Des professionnelles formées au portage physiologique à la micro-crèche Maravella

A la Destrousse, dans les Bouches-du-Rhône, la micro-crèche Maravella propose une approche du portage tout en douceur. Proposée et non imposée, cette technique est utilisée en fonction des besoins de l’enfant avec l’accord des familles et des professionnelles qui doivent se sentir à l’aise avec la proximité qu’il requiert. Si tel est le cas, une formation est dispensée aux adultes-porteurs afin que les tout-petits puissent tirer tous les bénéfices d’un portage adapté…
Le portage au service du bien-être des tout-petits
Le portage existe depuis le début de l’humanité. C’est une pratique que l’on retrouve aux quatre coins du monde et qui répond aux besoins primaires : garder la proximité avec le bébé et le protéger en lui faisant découvrir le monde en toute sécurité. « Le portage permet au tout-petit de remplir son réservoir affectif, d’être sécurisé et de gagner en confiance en lui. Ses moments de jeu et d’exploration se trouvent alors optimisés », explique Ségolène Bourelly, EJE et référente technique de la structure Maravella. De plus, le portage stimule au gré des mouvements de l’adulte le tonus musculaire de l’enfant et sa recherche d’équilibre. Bref, le portage a indéniablement des multiples vertus. Pour autant, tous les enfants n’en ont pas forcément besoin. « Le portage peut être utilisé pour un enfant qui pleure de façon régulière et/ou prolongé mais s’arrête lorsqu’il est au contact des bras de l’adulte. Oui pour un tout-petit encore allaité et qui montre le besoin d’être contenu, ou plus simplement pour assurer une continuité de ce qui est fait à la maison », indique Ségolène Bourelly. Et « dans tous les cas, et afin que l’enfant profite pleinement d’un temps privilégié, précise-t-elle, les moments opportuns sont déterminés en équipe lors d’une réunion. »  

Un outil à disposition, mais sans obligation
Si cette pratique peut être bénéfique aux tout-petits, il est essentiel que parents et professionnelles y adhérent. « Il y a trois personnes à prendre en compte avant de mettre en place la formation : les enfants, les familles et les professionnelles. L’aisance avec la proximité, l’envie de s’ouvrir à cette nouvelle pratique, sont autant d’élément à prendre en considération. Et pour un portage réussi, il faut que tous les protagonistes soient à l’aise avec l’idée », insiste la référente technique. Et remarque : « Les équipes sont amenées à évoluer régulièrement, le personnel change, il faut donc former sur le sujet en permanence et lorsque de nouvelles professionnelles arrivent, elles ne sont pas toutes réceptives. » Certaines idées reçues ont en effet la vie dure comme le souligne Ségolène Bourelly : « Parfois il y a de la résistance avec des clichés, tel que : l’enfant ne doit pas s’habituer aux bras ! Ce sera plus difficile pour lui plus tard. C’est alors tout un cheminement autour des besoins physiologiques de l’enfant et des bienfaits du portage qui doit être fait. » Une fois que les parents et l’équipe sont partants, un temps de formation autour du portage est organisé. C’est Ségolène Bourelly, qui s’est à la base formée dans sa vie personnelle pour pouvoir le pratiquer avec ses deux enfants, qui transmet ses connaissances aux équipes. La formation porte sur les bienfaits du portage, es moments adéquats pour porter l’enfant et bien entendu sur la technique en tant que telle.

Le portage sur le ventre, le dos ou le côté
La position de l’enfant doit être physiologique, pour des questions de sécurité bien entendu mais aussi pour tirer tous les bénéfices du portage. Porter sur le ventre, la tête du bébé doit être à hauteur de bisous, sur le côté, le dos arrondi, les hanches en M (les genoux plus hauts que les fesses) et au moment de l’installation la nuque du bébé doit toujours être maintenue, recommande Ségolène Bourelly. Différentes ceintures de portage sont disponibles et utilisées en fonction de l’enfant (âge, poids), de la position adoptée (ventre ou dos) et du ressenti de l’adulte, car il est important que le porteur soit à l’aise. Il y a l’écharpe de portage, un très long tissu à nouer de différentes façons, des porte-bébés ou encore le sling, tissu avec un anneau sur le côté utilisé pour les portages temporaires et de courtes durées. Mais dans la majorité des cas sur la structure, c’est le meï-taï qui est adopté. A mi-chemin entre le porte-bébé et l’écharpe, il est facile et rapide à attacher grâce à ses clips.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            
Une approche flexible au cœur d’un réseau
La micro-crèche Maravella fait partie du réseau La Maison Bleue dont le projet éducatif repose notamment sur la sécurité affective de l’enfant. Et c’est en ce sens que le portage physiologique est mis en place, lorsqu’une équipe l’estime nécessaire. Pour autant, le projet institutionnel n’en fait pas mention. Il appartient donc à chaque structure d’inscrire cette pratique dans son projet pédagogique. Toutefois, le réseau dispense les formations nécessaires aux équipes et met à disposition le matériel pour un portage adapté. Cette formation intitulée « Portage physique et psychique » peut être dispensée par une psychomotricienne aux équipes via les différents centres de formation de La Maison Bleue un peu partout sur le territoire. Sarah Ferrand, Directrice petite enfance de La Maison Bleue, souligne : « Il ne s’agit pas de mettre un enfant en écharpe pour avoir les mains libres et faire autre chose. Cette technique est associée à un soin et doit être réalisée en relation privilégiée avec l’enfant porté. Il permet de sécuriser les plus petits et de garder les interactions avec les plus grands. Le portage se généralise depuis dix ans environ sur nos crèches et plus fortement en agglomération. En effet, lorsque les parents utilisent déjà différent mode de portage pour circuler en centre-ville ou en transport en commun, ils sont plus enclins à ce que cette méthode qui rassure leurs enfants, se poursuive sur la structure d’accueil. » 
  
 
Article rédigé par : Pauline Bersier
Publié le 06 décembre 2021
Mis à jour le 06 décembre 2021