Quand 4 poules vont à la crèche des Bruyères…

Depuis quelques mois, la crèche des Bruyères a dépassé son taux d’occupation ! Quatre poules ont en effet rejoint la structure. Une initiative à visée écologique et pédagogique menée avec l’association locale EcoCocotte qui installe et gère des poulaillers urbains.
En juin dernier, 4 petites poules ont fait leur entrée à la crèche des Bruyères (92), une structure municipale de 60 berceaux en délégation de service public gérée par le réseau Les Petits Chaperons Rouges. Un projet venu d’une envie de se rapprocher de la nature, pour le plus grand plaisir des enfants accueillis. 

Travailler autour de la nature en pleine ville
La crèche des Bruyères est bien lotie. Située en banlieue parisienne, dans les Hauts-de-Seine, elle dispose d’un grand espace extérieur. Une chance pour les enfants accueillis qui profitent le plus possible du jardin et des structures de jeux. Et maintenant aussi d’un poulailler ! « La nature est très importante dans notre réseau. Nous avions l’envie de proposer une initiative différente. Nous nous sommes rapprochés d’une association locale, EcoCocotte, située dans le Val-D’oise, qui installe et gère des poulaillers urbains », explique Emeline Crosnier-Leconte, la nouvelle directrice de la crèche. Un joli projet soutenu par la PMI, sensible à l’intérêt pédagogique et écologique de celui-ci. « La PMI nous a suivi dans la mise en place du poulailler. Toutefois, pour le moment, elle a mis son veto quant à la consommation des œufs par les enfants. Ce sont donc les professionnels qui en bénéficient », précise Emeline Crosnier-Leconte.

Des enfants investis auprès des poules
« Au moment de la mise en œuvre du projet, nous avons expliqué la démarche aux parents, présenté l’association… Les parents ont accès au jardin donc ils peuvent également profiter du poulailler et aller à la rencontre des poules avec leur enfant. Concernant les tout-petits accueillis, nous avons travaillé à partir d’un imagier », détaille la directrice.  Après la théorie, la pratique ! Les enfants sont encouragés à s’occuper des 4 petites poules qui peuplent le poulailler, composé d’une cabane en bois et d’un espace attenant grillagé. Celui-ci est installé dans l’espace extérieur réservé à la section des grands mais tous les enfants de la crèche peuvent y accéder accompagnés d’un adulte. Pour l’heure ce sont surtout les moyens et les grands qui en profitent. Au programme : leur donner à manger, remplir les réservoirs d’eau et ramasser les œufs ! De quoi émerveiller les tout-petits. Et tout cela bien sûr dans le respect des animaux. « Nous avons expliqué aux enfants qu’il fallait prendre soin des poules, qu’elles faisaient partie de leur univers et qu’il était important de les respecter. Parfois, nous prenons les poules dans nos bras afin que les enfants puissent les toucher, mais si on sent qu’elles ne veulent pas, on n’insiste pas. De même, du côté des enfants, il n’y a aucune obligation. Certains veulent s’occuper d’elles, d’autres sont beaucoup moins intéressés », note Emeline Crosnier-Leconte. L’intérêt pédagogique d’accueillir des animaux au sein d’une structure d’accueil est bien là ! « Une petite poule blanche est malheureusement décédée, nous en avons parlé avec les enfants. Et puis, il y a aussi la question des déchets. On leur apprend qu’au lieu de les mettre à la poubelle, on peut les réutiliser, les recycler en les donnant aux poules et ainsi éviter le gaspillage ». Une initiative également écologique donc même si pour l’heure, l’arrivée des poules étant récente, la crèche n’a pas encore pu réellement évaluer la réduction des déchets.

Beaucoup de plaisir et peu de contraintes
Curiosité, découvertes, surprises, éclats de rire… Ces petites pensionnaires gourmandes et sociables font la joie des enfants. « Dès qu’elles entendent les portes s’ouvrir, des pas approcher, elles se précipitent à côté de la bassine où nous mettons les restes alimentaires. De même que l’on explique tout aux enfants, nous parlons aux poules lorsque nous allons les voir. Nous leur disons si nous venons leur donner à manger, si nous venons ramasser leurs œufs ou si nous venons juste leur dire bonjour », explique la directrice. Et l’activité préférée des enfants ? Le ramassage des œufs ! Les petites poules en pondent entre 4 et 6 par jour. « Nous essayons de ne pas collecter les œufs en une seule fois afin que toutes les sections puissent avoir la joie d’ouvrir la trappe et de découvrir la ponte du jour », ajoute-t-elle. Un autre avantage : la poule est un animal inoffensif. Certes des précautions sont prises mais elles n’alourdissent pas la vie avec les petits. « La porte du poulailler est toujours verrouillée et on explique aux enfants de ne pas passer leurs mains à travers le grillage pour ne pas qu’ils se fassent picorer leurs doigts mais sinon la vie avec les poules est plutôt simple. Côté hygiène, les enfants se lavent les mains avant et après les avoir approchées », souligne Emeline Crosnier-Leconte.

Au final, la gestion de ces petites bêtes et de leur habitat est relativement aisée pour les professionnelles de la crèche des Bruyères puisque l’association Ecococotte s’occupe de leur suivi sanitaire et de l’entretien du poulailler, tous les 15 jours. « Nous avons à notre disposition un peu de paille, si nécessaire, et des sacs de grains pour nourrir les poules, en complément des restes alimentaires des enfants. Pour nous, il y a peu de contraintes », fait remarquer la directrice. Une initiative qui a fait des émules puisque depuis début octobre une autre crèche du réseau Les Petits Chaperons rouges, située à Argenteuil (Val-D’Oise), accueille un poulailler en son sein.








 
Article rédigé par : Caroline Feufeu
Publié le 10 novembre 2020
Mis à jour le 04 mars 2021