Rencontre avec les deux cofondateurs du SNPPE

Le Syndicat National des Professionnels de la Petite Enfance (SNPPE) a un 1 an ! L’occasion pour lui de mettre en avant les membres du bureau national via des vidéos postées chaque jour sur les réseaux sociaux sur lesquelles ils évoquent leurs valeurs professionnelles et celles du syndicat et pour nous de revenir avec ses deux co-secrétaires généraux, Lucie Robert et Cyrille Godfroy, sur la genèse de sa création, sur la réforme des modes d’accueil et de faire un premier bilan.
Les pros de la petite enfance : Comment et pourquoi est né le SNPPE ?

Cyrille Godfroy : Le SNPPE est né d'une initiative personnelle que Les Pros de la Petite Enfance ont relayé il y a un an. De cet appel à vouloir créer un syndicat, une période de 2 mois a été nécessaire pour coordonner les volontaires à travailler ensemble afin de concrétiser le projet. En effet, pour se lancer dans une aventure collective, il n'est pas imaginable de proposer une solution toute faite. C'est donc sous un mode collaboratif avec des professionnels de différents horizons et qui ne se connaissaient pas qu'est né le SNPPE. Il a fallu imaginer le fonctionnement, comprendre le cadre juridique, démarcher les premiers prestataires (banques, plateforme pour les adhésions) pour arriver à une assemblée générale constitutive le 30 juillet 2020. Le SNPPE était né officiellement.

Quant au pourquoi, je crois que la réponse est assez évidente ! 
Le secteur de la petite enfance n'est pas assez organisé pour défendre ces conditions de travail : les professionnels se syndiquent peu, les syndicats connaissent donc mal le secteur.
Avec le SNPPE, nous avons créé un syndicat pour les professionnels par les professionnels. 
Et les situations à accompagner ne manquent pas : équipe en difficulté avec un petit gestionnaire de micro-crèche, problème des heures de travail pour les EJE ayant obtenu la catégorie A dans la fonction publique et bien d'autres encore.
Beaucoup de questions sont aussi relativement simples et montrent à quel point les professionnels ne connaissent pas leurs droits et leurs devoirs.

Vous souhaitiez faire un syndicat décloisonné en réunissant pros de l'accueil individuel et pros de l'accueil collectif. Avez-vous réussi à le faire ?

Lucie Robert : Oui, nous avons des adhérents et adhérentes travaillant en accueil collectif mais également en accueil individuel. Nous avons souhaité créer un syndicat rassemblant tous les professionnels de la petite enfance en prenant en compte les différents diplômes et expériences de terrain que ça soit en accueil individuel ou collectif. Nous sommes également sensibles aux conditions de travail des professionnels exerçant au sein des structures paramédicales et médicales. L’idée principale est de pouvoir offrir à tous les enfants des bonnes conditions d’accueil et à tous les professionnels des conditions de travail respectables, (que l’employeur soit public, privé lucratif ou associatif). L’un n’allant pas sans l’autre que l’on soit seul à domicile, travaillant en équipe, avec planning fixe, changeant, de jours, le week-end ou la nuit. On ne peut pas accueillir les enfants sereinement si nous même sommes malmenés. Notre objectif en tant que professionnel de la petite enfance et peu importe notre poste est de répondre aux besoins fondamentaux des enfants que nous accueillons. 

Quel bilan après un an d'existence ?

Lucie Robert : Après une année d’existence nous en tirons un bilan très positif et sommes fiers d’avoir su créer du lien avec d’autres syndicats et associations professionnelles et à établir un dialogue avec le ministère de la santé et des solidarités. Nos adhérents ont bien compris l’idée novatrice que nous avons voulu créer en poussant les codes et les lignes déjà connus dans le milieu syndical. Nous travaillons tous et toutes au quotidien sur le terrain avec une équipe pluri professionnelle. Et avons réussi à créer cette même représentativité au sein du bureau national. Nous avons encore bien entendu énormément à faire pour qu’une prise de conscience de la part du gouvernement ait lieu. C’est tous ensemble que nous y arriverons. 

Un de vos combats, c'est la réforme des modes d'accueil. Qu'espérez-vous encore ?

Lucie Robert : Malheureusement les problématiques des professionnels de la petite enfance ne sont pas liées qu'au passage de la réforme d’Adrien Taquet. C’est une mise en avant générale de la parentalité que nous espérons.  Au quotidien, nous sommes à l’écoute de nos adhérents et partenaires pour que les métiers de la petite enfance soient reconnus comme essentiel au bon développement d’une société épanouie. Il est plus que temps pour le gouvernement de réaliser que les professionnel.s souffrent sur le terrain et de mettre en place ce qu’il faut pour que les générations de demain soient bien accueillis. 
Pour que le secteur devienne attractif plusieurs axes en projet :
-Des salaires qui soient en lien avec la qualité de travail effectué et les responsabilités que ça engendre. 
-Des contrats de travail sans exception pérennes, étant donné que l’accueil des enfants l’est. 
- Une augmentation des places en formations initiale et continue régulières. 
Nous espérons et y arriverons !

Vous faites partie de Pas de bébé à la consigne, néanmoins vous avez parfois des prises de position différentes. Est-ce que cela vous pose problème ?

Cyrille Godfroy : Non, pourquoi ? Cela le devrait ? Le collectif existe depuis 12 ans et mène un combat de tous les instants pour défendre la qualité d'accueil dans le secteur de la petite enfance. En tant que syndicat, il est tout naturel de rejoindre le collectif pour y apporter nos convictions, notre force et notre aide. C'est le cœur même de la préoccupation de tous les professionnels. 
Nos positions ne sont pas forcément différentes, c'est l'angle avec lequel nous le portons qui diffère. Nous sommes un syndicat. La mission première est de défendre les intérêts des salariés. Donc, nous nous battons pour défendre la qualité d'accueil ET pour les conditions de travail des salariés.
 
Publié le 07 juin 2021
Mis à jour le 14 juin 2021