Le Service Militaire Adapté (SMA) initie la création de crèches implantées près des régiments

Dans les départements d’outre-mer, un dispositif innovant permet à des jeunes mères, d’avoir accès à un parcours d’insertion professionnelle. Le Service Militaire Adapté (SMA)  crée des partenariats avec des gestionnaires de structures petite enfance en leur proposant de s’implanter à proximité des casernes, offrant ainsi un moyen de garde pour les enfants des volontaires. Des projets sont en cours en Guadeloupe et à la Réunion. Mise en place du premier dispositif dès 2023.
 
Le SMA : une formation pour les 18-25 ans
Le SMA s'adresse, aux jeunes de 18 à 25 ans des  territoires d’Outre-mer,  en difficultés face au monde de la formation et de l'emploi. La formation professionnelle se déroule en internat. Plus de 50 métiers sont accessibles et la durée des cursus varie entre 6 et 12 mois maximum, en fonction des profils. A la sortie de cette formation qualifiante, plus de 75 % d'entre eux ont retrouvé un emploi, dans les six mois qui suivent leur retour à la vie civile. 

SMA : le rendre accessible à de jeunes mamans
Les jeunes mamans sont bien souvent en grande précarité et ne maîtrisent aucun métier. Pour leur permettre une insertion professionnelle et sociale réussie et ouvrir à une plus grande égalité des chances avec les jeunes hommes, le SMA a conçu des programmes sur-mesure pour accompagner ce public jeune, féminin et souvent très motivé.
Les femmes, qui représentaient 3 % des volontaires il y a 10 ans, atteignent 30 % aujourd’hui. Les femmes souhaitent se former, s’autonomiser. Mais la réalité du terrain fait que l’accès à une formation en internat est compliqué lorsqu’elles sont mères.Et les bébés nés de très jeunes mères (entre 15 à 19 ans) sont plus nombreux dans les départements d'Outre-mer. A la Réunion c’est 1 femme de moins de 20 ans sur 4 qui est déjà mère. A Mayotte, c’est 1 naissance sur 10 qui concerne une très jeune mère. Ces jeunes mamans sont souvent célibataires et cela est un frein à leur intégration au régiment si elles n’ont pas de famille pour assurer la garde de leurs enfants. De plus, en confiant leurs enfants à leur famille, souvent la grand-mère, elles délèguent aussi leur rôle parental.

Fort de ces constats, et comme l’explique le Colonel SANDEAU, en charge du commandement du RSMA en Guadeloupe, « le SMA souhaite adapter ses infrastructures à ce public féminin. La priorité étant de créer les conditions de réussite pour apporter à ces jeunes mamans de la sérénité tout au long de leur formation. Leur premier besoin reste la garde de leurs enfants en bas âge. Le SMA  initie ainsi la création de crèches expérimentales implantées près des régiments. 
Les enfants sont pris en charge la journée. Les mamans sont sécurisées et peuvent s'investir pleinement dans leur parcours de formation.
»

Le SMA pour les mères et leurs enfants : coup d’envoi en 2023 -2024
Le régiment de la Réunion, qui est aussi le plus important d’outre-mer est le plus avancé dans le projet. En effet, le financement et le projet immobilier sont validés et un protocole en partenariat avec la CAF a été signé. Les travaux de construction ne devraient pas tarder à débuter.
Le colonel MAUREL en charge du commandement du RSMA de la Réunion, précise que la résidence sera construite à proximité de la caserne.  Et qu’il s’agira « d’un projet original car intergénérationnel :  au premier étage, 20 studios attribués aux mamans-stagiaires et 20 autres à destination des séniors. »  Et au rez-de-chaussée, 2 micro-crèches pourront s’installer.
La mise en service de ces locaux est prévue pour fin 2023.
Concernant le RSMA de la Guadeloupe, le projet de financement est en cours. Un budget sera alloué par la CAF et l’Europe.
La première pierre devrait être posée fin 2022, pour une mise en fonction courant 2024. La structure de 60 berceaux réservera 80% des places pour les enfants des volontaires. Les 20 restantes seront proposées aux civiles. En effet, seulement 35% des besoins en crèche sont couverts contre 57 % en métropole.

Le projet #SMA2025 veut étendre ce dispositif à l’ensemble des territoires, aussi pour généraliser cette démarche, le SMA lance un appel aux opérateurs nationaux experts de la Petite Enfance, qui auraient la volonté de se développer dans les territoires d'Outre-mer.
 

A l’origine du SMA

Le général Jean Némo créé, en 1961 le SMA (service militaire adapté) Antilles-Guyane, sur une proposition faite à Michel Debré, alors Premier Ministre du Général de Gaulle.
Cette mise en place, au départ expérimental, répondait au contexte des émeutes de 1959 à Fort-de-France. L’initiative avait pour vocation d’apaiser les tensions et d’encadrer une jeunesse nombreuse, désœuvrée, non bénéficiaire du service militaire traditionnel.
Le général Némo eut l’idée de mettre en place un parcours adapté à la situation et aux populations locales. L’objectif était de valoriser les territoires (infrastructures routières, structures hospitalières, scolaires…).
L’encadrement militaire apporte aux jeunes un cadre vertueux empreint de valeurs humaines. En même temps, les partenariats avec le monde économique (entreprises locales, grands groupes implantés en outre-mer) et celui de la formation pour adultes, leur permettent d’apprendre un métier. Les bénéficiaires développent leurs compétences et connaissances, en lien avec la réalité locale.
Le SMA célèbre ses 60 ans cette année. Et il reste plus que jamais concentré sur un défi, celui du recrutement des jeunes éloignés de l’emploi.

Article rédigé par : Pauline Bersier
Publié le 23 juin 2021
Mis à jour le 23 juin 2021