Concertation sur le socle commun pour la formation continue des professionnels de la petite enfance

Le 11 décembre dernier, la Direction Générale de la Cohésion Sociale (DGCS) a réuni tous les acteurs de la petite enfance pour lancer la concertation sur le plan de formation continue des professionnels de la petite enfance. Une mesure annoncée par le Président de la République lors de la présentation de son plan anti-pauvreté le 13 septembre dernier. L’occasion d’en rappeler les objectifs et d’installer les groupes de travail en charge de définir les modalités de ces formations et le contenu de ce socle commun.
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adulte et enfant jouent
Emmanuel Macron, le Président la République, avait annoncé lors de la présentation de la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes un vaste plan de formation continue pour les 600 000 professionnels de la petite enfance. Une recommandation du groupe de travail « petite enfance » de la Délégation interministérielle dirigée par Olivier Noblecourt, reprise donc dans le document final.

600 000 professionnels formés d’ici fin 2022
Lors de la réunion du 11 décembre, il s’agissait d’abord de rappeler l’objectif - ambitieux - de ce plan : former les 600 000 professionnels de la petite enfance (assistants maternels, auxiliaires parentales, pros de crèches et ATSEM) d’ici le 31 décembre 2022, soit environ 200 000 par an. Avec un premier départ en formation dès janvier 2020. Un objectif qui exige un rythme soutenu et une belle organisation pour que chaque pro de l’accueil individuel comme de l’accueil collectif puisse suivre la formation qui sera définie. Un calendrier serré et compliqué par la réforme de la formation professionnelle qui, elle, débutera dès janvier 2019 avec notamment le remplacement des OPCA par les OPCO…
Enfin, il semble que cette formation continue « socle commun » ne sera pas obligatoire (pas de sanction si elle n’est pas suivie), le dispositif se veut avant tout incitatif.

Constitution de trois groupes de travail
La DGCS a proposé aux participants (tous les acteurs de la petite enfance, représentant les employeurs, les salariés, les organisations et associations professionnelles, les syndicats, etc.) de constituer trois grands groupes de travail qui se réuniront selon leurs thématiques au cours du premier semestre 2019. Trois thèmes ont été retenus : le financement, le déploiement et la pédagogie.

Sur quel financement s’appuyer ?
Le premier groupe de travail se penchera sur le financement et la contractualisation. Le budget annoncé pour ce plan était de 200 millions. Oui, mais l'état n'en débloquera à peine qu'un quart : 1 million en 2019 et 16 millions respectivement en 2020, 2021 et 2022. Soit 49 millions sur trois ans. On est loin du compte… C’est pourquoi le groupe de travail consacré au financement (qui regroupe représentants employeurs et syndicats salariés notamment) devra décider ce que les employeurs via les OPCO (ex-OPCA) seront prêts à mettre pour financer ces formations-socle commun. Ce qui déterminera si ladite formation s’effectue sur un, deux ou 8 jours. C’est donc en toute logique que ce groupe de travail sera le premier à se réunir. Dès janvier 2019.

Trouver des solutions pour favoriser les départs en formation
Le second groupe, intitulé "déploiement", est destiné à réfléchir (et à trouver des solutions) aux freins au départ en formation. Y participent tous les représentants des modes d’accueil et tous ceux qui peuvent aider à trouver des solutions, comme la Caf par exemple. L’idée étant sans doute d’une mise en réseau des modes d’accueil d’un territoire afin que les enfants puissent être accueillis temporairement pendant la formation des professionnels qui les accueillaient. Lui se réunira à la fin du premier trimestre et durant le second trimestre 2019.

Prendre appui sur le texte-cadre national de l’accueil du jeune enfant
Enfin le troisième groupe de travail aborde la pédagogie, c’est-à-dire au contenu de ce socle commun de formation, et réunit représentants des professionnels de la petite enfance notamment. Il aborde le fond de la question : qu’est-ce qui fait la qualité de l’accueil du jeune enfant, comment l’améliorer ? Et qu’est-ce qui, dans la formation des pros quels qu’ils soient et où qu’ils exercent, est constitutif de cette qualité ?
Lors d’une visio-conférence, Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté, a précisé aux participants que ce socle commun s’inscrivait dans la lignée du Texte-cadre sur l’accueil du jeune enfant adopté en 2017 suite au rapport Giampino. Et a donc insisté sur la nécessité de prendre en compte le développement global du jeune enfant. Des propos à relever puisque que dans le plan anti-pauvreté, il était indiqué que ce socle commun, préparé en liaison avec la formation des enseignants du premier degré, devait essentiellement  permettre d’assurer un continuum éducatif centré sur l’apprentissage de la langue française de 0 à 6 ans. Ce groupe de travail se réunira au second trimestre 2019.

Quel rôle pour le HCFEA ?
Le HCFEA n’est pas partie prenante en tant que tel à ces réflexions, il n’est pas membre du groupe de travail « pédagogie ». En revanche,  son conseil enfance et adolescence a effectivement mis à son programme de travailler sur un outil concret découlant de la Charte nationale d’accueil du jeune enfant, dans l’idée d’améliorer la qualité des modes d’accueil. Vrai aussi que dans cet esprit, il prépare un référentiel « petite enfance », mais cette tâche ne lui a pas été confiée officiellement par la délégation interministérielle de prévention et de lutte contre la pauvreté. Le rapport - fruit de ces travaux - devrait être prêt en mars. Et à n’en pas douter il sera une source d’inspiration, voire un réel appui pour le groupe de travail « pédagogie ».
Article rédigé par : Catherine Lelièvre
Publié le 18 décembre 2018
Mis à jour le 20 janvier 2019