Les Petites Souris : une MAM ouverte par trois copines

S’il existe des signes dans la vie, alors Cathie les a tous reçus 5/5. Et écoutés. Car cette quadragénaire, lasse de son travail, a eu envie de changer de voie et s’est fait confiance. La crise de la quarantaine ? Peut-être. Toujours est-il qu’elle est allée jusqu’au bout de son changement de carrière. Avec deux de ses amies : elles sont devenues assistantes maternelles et ont créé une MAM qui ouvrira en janvier 2019. Récit.
La MAM des 3 compères
Cathie travaille dans l’univers culturel mais la flamme des premiers jours n’est plus là. Elle voudrait changer de carrière mais ne sait pas quoi faire. Un matin, alors qu’elle regarde Les Maternelles, elle découvre le fonctionnement d’une Maison d’Assistantes Maternelles ( MAM) grâce à un reportage. « Je trouve cette organisation super ! On peut travailler avec des enfants sans rester chez soi et être avec des collègues » raconte Cathie. L’idée germe dans sa tête. Et 15 jours plus tard, sa voisine et amie de longue date, Isabelle, vient prendre le café. Elle aussi en a marre de son travail, s’en plaint à Cathie et lui lance tout de go : « Et si on créait une MAM toutes les deux ? ». Un signe ! Le premier d’une longue série.
Les deux compères se lancent alors dans ce projet. « Nous sommes allées rencontrer des puéricultrices, nous avons visité plusieurs MAM, et tous ces échanges n’ont fait que conforter notre envie de tenter l’aventure » poursuit Cathie. Plus elles avancent dans leur réflexion, plus elles sont persuadées qu’être 3 serait idéal. Cathie et Isabelle pensent alors à une amie commune : Myriam. Toutes deux craignent son refus car elle habite un peu loin du lieu où le projet pourrait se faire (40 km). Pourtant, quand elles lui soumettent l’idée, la réponse de Myriam est immédiate : oui ! « Elle n’a même pas pris le temps de la réflexion » s’en amuse encore Cathie. Et voilà comment trois amies démissionnent ou profitent d’un plan de départ pour créer leur MAM.

Une MAM dans un ancien hôtel-restaurant
Tous les soirs (ou presque) pendant plus d’un an, les trois associées se réunissent et parlent de leur projet. Elles se renseignent sur tout : les normes, le métier, l’agencement de l’espace… Elles se rendent à la PMI, consultent des puéricultrices et participent à la réunion de la direction territoriale dédiée aux MAM. En plus de cela, chacune d’elles suit la formation d’assistante maternelle. Les voilà parées.
Il faut désormais trouver le lieu d’accueil. Les trois amies visitent plusieurs sites. Un jour, Cathie, très intéressée par l’un d’eux se heurte à un problème de parking devant cet espace. Elle se rend alors à la Mairie de Saint-Amand-les-Eaux espérant trouver une réponse à son problème. Rien n’y fait. Mais la personne à qui elle explique son projet a un lieu en tête qui pourrait bien lui plaire. Un signe ? Certainement. Les trois amies se retrouvent à visiter un grand bâtiment de 340 m2, ancien hôtel-restaurant, idéalement situé. Et voilà comment Cathie, Isabelle et leur mari deviennent propriétaires de ce lieu. « C’est une aventure familiale ! », s’exclame Cathie. « Quand on se lance dans un projet pareil, on embarque forcément nos maris ». Jamais Cathie n’aurait misé sur ce lieu qui était dans un état catastrophique. Mais son mari, conducteur de travaux, en a vu d’autres. Il lui assure que l’endroit a du potentiel. Elle lui fait confiance. Et c’est parti pour plusieurs mois de travaux !

Des professions médicales et paramédicales dans les locaux de la MAM
La MAM ouvre très bientôt (janvier 2019), dans des locaux pensés pour les enfants. « Nous n’avons pas adapté une maison pour accueillir des petits, nous avons tout fait pour eux, via le prisme de la petite enfance », explique fièrement Cathie. « Pour l’agencement nous avons beaucoup écouté les conseils des puéricultrices ; comme éviter de mettre un plan de change contre un mur, pour toujours avoir un œil sur les enfants, par exemple. Et le site des Pros de la Petite Enfance a aussi été une mine d’informations » ajoute-t-elle (rires). Mais une bâtisse de 340 m2 pour 9 à 12 enfants, ce n’est pas un peu trop grand ? « Tout l’espace ne sera pas dédié aux enfants. Nous avons un rêve : créer des cellules médicales et paramédicales en lien avec la petite enfance dans l’enceinte de la MAM » nous confie Cathie. Et le rêve pourrait bien devenir réalité. Car, nouveau signe, le mari d’Isabelle est psychologue à Lille et a très envie de changer de cadre. Ce sera donc probablement le premier à occuper une partie des locaux. Cerise sur le gâteau : il a exercé en crèche !
Puis il a fallu meubler la MAM. Et là encore, autre signe. Le frère de Cathie habite Paris et l’une de ses amies fermait une MAM. Elle a alors pu récupérer un mobilier en parfait état pour démarrer. Quand on vous dit que toutes les planètes semblent s’aligner pour ce projet !

Des projets plein la tête
Avant l’ouverture, les trois amies sont en ébullition. Pleines d’envies pour la MAM qu’elles comptent bien mettre en place.  Alors elles se forment : au ukulélé pour Cathie ou encore au langage des signes pour bébé ! « La culture aura une place importante dans notre MAM étant donné mon ancien métier, détaille Cathie. Nous avons une pièce de 50m2 qui pourra être dédiée à la motricité mais aussi à l’accueil de spectacles ! »
Elles ont également très envie de développer les rencontres intergénérationnelles. Et justement, il y a un EHPAD juste à côté de leur MAM. Doit-on encore parler de signe ? Cathie a déjà rencontré la responsable des animations, qui est emballée par l’idée. Mais chaque chose en son temps. La MAM va ouvrir, chacune va prendre ses repères et peu à peu, les différents projets pourront voir le jour. Et l’on n’a pas de doute à ce sujet !
Article rédigé par : Laure Marchal
Publié le 05 décembre 2018
Mis à jour le 06 décembre 2018