Si on offrait une vraie place aux assistantes maternelles lors de la future COG ? Par Sandra Onyszko

Sandra Onyszko, porte-parole de l’Ufnafaam  regrette que l’accueil individuel ne soit pas directement intégré dans la. Convention d’Objectifs et de Gestion  (COG) signée entre l’État et la Cnaf. Cela participe explique-t-elle à la mise à l’écart des assistantes maternelles quand on évoque les modes d’accueil. Et souhaiterait une réforme de fond alors que la COG 2023-2027 va se négocier en fin d’année. Un point de vue original qu’elle argumente.

 
Tous les 5 ans nous négocions la Convention d’Objectifs et de Gestion (COG). Cette enveloppe financière du gouvernement à la Cnaf est destinée à apporter des moyens vers des actions.
Véritable souffle d’oxygène pour le développement des places d’accueil et des orientations menées vers des objectifs établis, tels par exemple l’accueil des enfants en situation de handicap ou les horaires atypiques ou encore le soutien vers des publics tels que les familles aux situations financières fragiles.

Au niveau de l’accueil individuel, la COG finance des actions indirectes vers les assistantes maternelles : développement des relais petite enfance, analyse de la pratiques. Mais une seule action est menée directement envers ces professionnelles : le versement de la prime d’installation aux nouvelles assistantes maternelles.
Pour l’ufnafaam, c’est bien le problème. La COG, par son action quasiment exclusivement indirecte envers les assistantes maternelles, ne permet pas d’équilibre entre les modes d’accueil.

•    Elle n’agit pas sur le reste à charge des familles
•    En l’absence de soutien financier, elle ne soutient pas des orientations telles que l’accueil d’un enfant en situation de handicap ou en horaires atypiques.
•    Elle ne contribue pas à répondre aux difficultés économiques du mode d’accueil qui se concrétise par la baisse du nombre d’heures d’accueil des familles.

Aujourd’hui les deux systèmes financiers que sont la COG et le PLFSS sont bien issus de la branche famille mais ils sont déployés différemment. Cela peut nous étonner que la Cnaf qui est l’instance nationale commune à tout le secteur de la petite enfance, ne puisse porter financièrement tous les modes d’accueil de manière équitable. Peut-être est-il temps de rassembler ces deux enveloppes distinctes lors de la future COG.

Si on désire équilibrer les modes d’accueil alors la Convention Territoire Globale (CTG) doit également venir offrir une place aux assistantes maternelles.  
Finalement, cette distinction d’enveloppe financière ne contribue-t-elle pas à l’inverse des objectifs attendus en déséquilibrant les modes d’accueils ?
De notre point de vue en aidant les assistantes maternelles ce n’est pas une personne que l’on aide mais c’est bien le mode d’accueil qui est soutenu, alors, faut-il envisager à ce titre, non pas d’augmenter le CMG mais de le reformer en faveur de la PSU en direction du mode d’accueil que représente les assistantes maternelles.
A l’aube des futures négociations et des réformes, sans doute faudrait-il ne pas agir que sur les textes mais également sur la concrétisation du soutien financier qui reste indispensable dans une logique d’universalité des familles.




 
Article rédigé par : Sandra Onyszko
Publié le 07 juin 2022
Mis à jour le 08 juin 2022