Handicap

A Roubaix, une crèche pensée pour les enfants en situation de handicap

A Roubaix, dans une rue très calme se niche une crèche qui accueille des enfants en situation de handicap. Née de la rencontre entre l’association Noémi et le réseau de crèches Rigolo Comme La Vie, elle a aujourd’hui une belle équipe aux commandes et des enfants heureux : immersion dans la crèche Rigolo Comme La Vie Noémi.
crèche-Noemi-Roubaix
La crèche Noemi n’est pas une crèche comme les autres. Ou plutôt si. Elle a juste une spécificité : elle accueille des enfants en situation de handicap. C’est en 2010 que cette crèche a vu le jour sous l’impulsion de l’association de parents d’enfants polyhandicapés : Noémi. Celle-ci avait le projet d’ouvrir une telle crèche. La directrice a alors rencontré Rigolo Comme La Vie en 2009 et leur partenariat a immédiatement été une évidence. Les deux entités se retrouvent en effet autour de valeurs communes comme « amener les enfants à explorer le monde », les « aider à grandir », qu’ils soient en situation de handicap ou non.

Du dojo à la crèche
La volonté de créer une crèche mixte est scellée. Ne reste plus qu’à trouver un local. A Roubaix, un ancien dojo ne demande qu’à être réinvesti. La surface est idéale : 350m2, de plain pied, et facilement ré-aménageable.
Le projet est lancé ! Noémi intervient en tant qu’expert du « handicap », Rigolo Comme La Vie en tant qu’expert des crèches. Grâce au mécénat dont bénéficie Noémi, des fonds sont alloués à la réalisation des travaux. « Et il n’y a même pas eu de retard ! » ajoute dans un éclat de rire, Odile Richet, la directrice de la crèche. La structure est réalisée à l’aide d’un architecte de l’association, sensibilisé au handicap. Tout va donc être parfaitement pensé pour accueillir ces enfants. « Le cadre légal demande que toutes les structures accueillent des enfants en situation de handicap mais il peut y avoir des difficultés liées à l’espace même de la crèche », explique Odile Richet. Le fait que la structure ait dès le départ été pensée pour accueillir tous les enfants est un véritable avantage. Résultat : la circulation est facilitée, l’intégration d’une salle snoezelen et d’une autre aquatique ont pu être bien réfléchie, les chambres ont également été pensées en fonction de la taille des lits à barreaux, parfois plus grands pour les enfants âgés de 6 ans (autorisé avec une dérogation de la PMI pour les enfants en situation de handicap), une pente inclinée pour rejoindre le jardin a été mise en place en amont… Tous ces détails permettent aujourd’hui à la crèche d’être parfaitement équipée pour accueillir 37 enfants en tout dont 14 en situation de handicap.

Des places pour les enfants polyhandicapés
L’association Noémi, porteuse de projets, est un véritable partenaire pour la crèche. Outre le financement des travaux, elle s’est aussi chargée de former les équipes à l’ouverture de la crèche, notamment pour l’utilisation de la salle snoezelen. « C’est une salle d’éveil des sens. Elle permet de découvrir les limites de son corps, ce qui est très intéressant pour les enfants en situation de handicap. Il y a également un matelas à eau chauffant, une petite musique douce, ainsi qu’une colonne à bulles avec contacteur sur lequel l’enfant peut appuyer pour voir son impact sur l’environnement, » explique Odile Richet. Cette salle très prisée des enfants est utilisée quotidiennement ! Et petite cerise sur le gâteau : les parents aussi peuvent s’y rendre avec leur enfant en fin de journée. « On leur explique ce qu’ils ont fait aujourd’hui mais c’est tellement de mieux de le vivre ! » s’exclame la directrice.
L’association intervient aussi directement lors des commissions d’admission d’un enfant. Un membre est toujours présent pour aider la crèche à étudier les demandes d’accueil. « L’idée n’est pas de faire de Noémi une crèche où tous les enfants en situation de handicap se retrouvent. Car la loi permet à toutes les structures de les accueillir. En revanche, ce n’est pas évident pour toutes les crèches de pouvoir recevoir un enfant polyhandicapé. C’est la raison pour laquelle nous avons 8 places uniquement dédiées au polyhandicap », témoigne Odile Richet.

Une équipe plus nombreuse
Quand on déambule dans la crèche Rigolo Comme La Vie Noémi, on voit beaucoup de sourires. Des enfants jouent, d’autres se font câliner, pendant que d’autres encore se reposent. Tout paraît simple. N’y a-t-il donc aucune différence avec une crèche « classique » ? La directrice a beau réfléchir, elle ne voit pas. Elle ajoute après un petit temps : « la seule différence c’est 2 salles en plus, des enfants différents, et davantage de professionnels, c’est tout ! ». La crèche fonctionne avec une équipe de 9 personnes dont 3 à 80 % : 1 puéricultrice, 1 éducatrice spécialisée, 2 infirmières, 1 EJE, 1 auxiliaire de puériculture, et 3 animatrices ! Une équipe plus nombreuse que dans une crèche « classique ». La CNAF accorde en effet une subvention exceptionnelle qui permet d’aider les structures financièrement. Cela sert généralement à financer un poste.
Mais pourquoi 2 infirmières ? « Nous assurons aux parents la présence permanente d’une infirmière lors que l’on accueille un enfant en situation de handicap, explique Odile Richet. Et leur présence est très utile car les situations d’urgence sont plus fréquentes, poursuit-elle, même si nous les gérons très bien car nous savons comment réagir. »
Pour le reste, tout se déroule comme dans les autres crèches du groupe : des activités, par petits groupes selon le stade de développement de l’enfant, toujours mixtes ; des moments tous ensemble, des temps calmes, des temps de repas, de repos…
Les équipes de la crèche sont très soudées et très investies dans le projet. « Il y a beaucoup de soutien entre les équipes, ce qui est primordial », assure la directrice. Elles sont aussi amenées à travailler avec des professionnels extérieurs qui viennent prodiguer des soins aux enfants, ce qui les enrichit énormément. Elles côtoient ainsi des kinés, orthophonistes, ergothérapeutes, psychomotriciennes qui travaillent main dans la main pour le bien-être des enfants. « Chaque jour, on arrive avec le sourire, et chaque soir, on repart avec le sourire », conclut Odile Richet. Ça donne envie, n’est-ce pas ?


 
Article rédigé par : Laure Marchal
Modifié le 16 juillet 2016