L'Association Mireille Bonnet, très active dans l’inclusion de tous les enfants

Depuis 1988, l’association Mireille Bonnet à Perpignan favorise l’accueil et l’inclusion des jeunes enfants en situation de handicap et leur famille. Au sein des crèches dont elle a la gestion, mais également via des formations, l’accompagnement d’autres structures qui souhaitent s’inscrire dans cette démarche, et en développant des liens avec l’école maternelle. Mixité, accompagnement à la parentalité… Zoom sur un projet exemplaire !
Le rêve d’une jeune fille devenu réalité
L’histoire de l’association c’est d’abord celle d’un hommage. Mireille Bonnet était une jeune fille polyhandicapée atteinte de la mucoviscidose. Prise en charge dans un Cabinet de Rééducation d’Enfants à Banyuls sur Mer, elle constate la détresse des parents d’enfants lourdement handicapés qui n’ont pas d’autre choix que de les placer en internat. Privés la plupart du temps de l’accès à la crèche et à l’école maternelle. Lors des consultations chez son kinésithérapeute, où elle rencontre et échange avec des personnes bien portantes, elle rêve alors de créer une « Maison ». Un lieu dynamique et ouvert qui accueillerait chaleureusement les enfants en difficulté motrice, mentale ou sensorielle, où tous puissent partager ensemble, sans discrimination, l’éducation et les loisirs.

La maladie finit par l’emporter. Mais pas son rêve. En 1988, des parents avec le kinésithérapeute créent l’association à gestion parentale « Mireille Bonnet » pour apporter aux parents d’enfants en situation de handicap une aide au répit. Qui ouvre un an plus tard un « Bébé-Hôtel ». Dans un cadre bénévole d’abord, les parents entourés d’une équipe pluridisciplinaires et accompagnés de leurs propres enfants se relaient les nuits, week-ends et jours fériés pour accueillir les petits en situation de handicap. La Maison imaginée par Mireille Bonnet était née. Ses objectifs : la mixité, l’inclusion et le bien-être de tout enfant. « Nous travaillons à niveler les différences entre les enfants, que chacun puisse être accepté et accueilli », précise Dany Roy, l’actuelle directrice de l’association.

Des lieux d’accueil et d’écoute pour toutes les familles
Grâce au grand succès qu’elle rencontre, l’association Mireille Bonnet commence à recevoir des subventions. La maison devient une halte-garderie, ouverte à tous sans exception du lundi au vendredi. « On pourrait penser que c’était très avant-gardiste pour l’époque note Dany, mais non, c’était simplement du bon sens. » Avec un agrément de quinze berceaux, La Toupie accueille à temps partiel (en majorité) des enfants dits « ordinaires » et en situation de handicap, âgés de 11 mois à 6 ans. Le principe est bien de proposer, hors du secteur médicalisé, des ateliers auxquels tout enfant peut participer à la hauteur de ses moyens. En plus des professionnels de crèches, l’équipe compte une éducatrice spécialisée, une monitrice éducatrice, une animatrice diplômée BPJEPS / CAP Petite Enfance. Interviennent parfois aussi un ergothérapeute et un kinésithérapeute (à la retraite) spécialisé dans le handicap en petite enfance.

La structure se veut aussi à caractère social : accessible à tout le monde, quel que soit ses moyens. Ainsi 95% des parents paient moins d’un euro de l’heure. « C’est quelque chose que nous souhaitons vraiment maintenir, souligne-t-elle, pour continuer de pouvoir accueillir des enfants qui ne seraient pas forcément acceptés dans d’autres crèches ou ceux dont les parents ne peuvent pas faire une trop grande avance des frais. »
L’association Mireille Bonnet a également ouvert en 2015 une micro-crèche en financement Paje, La Barbotine. Une structure qui existait déjà mais avait fermée… jusqu’à sa reprise par l’association !

Et le samedi matin, à la Barbotine ou la Toupie, une éducatrice de jeunes enfants et une éducatrice spécialisée proposent aux familles des « Bulles de Part’Ages ». Des ateliers de soutien à la parentalité et des groupes de paroles, labellisés REAAP (Réseau d’Ecoute d’Appui et d’Accompagnement des Parents) qui abordent différentes thématiques.

Favoriser la continuité éducative entre les parents et les professionnels
Pour développer cet effort d’inclusion à plus large échelle, l’association a développé depuis 2012 le pôle ressources « Hand’Avant 66 ». Un service gratuit qui accompagne les gestionnaires et professionnels d’EAJE, ALSH, CAMSP, CMP, SESSAD, Hôpital de jour, IME, dans l’accueil d’enfants et d’adolescents présentant des besoins particuliers. « Si par exemple une crèche accueille pour la première fois un enfant avec des troubles autistiques, la coordinatrice du service, une éducatrice spécialisée, va rencontrer ses parents et les professionnels de la structure, précise Dany. Pour échanger sur l’enfant et son futur environnement, voir ce qui est faisable en termes de rythme d’accueil, de démarche pédagogique, d’ateliers collectifs… créer un protocole concerté - PIAM*. »

Le pôle déploie aussi ses actions vers l’école, en copilotage avec la Fédération nationales des Francas, association d’éducation populaire (plus spécialisée autour des jeunes de 6 à 18 ans). A travers des échanges avec les auxiliaires de vie scolaire et tout le personnel périscolaire ou extra-scolaire - Atsem, personnel de cuisine… « Les petits en situation de handicap doivent aussi pouvoir être accueillis à l’école. D’autant plus avec la scolarisation parfois dès 2 ans et l’instruction obligatoire à partir de 3 ans. »

Porté par plusieurs institutions (Caisse d’allocations familiales, Conseil Départemental, Mutualité sociale agricole…), ce service a un rayonnement départemental : ce sont actuellement 200 familles qui sont suivies. « Cet accompagnement des parents et des professionnels est très important pour que l’inclusion puisse s’opérer sans que tout le monde soit en souffrance, » explique-t-elle.

Sensibilisation, formation et accompagnement à la VAE
Forte de toutes ces expériences, l’association comprend désormais un volet formation, « Mireille Bonnet développement / compétences ». Un pôle reconnu sur Perpignan comme spécialisé en petite enfance, handicap, mixité, inclusion. Il propose des interventions pour la formation professionnelle, la sensibilisation et des conférences, l'animation de groupes d’analyse de la pratique professionnelle intra structures et en Institut médico-éducatif. Et de l'accompagnement à la validation des acquis de l’expérience (VAE) pour les diplômes d’état du secteur sanitaire et social - Educateur de Jeunes Enfants, éducateur spécialisé, Moniteur Educateur, Assistante Sociale… « Tout est lié bien sûr », rappelle Dany.
L’association poursuit sa belle progression, mais a toujours besoin de soutien pour continuer de fonctionner. Elle a donc lancé des appels aux dons, notamment via son site internet.


* Projet d’Inclusion et d’Accueil de Mineurs
Article rédigé par : Armelle Bérard Bergery
Publié le 14 décembre 2018
Mis à jour le 20 janvier 2019