S’abonner
Espace
Abonnés

Annonces des ministres au Comité de filière petite enfance : des réactions plutôt positives

A quelques rares exceptions près, les réactions des membres du Comité de filière aux propos tenus par Catherine Vautrin et Sarah El Haïry sont assez positives. En dehors des annonces proprement dites, la bonne entente des ministres a rassuré. Les annonces sur les revalorisations salariales, la poursuite de la mission qualité ou l’organisation d’une journée nationale des pros de la petite enfance entre autres ont été jugées comme allant dans le bon sens même si d’aucuns regrettent le peu de temps qu’il leur a été donné pour s’exprimer. 2 minutes en tout et pour tout ! Mais tous ont noté que la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités et sa ministre déléguée à l’Enfance, la Jeunesse et aux Familles ont donné de leur temps : un peu plus d’une heure pour la première et plus de deux heures pour la seconde. Et qu’elles semblaient être plus dans le travail de fond que dans une opération communication-séduction. Florilège des premières réactions « à chaud ».

Philippe Dupuy, directeur général de l’Acepp : satisfait et assez optimiste
« Deux ministres mobilisées pour la petite enfance, c’est déjà un bon point ! Et, c’est appréciable que les annonces aient été de vraies annonces puisqu’elles n’avaient pas fuité en amont de la rencontre. La poursuite de la mission qualité est une bonne nouvelle et la journée nationale petite enfance qui devrait se tenir cette année aussi.  Cela fait plusieurs années que nous demandions son retour. Elle permet de faire un focus sur la petite enfance et aux professionnels de se rencontrer et d’échanger. »
Sur les revalorisations salariales, Philippe Dupuy regrette certaines imprécisions mais reste optimiste pour la suite, la casquette Travail de Catherine Vautrin est une bonne chose car « l’enjeu du secteur, c’est la pénurie et cela peut donc permettre de faire des ponts plus faciles ». Et il reconnaît aussi que le cabinet de Sarah El Haïry est « rassurant » !

Sandra Onyzsko, porte-parole de l’Ufnafaam : l’accueil individuel n’a pas été oublié
« Une bonne réunion. Les deux ministres affichent une certaine complicité. Toutes deux, élues, semblent préférer la concertation  à la confrontation. Par ailleurs, Sarah El Haïry a l’expérience du champ de l’animation. Catherine Vautrin a admis que le périmètre de son ministère puisse interroger mais elle l’a défendu en expliquant que cela permettait de la transversalité. Il y a eu des mots pour l’accueil individuel avec la reconnaissance de notre rôle et de nos difficultés ou craintes. » 

Ronan Le Bizec, Conseiller social, famille, perte d’autonomie à l’UNSA : des annonces qui manquent de précisions
« Il n’y a pas eu beaucoup d’annonces nouvelles en réalité. Cela s’inscrit dans la continuité des précédents ministres. Nous avons pour notre part salué l’annonce des 100 à 150 euros nets pour les professionnels du secteur, nous nous interrogeons encore sur les modalités de mise en place. Nous serons vigilants à ce que ça se répercute sur la fiche de paye des professionnels. Concernant les assistantes maternelles, il n’y a pas vraiment eu d’annonces nouvelles. C’est quand même le premier mode d’accueil aujourd’hui et qui est très en difficultés. Or, c’est celui pour qui tout est remis à 2025. Sur la réforme du CMG, c’est assez flou. Nous attendons plus de précisions. Et nous voulons de vraies garanties sur les impayés pour les assistantes maternelles. Là-dessus, le gouvernement reste sur l’utilisation de Pajemploi + et nous trouvons que c’est un peu un chantage car les assistantes maternelles ne sont pas satisfaites de la façon dont cette plateforme fonctionne. Aurore Bergé avait parlé d’un 3e mois dès 2025, mais cela n’a pas été répété. On nous a juste parlé d’une garantie de 2 mois de salaire avec Pajemploi+ (…). »

Stéphane Fustec, responsable CGT services à la personne : déception sur la forme et sur le fond
« Sur la forme, je suis très déçu. La configuration de la rencontre n’était pas optimum. Nous étions plus de 60 participants en visio et n’avons eu qu’1m30 pour nous exprimer. J’aurais à la limite préféré une simple présentation de nos nouvelles ministres.
Sur le fond, je suis très déçu aussi parce qu’il n’y a eu aucune annonce. J’ai trouvé qu’il n’y avait pas de continuité avec les engagements pris avec Aurore Bergé, qui avait abordé les choses de façon beaucoup plus volontariste. Un peu de déception donc, beaucoup de flou et aussi, m’a-t-il semblé, une concentration de mesures dirigées vers le secteur lucratif sans parler quasiment de l’accueil individuel ni des autres modèles économiques qui sont ceux des services publics ou des crèches familiales par exemple. »
Au final, une réunion qui laisse plus de questions en suspens qu’elle n’a apporté de réponses.  Il y a eu des prises de mandat plus dynamiques, plus explicites sur le plan de travail à faire. C’était une première, j’espère qu’il y aura d’autres occasions de rencontrer nos ministres, peut-être dans une autre configuration. D’ailleurs, nous allons leur écrire à cet effet. »

Nadine Pradier, vice-présidente de la Fepem en charge de la cohésion sociale et intergénérationnelle : une bonne prise de contact
« Notre avis est plutôt positif car nous étions déjà très contents de rencontrer les deux ministres dans le cadre du Comité de filière. Nous sommes satisfaits de voir que chacune a eu un mot pour l’accueil individuel et que les travaux reprennent sur le plan dédié à l’accueil individuel dont il avait été question avec Aurore Bergé et qui nous avait été présenté ainsi qu’aux autres acteurs. En revanche, sur la question des revalorisations salariales, pour les assistantes maternelles, nous attendons un effort de l’Etat, c’était la contrepartie de notre signature sur la lettre d’engagement. »

Florence Gandolphe pour l’Anamaaf : rien de concret dans l’immédiat pour l’accueil individuel

« Les annonces sur l’accueil individuel n’ont pas été très encourageantes, contrairement à l’accueil collectif avec l’annonce forte relative aux revalorisations salariales. On nous a annoncé qu’à partir de septembre 2025, Pajemploi+ prendrait en charge 2 mois d’impayés. Aurore Bergé nous avait annoncé en octobre dernier 3 mois donc c’est une déception de ce côté-là. Le métier est en grande souffrance et j’ai le sentiment que les ministres n’ont pas l’intention d’agir rapidement pour la profession, car dans leur esprit la revalorisation des assistantes maternelles se fera en 2025 avec la réforme du Cmg. Sinon, les travaux de la mission Igas vont repartir, ce qui est une bonne chose. On nous a aussi annoncé que le Cmg pour les familles monoparentales sera mis en place à partir de septembre 2025 jusqu’aux 12 ans de l’enfant. Et qu’ils allaient rapprocher le statut des assistantes maternelles du droit commun. Mais à l’instant T, nous n’avons rien de concret pour l’accueil individuel. Maintenant, il faut leur laisser le temps de prendre la mesure du « chantier » en cours. Il y aura d’autres temps de parole, d’autres occasions d’échanger avec elles. J’espère que cela sera rapidement le cas et que nous aurons plus d’annonces au niveau de l’accueil individuel. »

Clotilde Robin, co-présidente du groupe petite enfance de l’AMF : des ministres ouvertes au dialogue avec les communes, autorités organisatrices du SPPE
« L’AMF accueille favorablement la poursuite des travaux sur l’attractivité des métiers, les passerelles à construire ainsi que le besoin de penser les fins de carrière.
Elle demande régulièrement la mise en place d’un réel plan métier permettant d’agir sur la formation, l’attractivité des métiers, les conditions de travail et la création de passerelles dans le cadre de parcours professionnels… La réponse à la pénurie ne doit pas aboutir à une diminution de la qualité de prise en charge.
Concernant le SPPE, l’AMF accueille favorablement le souhait des ministres d’engager un dialogue avec les acteurs sur sa mise en œuvre. En effet, l’AMF insiste pour qu’une souplesse soit accordée aux autorités organisatrices dans le cadre de la mise en œuvre de leurs nouvelles compétences et est opposée à ce que les décrets d’application soient plus contraignants que la loi. L’AMF demande par ailleurs que l’ensemble des charges induites par la création des nouvelles compétences pour les autorités organisatrices soient intégralement compensées, quelle que soit la strate de la commune. »

Etienne Chauffour, pour France Urbaine : deux ministres à l’écoute
« Au-delà des annonces que nous saluons, nous avons eu en face de nous, deux ministres à l’écoute qui ont essayé de répondre aux préoccupations du secteur. C’était réellement intéressant. On a le sentiment que le partage des tâches entre les deux ministres est cohérent. On sent réellement, outre une volonté d’écoute, une volonté de travailler ensemble et avec nous, les acteurs du secteur.
Il se trouve que je connais les deux ministres, elles connaissent bien les territoires, je suis donc plutôt optimiste sur la façon dont nous pourrons nous les autorités organisatrices travailler avec elles pour la mise en œuvre du SPPE. » 

Véronique Escames et Cyrille Godefroy co-secrétaires généraux du SNPPE : il y a eu des annonces mais…
Pour Véronique Escames
, « bien sûr il y a eu des annonces, mais attendons de voir… Nous trouvons que faire un bilan sur la pénibilité du travail à mi carrière comme l’a évoqué Catherine Vautrin est une idée intéressante qui va dans le bon sens. Mais nous attendons des précisions supplémentaires. Nous attendons avec impatience le rapport IGAS-IGF sur le financement des micro-crèches et dont on nous a annoncé qu’il serait rendu public à la mi-mars. La reprise de la mission qualité est une bonne nouvelle. Quant à la journée des professionnels de la petite enfance… à voir. Il ne faut pas que ce soit de l’affichage ou de la pure communication. Sur les revalorisations salariales, pour nous le compte n’y est pas. Nous demandons plus de 300 € nets mensuels et nous souhaitons une solution pour les pros de la fonction publique. »
Cyrille Godefroy rebondit : « Nous avons été reçu sur nos revendications par François Mengin Lecreux, le directeur de cabinet adjoint de Catherine Vautrin, un rendez-vous pris avant la nomination de la ministre chargée de l’Enfance, de la Jeunesse et des Familles. Suite à ce premier entretien, nous devions le revoir mercredi prochain (NDLR : le rendez-vous a été reporté) pour évoquer tout particulièrement les revalorisations salariales et le cas de la fonction publique puisque le Rifseep ne nous convient pas. Il nous a en effet précisé que les dossiers sensibles comme celui de la valorisation des métiers de la Branche Famille dépendaient directement de Catherine Vautrin ». 
Voir le post LinkedIn résumant la réaction du SNPPE point par point

Elsa Hervy, déléguée générale de la FFEC : le diable est dans les détails
« La FFEC  félicite les ministres pour les arbitrages obtenus et salue les annonces mais reste dans l’expectative concernant les modalités techniques des revalorisations salariales qui doivent bénéficier à tous les professionnels de crèches et de micro-crèches »

Quelle place pour les parents dans les lieux d’accueil ?

Couple d’assistants maternels, Jessica et Philippe s’épaulent au quotidien

Les couleurs acidulées en crèche, c’est fini !

Dans le Rhône, un club RH dédié à la petite enfance

Vous avez envie de lire la suite ?

Abonnez-vous dès maintenant

Caroline Feufeu et Catherine Lelièvre

PUBLIÉ LE 01 mars 2024

MIS À JOUR LE 22 mars 2024

Ajouter aux favoris