A Versailles, le personnel petite enfance formé à la détection des TND chez le tout-petit

Convaincus qu’il est essentiel de détecter le plus tôt possible les troubles du neuro-développement (TND) dont ceux du spectre autistique (TSA) chez l’enfant, Versailles et le Centre Hospitalier André Mignot, avec l’aide financière de la CAF des Yvelines, ont mis en place un cycle de formation inédit à l’attention des professionnels de la petite enfance de la ville. On fait le point sur cette initiative amenée à être déployée à plus large échelle.
Un projet de longue haleine
Former le personnel petite enfance de la ville de Versailles à la détection des TND dont les troubles du spectre autistique font partie est un projet que Annick Bouquet, Maire-Adjoint déléguée à la Petite Enfance de la Ville de Versailles et Présidente de l’Association des Élus Petite Enfance des Yvelines, porte depuis plusieurs années. « Ce projet remonte à 5-6 ans. Le service du professeur Mario Speranza du Centre Hospitalier André Mignot souhaitait nous rencontrer afin de savoir comment fonctionnait le lieu parent-enfant de la maison de quartier Notre Dame. Suite à cette réunion avec le pédopsychiatre et son équipe, j’ai proposé qu’ils forment mon personnel aux troubles du neuro-développement, qui comprennent les troubles du spectre autistique », confie Annick Bouquet. Il faudra attendre 6 ans pour que ce plan de formation voit le jour. « C’était quelque chose de nouveau que ce travail main dans la main entre un hôpital et une commune surtout sur ce sujet. Pendant ces 6 années, je suis revenue sans cesse vers l’hôpital car je tenais à ce projet coûte que coûte. Il fallait également un soutien financier donc je me suis tournée vers la CAF. Et au final, nous avons signé une convention avec le service du professeur Speranza, celui du Docteur Orêve, et l’administration de l’hôpital », précise l’élue.

Le dépistage précoce des TND et la médiation 
En contact avec les tout-petits au quotidien, les professionnels de la petite enfance ont un rôle essentiel à jouer dans la détection précoce des TND et TSA. Mais encore faut-il leur donner « les clés pour repérer les décalages significatifs dans les acquisitions de l’enfant ». D’où l’intérêt de ce cycle de formation qui « leur apporte à tous les mêmes données », souligne Annick Bouquet. Si cela n’avait pas été prévu au départ, il a été décidé de former à la médiation les directrices et les directrices adjointes des différentes structures municipales de la ville (crèches, multi accueils, lieu d’accueil enfants-parents, RAM). « Le repérage est important, mais il faut ensuite accompagner les familles et les amener rapidement vers les spécialistes pour une prise en charge des enfants », affirme la maire-adjointe. Et d’insister : « On est dans le respect des compétences des uns et des autres. Le rôle des professionnels de la petite enfance est de détecter et non pas de poser un diagnostic qui est du ressort des médecins. »

200 professionnels de la petite enfance formés 
En pratique, la formation est dispensée par le docteur Orêve, psychiatre, et responsable du Centre de diagnostic et d'évaluation de l'autisme et des Troubles Envahissants du Développement PEDIATED du centre hospitalier de Versailles, une psychologue et/ou une infirmière spécialisée. Et plus de 200 personnes d’ici fin mars vont en bénéficier. « Côté organisation, c’était assez compliqué puisqu’il fallait gérer le remplacement de tout le personnel et tenir compte des disponibilités de l’équipe du docteur Orêve, mais l’idée c’était de former tout le personnel assez rapidement afin que les professionnels puissent vite en discuter entre eux », détaille Annick Bouquet. La formation, qui se déroule sur une journée, à la mairie, et en groupe limité, en raison de la crise sanitaire, débute par des échanges. Puis des vidéos sont notamment diffusées permettant de « sensibiliser à plein de situations ou problématiques qui au départ pourraient passer inaperçues mais qui doivent mettre en alerte », explique l’élue. Et enfin, tout le monde repart avec un livret.

Un cycle de formation amené à évoluer et à être déployé à plus large échelle
Annick Bouquet affiche une volonté très forte quant à la poursuite et le développement de cette initiative. « Tous ces échanges entre le personnel petite enfance de la ville de Versailles et les équipes de l’hôpital lors des formations vont peut-être aboutir à une amélioration et conduire à une continuité de ce cycle de formations », espère-t-elle. Et les projets sont déjà nombreux. « Nous aimerions que lorsque le diagnostic est posé, le personnel soit formé aux bons gestes, aux bonnes attitudes pour accompagner au mieux les enfants présentant un TND et puis, nous avons aussi évoqué avec l’hôpital la mise en place d’un accompagnement parental conjoint afin d’aider les familles fragilisées », poursuit-elle. Si pour l’heure, seul le personnel de Versailles a pu profiter de cette formation, l’objectif est de l’étendre au reste des Yvelines et notamment à des villes prioritaires. Et qui sait au niveau national ? « Dans les ministères, ils sont au courant de ce projet mais je n’en sais pas plus », indique Annick Bouquet. Et de conclure : « On a coupé le mur entre l’hôpital et nous. Rien ne se fait tout seul. Le but c’est de ne pas quitter le projet des yeux, de ne pas le lâcher, dans l’intérêt de ces enfants et de ces familles. »
Article rédigé par : Caroline Feufeu
Publié le 02 mars 2021
Mis à jour le 24 mars 2021