formation d’auxiliaires de puériculture (IFAP) et chacun organise ses propres concours à des dates choisies par eux **. Rien n’empêche donc les candidats de se présenter à plusieurs concours (frais d’inscription de 50€ environ par concours).
Les épreuves de sélection comprennent  trois épreuves :
• Epreuve écrite de culture générale (durée 2 heures, notée sur 20 points).
Elle est composée d’une épreuve qui évalue des capacités de compréhension à partir de l’analyse d’un texte sur un sujet d’actualité d’ordre sanitaire et social (notée 12 points) et d’une épreuve qui teste les connaissances dans le domaine de la biologie humaine ainsi que ses aptitudes numériques (notée sur 8 points).
• Tests psychotechniques  (durée 1h30, notés sur 20 points)
Cette épreuve évalue l’attention, le raisonnement logique et l’organisation (suites numériques, Mastermind, tests d’attention, vocabulaire)
• Epreuve orale (durée 20 minutes, notée sur 20 points)
Elle est accessible aux candidats ayant obtenu une note supérieure ou égale à de 10/20à l’épreuve de culture générale et aux tests psychotechniques. Cette épreuve se compose d’un exposé à partir d’un thème relevant du domaine sanitaire et social et de réponses à des questions  puis d’un entretien avec le jury sur la connaissance et l’intérêt du candidat pour la profession d’AP.
A savoir : une note inférieure à 10/20 à l’entretien d’admission est éliminatoire.
 
Des candidats surdiplômés

Faire une formation d’auxiliaire de puériculture, c’est s’assurer un emploi en fin de formation. Il n’y a pas (ou peu) de chômage dans cette profession. Du coup, comme le souligne Anne Dannenmuller, présidente du Comité d’entente des écoles préparant aux métiers de l’enfance (Ceepame) et directrice adjointe de l’école de formation de puéricultrices et d’auxiliaires de puériculture de Strasbourg, « les candidats qui se présentent sont presque tous bacheliers. Et nous avons même des titulaires de masters ». C’est une des raisons de la création de classes préparatoires au concours d’auxiliaire de puériculture, en présentiel ou à distance. Il s’agit de pouvoir préparer  les plus jeunes et les moins diplômés aux épreuves spécifiques du concours, afin qu’ils aient toutes leurs chances. De nombreuses préparations sont privées mais il en existe une proposée par le CNED.

Une formation théorique et pratique
La formation au métier d’auxiliaire de puéricultrice est dispensée par des écoles spécialisées. La formation comporte 1435 heures réparties en 8 modules d’enseignement théorique (cours, travaux dirigés et travaux pratiques) dans les IFAP et 6 périodes de stages. La formation s’étend sur dix mois (généralement de septembre à juin), dont 17 semaines en institut (595 heures) et 24 semaines de stage (840 heures), sur la base de 35h/semaine. L’apprentissage est donc axé sur une approche « pratique » du métier. Tous les enseignements sont obligatoires.
Les modules d’enseignement :
1 : L’accompagnement d’un enfant dans les activités d’éveil et de la vie quotidienne (5 semaines, 175 heures)
2 : L’état clinique d’une personne à tout âge de la vie (2 semaines, 70 heures)
3 : Les soins à l’enfant (4 semaines, 140 heures)
4 : Ergonomie (1 semaine, 35 heures)
5 : Relation – communication (2 semaines, 70 heures)
6 : Hygiène des locaux (1 semaine, 35 heures)
7 : Transmission des informations (1 semaine 35 heures)
8 : Organisation du travail (1 semaine, 35 heures)
A savoir : Depuis 2014 les titulaires des baccalauréats professionnels « Accompagnement, soins et service à la personne » et « Services au personnes et au territoires » peuvent bénéficier de dispenses de formation***. Ces candidats bénéficient aussi de modalités de sélection spécifique. ( http://www.ceepame.com/les-conditions-dadmission-0)

La période de stage de 24 semaines est divisée en 6 stages distincts de 4 semaines chacun :
- En service maternité
- En établissement ou service accueillant des enfants malades
- Deux stages en structure d’accueil d’enfants de moins de 6 ans
- En structure d’accueil d’enfants en situation de handicap, en structure d’Aide Sociale à l’Enfance, ou en service de pédopsychiatrie
- Un stage optionnel

Un diplôme d’Etat d’auxiliaire de puériculture
L’obtention du diplôme d’Etat d’auxiliaire de puériculture est conditionné par la validation des modules théorique (par contrôle continu) et des stages. Les diplômes sont délivrés par les Directions régionales de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS)

Auxiliaire de puériculture : alternatives de formation et passerelles
Certains établissements proposent des formations en apprentissage, mais les places sont peu nombreuses (10 par classe). Elles durent 18 mois, et permettent d’obtenir le statut de salarié au sein de la structure. L’élève peut être gratifié jusqu’à 85% du SMIC.
Il est également possible de suivre une formation en alternance, accessible aux demandeurs d’emploi sans qualification et aux bénéficiaires de minima sociaux. Pour les étudiants de moins de 26 ans, la gratification varie de 50 à 85% du SMIC. Pour ceux de plus de 26 ans, elle est supérieure ou égale au SMIC.
Ces deux formations ont l’avantage de proposer une rémunération, mais restent moins accessibles que la formation classique.
Vous pouvez bénéficier de dispenses pendant votre formation, le biais de la VAE **** (Validation des Acquis de l’Expérience, décret du 16 janvier 2006).

Pour en bénéficier le candidat doit :
• Justifier de 3 ans d’expérience  dans l’exercice d’une activité professionnelle salariée, non salariée, et/ou bénévole en lien avec le diplôme visé
• réaliser un dossier de recevabilité-faisabilité (livret 1)
• Réaliser une demande de VAE  (livret 2) si le dossier de recevabilité-faisabilité  est accepté par le jury de validation
• Justifier d’expériences en lien avec les enfants, en particulier en soins d’hygiène, activités d’éveil, éducation, transmission d’informations, entretien de locaux ou suivi d’un dossier médical.

*www.legifrance.gouv.fr (décret n°2007-1301 du 31 août 2007).
**Les dates de tous les concours sont à consulter ici : www.infirmiers.com
***Instruction n° DGOS/rh1/2014/2015
****www.legifrance.gouv.fr

Pas d’épreuve écrite de culture générale

Lors du concours, vous êtes dispensés de l’épreuve écrite de culture générale si : • Vous avez un bac ou diplôme équivalent • Vous êtes titulaire d'un titre ou diplôme de niveau V du secteur sanitaire et social (par exemple : CAP petite enfance, BEP CSS, etc.) • Vous avez suivi la 1ère année en institut de formation en soins infirmiers • Vous êtes titulaire d'un titre ou diplôme étranger permettant d'accéder directement à des études universitaires dans le pays où il a été obtenu.

Article rédigé par : Marie Pays
Modifié le 13 novembre 2017