Le ballet Preljocaj s’invite dans des crèches d’Aix-en-Provence

Pour faire découvrir les arts aux tout-petits, à Aix-en-Provence, dans des crèches en DSP Les Petits Chaperons rouges (LPCR), plusieurs partenariats locaux ont été conclus. Et notamment avec le Pavillon Noir, lieu de résidence du Ballet Preljocaj, compagnie de danse contemporaine créée par le chorégraphe français Angelin Preljocaj. Retour sur cette belle initiative et sa genèse.
La vague créative où des équipes sensibilisées à l’art
Si des danseurs du G.U.I.D (groupe urbain d’intervention dansée) du Ballet Preljocaj ont pu intervenir en 2019 au sein des crèches Tipi et Pirouette, ce n’est pas le fruit du hasard mais celui d’une démarche initiée bien en amont notamment par Paola Le Boucher, coordinatrice petite enfance LPCR PACA, et qui impliquait avant tout les directrices et les pros de terrain. « J’ai toujours été intéressée par l’art et la petite enfance », confie Paola Le Boucher. Et poursuit : « On a donc commencé en 2015 en faisant une journée de formation pour les directrices avec un consultant, Pascal Bely, sur la façon dont on pourrait manager différemment les équipes, en mettant la créativité au cœur de notre travail et de nos réunions. Nous voulions voir si les directrices étaient en phase avec ce projet éventuel. » Le retour étant positif, Paola Le Boucher et une collègue continuent à travailler sur le sujet avec Pascal Bely et, en 2016, cela débouche sur la mise en place de « la vague créative ». « C’était des temps de formation où l’on menait une réflexion sur l’art dans la crèche : comment aborder l’art avec les enfants ? Comment aborder l’art avec les professionnels ? », explique la coordinatrice. En pratique, il y avait un groupe avec 10-12 directrices, un autre avec des professionnels de terrain qui travaillaient dans les mêmes structures que les directrices, et constituaient ainsi des binômes, mais également un groupe de coordinateurs (pros de terrain et directrices) qui faisaient le bilan de l’ensemble des formations. 

Le Pavillon Noir : des équipes aux enfants
C’est dans ce contexte qu’un rendez-vous est pris avec le Pavillon Noir. « Deux journées ont pu être organisées au sein du Centre chorégraphique national. Une pour les directrices et une autre pour les professionnels », indique Paola Le Boucher. Et ajoute : « Nous avons commencé par visiter le lieu, les studios, puis nous avons eu un temps d’échange avec un danseur. Enfin, il a essayé de nous faire danser, ce qui n’est pas forcément évident lorsque l’on est entouré de ses collègues. Mais, au fil de la journée, nous avons réussi à nous détendre et à nous exprimer en dansant. » Un joli moment, également partagé par Marion Roy, directrice de la crèche Tipi : « J’en garde un très bon souvenir. J’ai d’ailleurs découvert la fonction de directrice au travers de ces journées créatives. » Après cette initiation réussie, Paola Le Boucher souhaite aller plus loin et met en place un mécénat entre le G.U.I.D et deux crèches (Tipi et Pirouette).

3 matinées avec 3 danseurs
Le mécénat prévoyait 3 matinées où se produiraient des danseurs du ballet Preljocaj. Les deux premières ont eu lieu en 2019 mais, Covid-19 oblige, la 3e n’aura finalement lieu que cette année, le 18 juin prochain. Des interventions, en tout état de cause, bien préparées. « Avant la première représentation, un danseur est venu pour visiter les locaux et voir où le spectacle pourrait avoir lieu, où ils pourraient le mieux s’exprimer », indique la directrice de la crèche Tipi. 
Pour faire connaissance, le jour J, pendant leur échauffement, les artistes ont accueilli les enfants par groupe de 3. Une fois les présentations terminées et les danseurs prêts, place au spectacle ! Au programme : un patchwork de différentes chorégraphies de Preljocaj dont Blanche-Neige. « Il n’y avait pas d’obligation d’y assister mais nous avions laissé la porte ouverte. Au final, tous les enfants ont voulu regarder », précise Marion Roy. La chorégraphie terminée, les danseurs ont proposé aux enfants une mise en mouvement. « Lors de la première matinée, il y a eu peu de volontaires mais lors de la 2e matinée, nous avons sorti des instruments de musique et nous avons eu la sensation que cela avait fait le lien avec les danseurs et tous les enfants se sont mis en mouvement. L’art est vraiment rentré dans la crèche », souligne Marion Roy. Et ajoute : « Ce qui nous a étonnés, c’est le calme des enfants pendant la représentation qui était relativement longue puisqu’elle a duré une trentaine de minutes. Et puis, à la fin, la journée avait repris tranquillement son cours. Cela n’avait pas bouleversé le rythme, les rituels. On a trouvé l’approche des danseurs très adaptée. Ils viennent vraiment pour partager un moment avec les enfants, ils se mettent à leur hauteur. Ils nous ont d’ailleurs confié que pour eux c’était intimidant car c’était la première fois qu’ils se mettaient au contact des crèches. » Ce que confirme Paola Le Boucher : « Ils nous ont dit qu’ils avaient beaucoup appris et qu’ils ne pensaient pas que ce serait aussi intense que cela avec des tout-petits. »

Une soirée au Pavillon Noir pour les familles
Si les parents n’ont pu assister aux représentations au sein des crèches, ils ont toutefois été associés au projet. « Nous avons clôturé le mécénat par une invitation des familles, enfants compris, à une soirée au Pavillon Noir où le G.U.I.D du Ballet Preljocaj a montré la chorégraphie qui avait été présentée dans les deux crèches. Et, après, nous avons organisé un petit cocktail pour pouvoir échanger sur le sujet tous ensemble », explique Paola Le Boucher. Une exposition photos au sein des structures a également permis de faire découvrir ces moments aux parents.

Un partenariat particulièrement réussi
Danseurs, équipes, enfants, parents… le plaisir a été partagé par tous. Une expérience donc concluante qui va se poursuivre. Un nouveau mécénat est en effet prévu avec deux autres crèches de la DSP d’Aix (Pom d’happy et Petit Jardin). Paola Le Boucher précise : « Les crèches qui ont participé à ce mécénat ont la possibilité de continuer sous forme d’ateliers toujours menés par le G.U.I.D avec leur propre budget. » Et Marion Roy, qui se réjouit de la 3e matinée qui aura bientôt lieu, de conclure : « Ce type d’initiative fait du bien à une crèche. Cela apporte du beau aux enfants et aux équipes. »
Article rédigé par : Caroline Feufeu
Publié le 03 juin 2021
Mis à jour le 03 juin 2021