Élancourt : la mairie a créé un poste de coordinatrice de la continuité éducative

A Élancourt, depuis 2015, la mairie a créé un poste de coordinatrice de la continuité éducative. Une personne dépendant à la fois du service petite enfance et enfance/éducation, chargée de faire lien entre les crèches et les écoles maternelles de la ville. Pour permettre des transitions douces, notamment aux enfants en situation de handicap, et améliorer les pratiques professionnelles des uns et des autres. Un succès. Et surtout une initiative qui a anticipé sur « le continuum éducatif » devenu un des points forts de la politique du gouvernement.
Un dispositif dédié aux enfants les plus en difficulté mais qui a vocation à s’étendre
Au départ ce fut une nomination de circonstance. Un multi-accueil devait fermer. La municipalité souhaitait conserver les deux directrices dont l’une partait à la retraite deux ans plus tard. « On a choisi de garder cette directrice, éducatrice de jeunes enfants de formation, et de lui confier un travail d’accompagnement spécifique des enfants en situation de handicap » explique Ghislaine Macé-Baudoui, élue petite enfance d’Élancourt. « Notre question était : comment faire pour que le travail d’inclusion réalisé dans EAJE se poursuive à l’école maternelle ? Notamment comment faciliter cette transition pour les enfants et leurs parents ? ». Et évidemment, avec la conviction qu’à terme, les bonnes pratiques expérimentées seront étendues à l’ensemble des enfants et des familles. Car ce qui est profitable pour les plus fragiles l’est aussi pour tous.

Depuis le poste a été pérennisé et c’est désormais une psychologue, Betty Bellanger-Latrasse, qui l’occupe et développe ce qui a été entrepris. « Ce qui fait le succès de ce poste transversal explique-t-elle, c’est que les deux services s’entendent bien et travaillent main dans la main ». Avec un objectif commun très fédérateur : être attentif au rythme des enfants, à leurs besoins individuels et travailler en lien avec leurs parents. Et le fait que Betty Bellanger-Latrasse soit psychologue est un plus pour cette fonction : son regard est plus affuté sur le repérage des difficultés et sa formation l’a préparée aux discussions avec les parents.

Les Atsem en première ligne et le temps périscolaire point-clef du dispositif
Très concrètement, il a fallu que ces services apprennent à travailler ensemble pour réaliser ce travail d’anticipation et mieux se rendre compte des besoins de l’enfant à l’école et en périscolaire.
Plus facile à faire avec les Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) et animateurs des centres de loisirs qui dépendant des mairies qu’avec les enseignants, qui eux dépendent de l’éducation nationale. C’est donc avec ces personnels que tout a commencé. Les Atsem ont une formation petite enfance contrairement aux animateurs. Le travail le plus important a donc été réalisé auprès des équipes d’animation. « C’est essentiel souligne Betty Bellanger-Latrasse, car c’est un temps d’accueil qui n’est pas axé sur les performances. Ce sont des lieux où les familles peuvent se sentir écoutées avec bienveillance sans jugement sur les résultats, les capacités et compétences de leur enfant. » Par ailleurs certains enfants vont au centre de loisirs durant l’été précédant leur rentrée à l’école maternelle.

Un bilan très positif
Aujourd’hui le bilan est plus que positif. Les équipes de la marie travaillent ensemble de façon transversale en toute confiance et avec fluidité. Les directeurs des centres de loisirs ont pris conscience progressivement des spécificités des jeunes enfants de trois ans. « Et cela a un impact sur le choix du  matériel, du mobilier, de l'aménagement de l'espace et des activités, précise Betty Bellanger-Latrasse. Mais plus globalement, cela permet des échanges et crée une dynamique autour de l’accueil bienveillant et du bien-être du jeune enfant ».
Il faut dire que grâce à des aides de la Caf, des formations spécifiques ont pu être mises en place pour les Atsem et les collaborateurs des centres de loisirs. Les directrices de maternelles aussi sont désormais persuadées de l’intérêt de la démarche. Elles voient que les rentrées se déroulent dans de meilleures conditions. Pour les enfants, les enseignants, les familles.

Les familles, les grandes gagnantes
Mais indéniablement ce sont les familles (et leurs enfants) qui tirent le plus grand bénéfice de ces relations soutenues entre écoles et EAJE. Les parents des enfants en situation de handicap, mais les autres aussi, qui participent de plus en plus nombreux aux réunions et actions qui leur sont destinées.
Pour le cas des enfants en difficulté, auxquels le dispositif est pour l’heure consacré ou en tout cas prioritaire. Betty Bellanger-Latrasse précise : « Tous les liens se font avec l’accord des familles ». Car dans ce domaine comme tant d’autres, on ne peut avancer avec les enfants sans les familles. Les familles qui acceptent rencontrent alors le directeur de l'école et les personnels spécialisés, s’il y a handicap avéré et diagnostiqué. « Cette anticipation de la scolarisation en école maternelle, souligne la psychologue, permet de voir ce qui va bien et ce qui ne va pas. C’est aussi l’occasion de travailler sur un temps de familiarisation avec l’école très progressif ». Par exemple, maternelle le matin et crèche l’après-midi pendant les premiers mois. Ce style de réunion permet aussi de savoir si l’enfant aura besoin ou non d’un assistant de vie scolaire.

A Élancourt, tout est encore en construction. En réflexion. C’est un dispositif qui prend du temps à se mettre en place. Mais les mentalités ont évolué, les pratiques professionnelles aussi. Cette vigilance autour de la transition crèche-école va s’amplifier et concerner tous les enfants, toutes les familles. La nouvelle coordinatrice de la continuité éducative, soutenue par les élus, y compte bien !
Article rédigé par : Catherine Lelièvre
Publié le 18 février 2019
Mis à jour le 25 février 2019